Réfugiés yézidis: un engagement d'Ottawa, mais pas de plan

Les Yézidis, un groupe de kurdophones d'Irak et... (PHOTO ANDREA DICENZO, COLLABORATION SPECIALE)

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Les Yézidis, un groupe de kurdophones d'Irak et de Syrie, ont été une des cibles de l'EI. À l'été 2014, 35 000 d'entre eux ont fui l'avancée du groupe armé et se sont retrouvés isolés dans les montagnes, sans eau ni nourriture.

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Lina Dib
La Presse Canadienne
OTTAWA

Geste rare au parlement d'Ottawa: les élus ont adopté une motion unanime mardi après-midi.

Cette motion déposée la semaine dernière par les conservateurs, puis amendée à la demande des libéraux, engage le gouvernement canadien à offrir, d'ici quatre mois, le refuge à des femmes yézidies et à leurs familles aujourd'hui coincées dans des camps en Irak, en Turquie et en Grèce.

Le ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, John McCallum, s'est félicité de cette unanimité.

«En ce moment où le monde est divisé sur des questions d'immigration et de réfugiés, c'est bon (...) pour les partis politiques au Canada (de) parler d'une (seule) voix (et) d'accueillir des (personnes) vulnérables dans notre pays», a déclaré le ministre à sa sortie du vote.

Il n'a cependant pas pu donner de détails sur le nombre de réfugiés qui viendront au Canada, ni sur la façon dont il s'y prendra pour les choisir et les accueillir d'ici 120 jours.

Les groupes qui défendent les Yézidis avancent le chiffre de 3000 réfugiés pour le Canada.

Le ministre McCallum, lui, s'est contenté de répéter qu'il respecterait le délai imposé par la motion et contournerait les multiples obstacles qui se dressent devant lui. Parmi ces obstacles, le refus du Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies d'identifier dans ses camps les candidats à la réinstallation selon leur origine ethnique ou leur appartenance religieuse.

«Il y a plusieurs défis, a reconnu M. McCallum. C'est un des défis. Le fait que c'est une zone de combat, c'est un autre défi. (...) Ce n'est pas facile, mais on va le faire. Étant donné tous ces défis, ça va prendre un peu de temps pour développer un bon plan.»

La députée conservatrice à l'origine des pressions pour l'accueil de réfugiées yézidies au Canada n'est pas prête à céder aux obstacles, elle non plus.

«Si les Nations unies ou notre bureaucratie canadienne refusent d'agir rapidement, nous devons trouver une autre façon de le faire», disait quelques heures avant le vote la députée Michelle Rempell.

Elle réclame également que le gouvernement, à l'instar de l'Allemagne, mette sur pied un programme de soutien psychologique pour ces réfugiées lorsqu'elles seront au Canada.

Au moment où les députés votaient, unanimes, une femme yézidie, aujourd'hui réfugiée en Allemagne, était dans les tribunes du parlement. Nadia Murad Basee Taha, qui a subi la persécution aux mains de Daech (groupe armé État islamique), a remercié les parlementaires pour leur geste et leurs intentions. Après Ottawa, elle était attendue à Washington pour attirer l'attention sur le sort de son peuple.

«J'espère que d'ici 120 jours, nous verrons les filles, les femmes et leurs enfants au Canada, vivant ici une nouvelle vie», a-t-elle dit, en essuyant quelques larmes, alors qu'un interprète traduisait ses mots du kurde à l'anglais.

Elle affirme qu'environ 1000 femmes yézidies enlevées par Daech et réduites à l'esclavage seraient encore entre les mains du groupe.

Les Yézidis, un groupe de kurdophones d'Irak et de Syrie, ont été une des cibles de Daech. À l'été 2014, 35 000 d'entre eux ont fui l'avancée du groupe armé et se sont retrouvés isolés dans les montagnes, sans eau ni nourriture. En juin dernier, la Commission d'enquête des Nations unies sur la Syrie a conclu qu'ils étaient victimes de génocide.

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