Légalisation de la marijuana: des ministres s'inquiètent

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Le ministre québécois de la Sécurité publique, Martin Coiteux, s'est dit préoccupé par «la destination finale» de la drogue et par «la transition entre le moment actuel et ce que seront les nouvelles dispositions».

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Michael MacDonald
La Presse Canadienne
HALIFAX

L'intention du gouvernement de Justin Trudeau de légaliser la marijuana soulève des inquiétudes chez des élus provinciaux en matière de sécurité routière.

À la conclusion d'une réunion des ministres responsables de la Justice et de la Sécurité publique à Halifax, trois élus provinciaux ont mis en relief, vendredi, l'incidence que pourrait avoir la légalisation du cannabis sur les cas de conduite avec facultés affaiblies.

La ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould, a rappelé à ses homologues provinciaux et territoriaux qu'un comité fédéral soumettra ses recommandations le mois prochain quant à la légalisation de la substance. Ottawa compte toujours légiférer sur cette question au printemps, a-t-elle assuré.

Selon un document classifié obtenu par La Presse canadienne, la ministre Wilson-Raybould avait été mise en garde quant à l'impact de la légalisation de la marijuana sur la sécurité routière. En janvier, des autorités lui ont présenté des données - bien que limitées - portant notamment sur le cas du Colorado où, un an après la légalisation du cannabis, le nombre d'accidents routiers liés à la consommation de marijuana a grimpé de 32 %.

Le procureur général de l'Ontario, Yasir Naqvi, a parlé de l'enjeu de la conduite avec facultés affaiblies à l'occasion d'une conférence de presse, vendredi.

«Nous voulons nous assurer qu'il y ait des mesures de sécurité adéquates sur le plan provincial en matière de protection des plus vulnérables», a-t-il indiqué.

Le ministre de la Sécurité publique de Colombie-Britannique, Mike Morris, a renchéri, affirmant que la sécurité routière représentait une «inquiétude primordiale» et qu'il faudrait «réduire les perspectives de crime».

Quant à la ministre néo-écossaise de la Justice, Diana Whalen, elle dit plutôt se soucier de la santé publique.

De son côté, le ministre québécois de la Sécurité publique, Martin Coiteux, s'est dit préoccupé par «la destination finale» de la drogue et par «la transition entre le moment actuel et ce que seront les nouvelles dispositions».

Sur la colline du Parlement, l'opposition estime que les libéraux passent trop vite à l'action. Les néo-démocrates soutiennent que la sécurité routière pourrait représenter un obstacle majeur à l'obtention de leur appui.

Le député Bill Blair - porte-étendard de la légalisation de la marijuana chez les libéraux - soutient qu'une sensibilisation des Canadiens et de nouveaux outils pour le système de justice seront de mise.

Par ailleurs, des questions délicates demeurent pour ce qui est du taux acceptable de tétrahydrocannabinol - plus communément appelé «THC» - au volant.

En 2013, au Canada, seuls 3 % des accidents routiers étaient imputables à la consommation de drogues.

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