Visites royales: les bains de foule coûtent cher

Le prince William et sa femme Kate Middleton... (Photo Jonathan Hayward, archives PC)

Agrandir

Le prince William et sa femme Kate Middleton lors d'un goûter avec des les enfants, hier, à Victoria.

Photo Jonathan Hayward, archives PC

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean Philippe Angers
La Presse Canadienne

Les bains de foule, si caractéristiques des visites royales au Canada, comme celle qu'effectuent ces jours-ci le duc et la duchesse de Cambridge accompagnés de leurs enfants, expliquent en bonne partie les coûts de plusieurs millions de dollars de ces visites.

Il faudra attendre un certain moment après la conclusion, samedi, de la présente visite princière de huit jours du prince William et de sa femme Kate Middleton pour en évaluer les coûts, mais la facture devrait s'apparenter à celle du précédent séjour de neuf jours, en 2011, qui s'était élevée à plus de 2,2 millions de dollars.

La visite en 2011 avait coûté 1,2 million au ministère du Patrimoine canadien - ce qui ne comprend pas les frais encourus par les gouvernements provinciaux et territoriaux -, et un peu plus d'un million de dollars à la Gendarmie royale du Canada.

Selon le rapport des coûts de la GRC obtenu grâce à la Loi sur l'accès l'information, le montant total pour le corps policier se chiffre à 1 055 521,91 $, et les dépenses uniques les plus élevées concernent les « heures supplémentaires » ou les « tâches supplémentaires ».

Comme l'explique Michel Juneau-Katsuya, expert dans les domaines de l'espionnage et du terrorisme ayant travaillé au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), la GRC a la responsabilité de la sécurité en sol canadien, et les services de la famille royale ne sont présents qu'en soutien et ne peuvent pas être armés.

M. Juneau-Katsuya souligne que les membres de la famille royale ne viennent que pour prendre des bains de foule, ce qui « sous-entend inévitablement un coût supplémentaire » en comparaison avec d'autres visites diplomatiques, comme celle par exemple du président américain Barack Obama.

« Il n'y a pas d'autre raison pour laquelle le couple royal vient ici que pour se mêler à la foule, se faire voir de ses sujets, et ça complique la donne immédiatement, parce qu'on opère sur un terrain qui bouge. M. Obama, lui, viendrait à la résidence du premier ministre, à la Chambre des communes, irait à des réceptions à l'ambassade américaine et peut-être dans un hôtel particulier, mais il s'agit d'endroits restreints avec des bains de foule au minimum », a souligné M. Juneau.

Même si elles coûtent plusieurs millions de dollars, les visites royales sont de « bons investissements », car elles donnent de la visibilité et du prestige au Canada, estime le professeur à l'Université d'Ottawa et ex-ministre libéral au Québec, Benoît Pelletier.

Selon M. Pelletier, les visites royales sont plus fréquentes depuis quelques décennies et sont généralement faites à l'invitation du gouvernement du Canada.

M. Pelletier avait cru que celles-ci se feraient plus rares après la « crise constitutionnelle » de 2008 au Canada - et la formation d'une coalition de l'opposition en contexte de gouvernement minoritaire. Selon lui, une « recrudescence » du rôle du gouverneur général à partir de ce moment aurait pu faire ressentir à la famille royale une importance moindre de manifester sa présence.

Or, ce ne fut pas le cas, et les membres de la famille royale ont un « intérêt particulier » pour le Canada et sont « très volontaires » à prendre part à ces événements.

En réponse à des questions par courriel, le ministère du Patrimoine canadien a indiqué que le gouvernement du Canada disposait d'un « processus de planification continue » pour les tournées royales, et veillait à ce qu'elles aient lieu par rotation dans toutes les régions du pays.

Cet automne, le duc et la duchesse de Cambridge parcourent la Colombie-Britannique et le Yukon.

Pour toutes les tournées royales, les coûts sont partagés par le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux et territoriaux. Ces derniers sont responsables des coûts de leurs propres activités ainsi que d'une partie des frais de voyage et d'hébergement qui sont partagés avec le gouvernement fédéral, a-t-on indiqué.

Le couple princier découvre le patrimoine culturel de la communauté haïda

Le duc et la duchesse de Cambridge découvriront l'art autochtone et participeront à une expédition de pêche, alors qu'ils passeront leur dernière journée complète au Canada dans l'archipel de Haida Gwaii.

Les îles, situées à environ 100 kilomètres au large de la côte, étaient anciennement nommées îles de la Reine-Charlotte, avant de reprendre leur nom original en 2009, lorsque la Colombie-Britannique et la Nation haïda ont conclu une entente de réconciliation.

Le prince William et son épouse, Kate, commenceront leur visite des îles avec un tour de canot. Ils découvriront le patrimoine culturel de la Première Nation, alors qu'ils seront accompagnés de pagayeurs et de percussionnistes de la communauté haïda.

Le couple visitera le Centre du patrimoine haïda, où ils en apprendront davantage sur la fabrication traditionnelle de totems et d'autres pratiques culturelles, incluant la chanson et la danse.

Le duc et la duchesse visiteront ensuite le nouvel hôpital de la région. L'établissement permet de s'assurer que les patients nécessitant une hospitalisation à long terme et les patientes de l'aile de maternité peuvent demeurer près de leur communauté pour recevoir les services autrefois offerts uniquement dans de plus grandes villes.

Le couple princier terminera sa visite de l'archipel avec une expédition de pêche. Le secteur est renommé pour son saumon et son flétan.

La famille royale quittera le Canada samedi.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer