Patrick Brazeau heureux de ne plus être une «marionnette»

Patrick Brazeau... (Photo Justin Tang, La Presse Canadienne)

Agrandir

Patrick Brazeau

Photo Justin Tang, La Presse Canadienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Fannie Olivier
La Presse Canadienne
OTTAWA

Le Sénat a repris ses travaux mardi en accueillant un membre qui n'y avait pas mis les pieds depuis plus de trois ans: Patrick Brazeau.

Le sénateur québécois, expulsé du caucus conservateur puis innocenté par la justice, a fait son entrée dans la chambre haute en se déclarant ravi d'être désormais indépendant et de ne plus avoir à être «la marionnette» de quelqu'un.

Il a confié sentir «un petit peu de nervosité», mais être «heureux et très satisfait» de pouvoir reprendre le travail.

«Je me sens comme une recrue qui retourne à nouveau au camp d'entraînement. C'est un bon jour pour moi et ma famille», a-t-il affirmé.

M. Brazeau avait été suspendu sans salaire en novembre 2013. Le Sénat lui reprochait d'avoir touché des allocations de logement et de déplacement auxquelles il n'avait pas droit. Le politicien prétendait que sa résidence principale était située à Maniwaki, alors qu'il louait en réalité une maison à Gatineau. Les sénateurs peuvent avoir droit à des allocations de logement et de déplacement s'ils habitent à plus de 100 kilomètres du parlement.

En juillet dernier, la Couronne a toutefois conclu qu'il n'existait plus de perspective raisonnable de condamnation pour M. Brazeau et elle a abandonné les accusations de fraude et d'abus de confiance à son endroit. Il était ainsi le dernier sénateur impliqué dans le scandale des dépenses au Sénat à être blanchi, après Mike Duffy, Pamela Wallin et le libéral à la retraite Mac Harb.

Le sénateur de Maniwaki a eu de nombreux ennuis personnels, dont des problèmes de consommation de drogue, mais il assure s'être soumis à une thérapie.

Lorsque M. Brazeau a été absous cet été, son avocat Christian Deslauriers avait signalé qu'il se penchait désormais sur la possibilité d'une poursuite en dommages et intérêts, afin que son client puisse récupérer le salaire qu'il n'avait pas touché lorsqu'il était suspendu. Mardi, M. Brazeau a indiqué que son avocat étudiait encore le dossier.

Patrick Brazeau devra néanmoins faire face à la justice pour avoir refusé de se soumettre à un alcootest pour un incident survenu le 3 avril dernier. Il est également accusé de garde et contrôle d'un véhicule avec les capacités affaiblies pour un événement remontant à 2014. Il plaide non coupable dans les deux cas.

Sénateurs indépendants

M. Brazeau fait partie d'un groupe de 15 sénateurs indépendants qui ont uni leurs forces afin de servir «la population» plutôt qu'un «parti politique». Il s'agit de sénateurs qui ont été expulsés de leur caucus, comme M. Brazeau, mais aussi d'autres qui ont choisi de le quitter volontairement et de sénateurs dits «indépendants» récemment nommés par Justin Trudeau.

Ces sénateurs demandent désormais les mêmes ressources que les sénateurs affiliés à des formations politiques. Le regroupement aimerait notamment que la composition des comités sénatoriaux soit revue pour refléter la répartition des sièges au Sénat.

Justin Trudeau doit nommer prochainement de nouveaux sénateurs «indépendants», alors que 20 des 105 sièges sont actuellement vacants.

Le sénateur André Pratte «invite fortement» ceux qui seront éventuellement nommés à se joindre au groupe, afin que le Sénat «soit libéré du monopole des partis politiques».

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer