Trudeau interpellé pour la libération d'autres prisonniers en Chine

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Wang Bingzhang est emprisonné depuis 14 ans en isolement cellulaire dans une prison en Chine.

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Mike Blanchfield
La Presse Canadienne
OTTAWA

Lorsque Ti-Anna Wang, de Montréal, a appris que Kevin Garratt avait été libéré, jeudi, après deux ans passés dans une prison chinoise, elle s'est réjouie pour les proches du Canadien.

Mais cette joie a rapidement été assombrie par le drame de son père, Wang Bingzhang, qui croupit depuis 14 ans en isolement cellulaire dans une prison en Chine.

Alors que le premier ministre de Chine doit visiter Ottawa et Montréal la semaine prochaine, Mme Wang demande à Justin Trudeau de plaider en faveur de son vieux père, dont la santé commencerait à décliner. Elle espère qu'à la suite de la libération de M. Garratt, Ottawa ne relâchera pas la pression dans le dossier des droits de la personne en Chine.

«Je crois que (la libération de M. Garratt) prouve que les pressions peuvent être efficaces, et j'estime que notre premier ministre devrait en faire davantage pour la libération de mon père et d'autres prisonniers politiques chinois», a indiqué en entrevue Mme Wang.

Son père avait fait partie d'une première cohorte de Chinois à qui les autorités avaient permis de se rendre à l'étranger pour leurs études. M. Wang a ainsi obtenu un doctorat à l'Université McGill au début des années 1980; son séjour au Canada lui avait fait par ailleurs découvrir les vertus de la démocratie.

En 2002, lors d'un voyage au Vietnam, il a été enlevé par des agents chinois et jugé lors d'un procès qualifié par plusieurs de mascarade. Accusé d'avoir voulu promouvoir de l'étranger la démocratie en Chine, il a été condamné à la prison à perpétuité, en isolement cellulaire.

Voilà maintenant huit ans que Mme Wang, âgée de 27 ans, n'a pas eu la permission de voir son père. Son frère a été le dernier membre de la famille à voir M. Wang, en août 2015.

Si elle se réjouit du sort de M. Garratt, Mme Wang se demande si Ottawa en fait assez pour des dossiers beaucoup plus complexes comme celui de son père. Car contrairement à Kevin Garratt, M. Wang n'est pas citoyen canadien, même si plusieurs membres de sa famille le sont maintenant.

Pour l'ancien député libéral Irwin Cotler, cela n'a aucune importance: M. Wang entretient des liens étroits avec le Canada par l'entremise de ses enfants nés et installés ici. Par ailleurs, aussi bien les Nations unies que la Chambre des communes ont dénoncé sa détention.

«Il devrait à tout le moins être libéré pour des motifs humanitaires», estime M. Cotler, qui dirige aujourd'hui le Centre pour les droits de la personne Raoul Wallenberg, à Montréal.

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