La patronne du FMI, une gauchiste, critique Tony Clement

Tony Clement, au caucus conservateur à Halifax.... (La Presse canadienne, Andrew Vaughan)

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Tony Clement, au caucus conservateur à Halifax.

La Presse canadienne, Andrew Vaughan

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Halifax

Les Canadiens ne se laisseront pas berner par la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), une «spécialiste venue d'ailleurs» qui propage des «idées gauchistes» en appuyant le plan économique libéral, a plaidé le candidat à la direction du Parti conservateur Tony Clement.

Les élus conservateurs ont cherché à minimiser, mercredi, l'appui de Christine Lagarde au programme économique du gouvernement de Justin Trudeau, qui prévoit des investissements massifs en infrastructure afin de stimuler la croissance économique.

Mais aucun n'a été plus virulent que l'ancien président du Conseil du trésor, Tony Clement. Selon le député ontarien, en épousant les idées d'«économistes de gauche», le gouvernement libéral a accouché d'un plan qui nuira à l'emploi en faisant exploser les dépenses.

Et si Mme Lagarde le soutient, elle se range de facto derrière «une idéologie gauchiste» et «elle a tort», car ce n'est «pas la voie à suivre», a-t-il martelé en marge du caucus conservateur présessionnel qui se tenait mardi et mercredi à Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Lorsqu'on lui a fait remarquer que le FMI et sa directrice générale - qui a été ministre de l'Économie au sein du gouvernement de droite de Nicolas Sarkozy, en France - n'étaient pas exactement des figures de proue de la gauche, Tony Clement a dit qu'il se «fichait» de qui émanaient ces propos.

«Si tu mets de l'avant des théories fondées sur une idéologie gauchiste qui se traduit par plus de taxes et plus de dépenses, ça ne créera pas d'emplois. Et je défendrai toujours cela», a-t-il persiflé.

«Les gens en ont marre de l'orthodoxie économique des intellectuels de gauche», a ajouté M. Clement un peu plus tard au cours de la journée de mercredi, arguant que les Canadiens devraient faire peu de cas de l'avis d'une spécialiste qui représente une institution internationale.

Son rival dans la course Maxime Bernier n'est pas allé aussi loin, mais il a lui aussi offert une analyse critique des louanges formulées par Christine Lagarde.

«C'est une keynésienne (le keynésianisme préconise l'implication active des gouvernements pour assurer la vitalité économique), elle croit que les dépenses vont créer plus de richesses, mais c'est plutôt l'épargne et l'investissement qui vont créer la richesse», a plaidé le député de Beauce.

«Le FMI a une position, et c'est une position que je ne partage pas - inciter les pays à dépenser de l'argent», a-t-il enchaîné.

«Vous avez vu ce que ça a fait après la crise de 2007-2008, plusieurs pays ont dépensé de l'argent qu'ils n'avaient pas et actuellement, sont dans des positions financières et économiques difficiles», a conclu M. Bernier.

Des propos «diplomatiques»

La porte-parole du Parti conservateur en matière de finances, Lisa Raitt, a abondé dans son sens, suggérant que la présidente du FMI avait tenu ces propos simplement par courtoisie.

«Elle est venue, elle a félicité le gouvernement au pouvoir. Elle a dit de belles choses de notre gouvernement, elle dit de belles choses sur ce gouvernement. Elle essaie probablement d'être diplomate», a dit la candidate pressentie à la succession de Stephen Harper.

«C'est très bien qu'elle soit venue ici. (...) Par contre, c'est une chose de venir nous dire que c'est bien de dépenser, mais c'est une autre chose de venir nous dire comment nous allons le rembourser», a insisté Mme Raitt.

En visite à Ottawa, mardi, Christine Lagarde a félicité le gouvernement Trudeau pour sa vision économique, qui correspond selon elle à celle que privilégie l'institution internationale, qui regroupe environ 190 pays.

Elle a dit espérer que les politiques économiques canadiennes «deviennent virales» et que «ce dynamisme et cette passion» fassent école ailleurs dans le monde, notamment dans l'Union européenne.

En campagne électorale, le Parti libéral du Canada a promis de relancer l'économie et stimuler la croissance économique en investissant massivement dans les infrastructures, promettant de «modestes» déficits de 10 milliards par année.

On a cependant appris en mars dernier, lors du dépôt du premier budget du gouvernement Trudeau, que le montant dudit «modeste» déficit pour 2016-2017 atteindrait 29,4 milliards.

Le député Gérard Deltell n'a pas voulu commenter directement la sortie de Mme Lagarde, mais «comme bon père de famille», il «ne pense donc pas que c'est une bonne chose» que de faire des déficits lorsque la situation ne l'exige pas forcément.

«Moi, je suis davantage de l'école de Paul Martin, qui a dit il n'y a pas si longtemps que c'est dans une période de croissance économique qu'il faut, quand on a les moyens de le faire, éviter les déficits», a-t-il fait valoir en mêlée de presse.

Les conservateurs comptent faire de l'économie leur principal cheval de bataille pour la rentrée parlementaire, compte tenu du climat économique «morose» qui prévaut actuellement, a signalé la leader intérimaire du parti, Rona Ambrose.

Et les commentaires positifs formulés par Christine Lagarde ne modifient en rien le plan de match, a soutenu Mme Ambrose lors de sa conférence de presse de clôture du caucus, mercredi après-midi.

Les députés fédéraux rentrent au boulot à Ottawa le 19 septembre prochain.

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