Le ministre fédéral réclame indépendance et neutralité à l'ONÉ

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Le ministre fédéral des Ressources naturelles, Jim Carr

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La Presse Canadienne

Le ministre fédéral des Ressources naturelles réclame indépendance et neutralité à l'Office national de l'énergie (ONÉ).

À mots couverts, Jim Carr semble se ranger dans le camp de ceux qui exigent de nouveaux commissaires à l'ONÉ pour mener les audiences sur le projet de pipeline Énergie Est.

«L'indépendance et la neutralité sont des principes fondamentaux pour l'ensemble des organismes réglementaires du Canada, incluant ceux responsables de l'évaluation de grands projets tels que l'Office national de l'énergie», écrit le ministre dans un communiqué diffusé jeudi après-midi.

«Les Canadiens s'attendent à ce que l'ensemble des organismes réglementaires évaluent avec grand sérieux toute allégation de manquement aux principes et normes d'indépendance et de neutralité», ajoute-t-il.

Le ministre ne va pas aussi loin que le maire de Montréal, Denis Coderre, qui déclarait mercredi que les commissaires de l'ONÉ souffrent d'un problème de crédibilité.

C'est l'impartialité de deux commissaires - Lyne Mercier et Jacques Gauthier - qui est en jeu. On leur reproche d'avoir rencontré Jean Charest alors que l'ancien politicien travaillait comme consultant pour le compte de TransCanada, l'entreprise qui veut faire approuver son projet d'oléoduc évalué à 15,7 milliards de dollars.

Sans attaquer l'ONÉ aussi ouvertement que le maire Coderre, le ministre Carr insiste, dans son communiqué, pour rappeler que son gouvernement est en train de moderniser l'ONÉ afin de «rétablir la confiance du public envers l'organisme».

À l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), on voudrait voir le ministre faucher beaucoup plus large.

«Il faut aller plus loin», réclame André Bélisle, président de l'AQLPA, à l'autre bout du fil.

«Il faut sanctionner ceux qui n'ont pas respecté la loi au sein de l'ONÉ», insiste M. Bélisle, dont l'organisme a soumis une requête officielle pour exiger la récusation des commissaires Mercier et Gauthier. Et l'association ne s'arrête pas là, elle qui veut aussi la tête du président Peter Watson «qui était au courant de ces rencontres-là et qui ne les a pas empêchées».

«Il y a zéro crédibilité et il n'y a plus de confiance du public. Alors, c'est bien beau d'émettre de grands principes, (...) mais là, on est rendu bien plus loin que ça», s'enflamme M. Bélisle.

Les audiences sur le projet Énergie Est, qui devaient se tenir à Montréal cette semaine, ont été suspendues indéfiniment. Des manifestants ont réussi à empêcher la tenue de la première réunion lundi. Le lendemain, l'ONÉ renonçait à reprendre l'exercice tant que la question de la destitution des commissaires n'était pas tranchée.

«Nous souhaitons que la situation qui a actuellement cours aux audiences publiques d'Énergie Est soit résolue immédiatement de façon à ce que les Canadiens puissent s'exprimer sur cet important enjeu national», conclut le communiqué du ministre Carr.

Le projet d'oléoduc Énergie Est prévoit le transport quotidien de 1,1 million de barils de pétrole brut des sites de sables bitumineux de l'Ouest canadien jusqu'au Nouveau-Brunswick. Au Québec, on construirait 648 kilomètres de canalisation.

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