Un avocat qui a versé 18 000 $ au PLC nommé au sein d'un comité fédéral

Un des quatre membres du comité mis sur pied par Ottawa pour revoir le... (Photo archives Le Droit, Simon Séguin-Bertrand)

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Joanna Smith
La Presse Canadienne
OTTAWA

Un des quatre membres du comité mis sur pied par Ottawa pour revoir le mécanisme d'évaluation environnementale a versé au fil des ans près de 18 000 $ aux libéraux fédéraux.

Les données d'Élections Canada révèlent que l'avocat torontois Rod Northey a notamment versé 850 $ à la campagne du candidat libéral Marlo Raynolds, défait en Alberta l'an dernier. M. Raynolds a ensuite été nommé chef de cabinet de la ministre de l'Environnement, Catherine McKenna.

Me Northey, un avocat spécialisé dans les questions environnementales, a aussi versé au fil des ans près de 13 000 $ au Parti vert et 3000 $ au Nouveau Parti démocratique.

La porte-parole de la ministre de l'Environnement a expliqué que Mme McKenna avait choisi M. Northey parmi une liste dressée par l'Agence canadienne d'évaluation environnementale. Caitlin Workman assure que la ministre a reconnu en Me Northey ses connaissances, son expérience et son expertise.

Elle souligne qu'il s'agit d'un avocat éminent dans ce domaine et ce, depuis une trentaine d'années.

Le porte-parole conservateur en matière d'environnement, Ed Fast, admet que les contributions politiques de M. Northey ne devraient pas l'écarter automatiquement d'une nomination, mais il estime que cela remet en cause son indépendance au sein du comité fédéral.

«Ce processus est conçu et, bien franchement, truqué pour avoir le résultat qu'ils veulent», a-t-il tranché.

En 2013, La Presse canadienne avait pourtant rapporté que pas moins d'un juge sur cinq nommé au Conseil arbitral de l'assurance-emploi avait déjà versé un don à une formation politique ou à un candidat, ce qui allait à l'encontre des directives des tribunaux administratifs. Toutes ces contributions, à l'exception d'une seule, avaient été versées aux conservateurs qui étaient alors au pouvoir.

Le premier ministre Justin Trudeau avait promis en campagne électorale, l'an dernier, de revoir tout le mécanisme d'évaluation environnementale qui, selon lui, n'inspirerait plus confiance aux Canadiens.

La ministre McKenna a annoncé lundi la composition du comité chargé de cette révision, qui devra s'assurer que l'évaluation de projets tels les oléoducs et les mines fassent l'objet de consultations publiques et qu'ils reposent sur des données scientifiques et les connaissances traditionnelles autochtones.

Le comité sera présidé par Johanne Gélinas, ancienne commissaire fédérale à l'environnement et au développement durable et ex-commissaire au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement du Québec (BAPE). Outre M. Northey et Mme Gélinas, les autres membres sont: Doug Horswill, qui a oeuvré pendant 22 ans à la minière Teck Resources, après 20 ans dans la fonction publique de Colombie-Britannique; et Renée Pelletier, juriste malécite acadienne, spécialiste des droits ancestraux des Premières Nations.

Rod Northey n'a pas donné suite à la demande de commentaire de La Presse canadienne.

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