Maxime Bernier réclame l'abolition du système de gestion de l'offre

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«Pour moi, la liberté économique n'est pas un slogan creux», a dit le député de Beauce Maxime Bernier, candidat à la direction du PCC, en conférence de presse mardi.

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(Ottawa) Candidat dans la course à la direction du Parti conservateur, le député de Beauce Maxime Bernier réclame l'abolition du système de gestion de l'offre qui, selon lui, n'est rien de moins qu'un «cartel légal qui limite la concurrence» et gonfle les prix des produits laitiers, de la volaille et des oeufs au pays.

Même si de nombreux agriculteurs se trouvent dans sa propre circonscription et qu'il a défendu cette politique dans le passé, M. Bernier estime que l'heure est venue de mettre fin à ce système qui coûte 2,6 milliards de dollars par année aux consommateurs.

«Ce système est fondamentalement injuste pour les familles canadiennes. Les défenseurs de la gestion de l'offre disent que ce système procure une stabilité de prix aux agriculteurs, mais le revers de la médaille est que ce système ne s'adapte pas aux changements de la demande et qu'il décourage l'innovation et la productivité», a-t-il affirmé en conférence de presse.

Ce faisant, M. Bernier devra faire une croix sur l'appui de certains de ses collègues députés du Québec. Par exemple, le député conservateur de Lac-Mégantic, Luc Berthold, a indiqué qu'il appuiera un candidat dans la course qui défend la gestion de l'offre.

«Si des gens qui se présentent à la chefferie ont l'intention d'avoir mon soutien, bien il va falloir qu'ils défendent la gestion de l'offre», a-t-il indiqué mardi.

Un autre député de la région de Québec, Pierre Paul-Hus, a indiqué que cette question n'est pas un enjeu dans les centres urbains, mais qu'il pourrait être solidaire de la majorité de ses collègues s'ils jugent important de conserver la gestion de l'offre.

«Actuellement, comme député de Charlesbourg, ce n'est pas un enjeu, mais si ça devient un enjeu pour l'ensemble de mes collègues qui est majeur et que ça cause un problème, je vais probablement me rallier à mes collègues là-dessus», a-t-il dit.

L'un des coprésidents de la campagne de M. Bernier, le député conservateur Jacques Gourde, est lui-même issu du milieu agricole. Il compte appuyer M. Bernier malgré cette proposition et faire campagne contre un tel changement durant les deux prochaines années afin de convaincre les membres du Parti conservateur de maintenir le cap sur cette question.

La politique officielle du Parti conservateur et par conséquent de l'ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper a toujours été de défendre la gestion de l'offre. Cela a d'ailleurs été le cas durant les négociations qui ont mené à l'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne, de même que lors des négociations qui ont permis de conclure le Partenariat transpacifique.

M. Bernier a lui-même défendu ce principe afin d'être solidaire de la politique de son gouvernement. Maintenant qu'il est candidat à la direction de son parti, il souhaite lancer un débat sur cette épineuse question dans l'espoir de convaincre les membres de son parti de l'adopter lors du prochain congrès conservateur, prévu dans deux ans.

«En tant que député et ministre dans un gouvernement qui soutenait la gestion de l'offre, je n'étais pas en mesure de remettre en question la décision démocratique des membres de mon parti, ni mon devoir de solidarité ministérielle. J'ai donc appuyé cette politique, même si j'avais de sérieux doutes tout au long de ces années. Aujourd'hui, je suis candidat à la chefferie de mon parti. J'ai dit à plusieurs reprises que pour que les principes conservateurs l'emportent, nous devons les défendre ouvertement, avec passion et conviction. Je ne peux évidemment défendre la gestion de l'offre avec passion et conviction», a-t-il affirmé.

Devant les journalistes, M. Bernier a indiqué qu'il devrait y avoir une période de transition de cinq à dix ans afin de permettre aux agriculteurs de s'adapter au nouveau contexte.

S'inspirant d'une récente réforme en Australie, il propose un prélèvement temporaire sur ces produits dont la production est réglementée afin d'indemniser les agriculteurs pour la valeur de leurs quotas. Ces quotas vaudraient entre 18 milliards et 28 milliards de dollars, selon les différentes estimations.

«Après une période de transition, nous aurions un système libre, ouvert et équitable pour tous, avec des prix plus bas, de l'innovation et plus de concurrence et plus de croissance dans l'ensemble du secteur agricole», a soutenu M. Bernier.

Le président de l'Union des producteurs agricoles, Marcel Groleau, a dit être peu surpris de la sortie de M. Bernier. «On connaissait les positions assez à droite de M. Bernier en général. Cela va décevoir plusieurs producteurs agricoles du Québec, notamment de la Beauce, qui lui avaient fait confiance», a-t-il dit.

M. Groleau a soutenu que la gestion de l'offre assure une sécurité de revenu aux producteurs et permet de protéger les fermes familiales.

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