Sélection des sénateurs : la menace de boycott de Québec n'émeut pas Ottawa

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Jean-Marc Fournier

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Fannie Olivier
La Presse Canadienne
Ottawa

Le gouvernement de Justin Trudeau fait fi de la menace de Québec de boycotter le processus de sélection des sénateurs à Ottawa.

La situation n'est plus au beau fixe entre Québec et Ottawa, alors que le ministre québécois responsable des Relations intergouvernementales canadiennes, Jean-Marc Fournier, dénonce le petit rôle accordé à la province dans la sélection de ses sénateurs.

Pour le choix des nouveaux sénateurs, Ottawa a mis sur pied un comité de sélection composé de trois membres fédéraux et de deux membres de la province concernée.

Ce processus, « unilatéralement proposé », selon M. Fournier, devait être temporaire. Or, dans une lettre qu'il a envoyée à la ministre fédérale des Institutions démocratiques, Maryam Monsef, il s'indigne du fait que le gouvernement libéral semble vouloir rendre permanente cette méthode.

À défaut d'un processus « plus représentatif » avec notamment un troisième membre sélectionné par Québec, M. Fournier signale que Québec ne prévoit pas « transmettre de recommandations pour un futur comité de sélection ».

En mêlée de presse à Québec jeudi, il a qualifié la situation « d'occasion manquée », tout en disant qu'il entretenait un « mince espoir » que Mme Monsef change d'avis.

Ottawa n'a toutefois pas saisi cette main tendue. Dans une déclaration écrite qu'elle a fait parvenir à La Presse Canadienne, la ministre Monsef indique qu'elle ira de l'avant « comme prévu » pour combler les cinq sièges vacants à la chambre haute réservés au Québec.

Elle ajoute que les deux membres québécois du comité de sélection - l'ex-olympienne Sylvie Bernier et le docteur Yves Lamontagne - ont un mandat de 12 mois et qu'ils prendront part à la prochaine sélection.

« La phase permanente du processus représentera ainsi une opportunité historique pour tous les Canadiens qui se qualifient d'appliquer directement pour une nomination au Sénat », ajoute-t-elle.

Dans un courriel, son attaché de presse, Jean-Bruno Villeneuve, indique que le gouvernement entend « lancer la phase permanente du processus dans les semaines à venir afin de combler les sièges restants ».

Deux nouveaux sénateurs québécois ont été désignés en vertu du processus de sélection que l'on croyait alors temporaire, l'athlète Chantal Petitclerc et le journaliste André Pratte.

Avec cette nouvelle méthode, les Canadiens peuvent soumettre eux-mêmes leur candidature pour un poste au Sénat. L'exercice avait été peu populaire au Québec la dernière fois, alors que seulement 39 personnes avaient soumis leur nom. Le comité fait ses recommandations au premier ministre, qui a le dernier mot dans ces nominations.

À Ottawa, plusieurs ont critiqué le manque d'ouverture de Mme Monsef sur la question.

Le sénateur conservateur Claude Carignan a indiqué sur Twitter qu'il était d'accord avec le ministre Fournier, ajoutant que le gouvernement Trudeau devait « bonifier le rôle des provinces dans le choix des sénateurs ».

Selon le député néo-démocrate Alexandre Boulerice, la proposition d'ajouter un membre déterminé par Québec de plus sur le comité de sélection est tout à fait « raisonnable ».

« On ne comprend pas la position de la ministre Monsef qui a rejeté ça du revers de la main », note-t-il, ajoutant que cela dénote une incompréhension du Québec au sein du gouvernement.

« Cela m'apparaît un minimum dans les circonstances », croit également le chef intérimaire du Bloc québécois, Rhéal Fortin. Il critique toutefois la décision de M. Fournier de boycotter, soutenant que la « stratégie de la chaise vide n'avait jamais servi personne ».

Le Nouveau-Brunswick ne risque toutefois pas d'emboîter le pas au Québec sur cette question.

En point de presse à Ottawa, le premier ministre néo-brunswickois Brian Gallant a dit croire que la méthode de nomination au Sénat pourrait être améliorée, mais il n'a pas servi la même volée de bois vert aux troupes de Justin Trudeau que ne le fait Québec sur cet enjeu.

« Il faut mettre en contexte aussi. Il faut juger un peu de ce qu'était le processus auparavant, a soutenu M. Gallant. Je pense que c'est évident que ceci, c'est une étape dans la bonne direction. »

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