Projet de loi sur Air Canada: les députés québécois du PLC critiqués

Les députés québécois du Parti libéral du Canada (PLC) sont sévèrement... (Archives, La Presse Canadienne)

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Fannie Olivier
La Presse Canadienne
Ottawa

Les députés québécois du Parti libéral du Canada (PLC) sont sévèrement critiqués pour ne pas s'opposer au projet de loi qui allège les conditions imposées à Air Canada sur l'entretien de ses avions au pays.

Pour le coordonnateur québécois de l'Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l'aérospatiale (AIMTA), David Chartrand, les élus québécois du PLC «manquent de leadership» dans ce dossier qui touche notamment des emplois de la région de Montréal.

Il a été «extrêmement» déçu de constater que seul un député libéral manitobain, Doug Eyolfson, a brisé la ligne de parti lors du vote en deuxième lecture du projet de loi C-10, le 20 avril.

«On a un sérieux manque de leadership dans la députation québécoise, si vous me le demandez, parce qu'il n'y a personne qui prend le flambeau pour les dossiers de l'aérospatiale, de l'aéronautique, de la maintenance, de la révision des avions», a-t-il lancé.

M. Chartrand et quelques collègues du milieu syndical tentent actuellement de rencontrer le plus de députés possible pour leur demander de s'opposer au projet de loi du gouvernement de Justin Trudeau.

«On demande à la députation de voter en ce moment avec leur conscience, de voter pour garder des emplois au Canada», a-t-il insisté.

C-10 modifie la Loi sur la participation publique au capital d'Air Canada. La nouvelle version stipule que «sans éliminer l'exercice d'activités d'entretien d'aéronefs en Ontario, au Québec ou au Manitoba», Air Canada «peut modifier le type ou le volume d'une ou de plusieurs de ces activités dans chacune de ces provinces ainsi que le niveau d'emploi».

Ses détracteurs affirment qu'il légalise en réalité la perte d'emplois de 2600 travailleurs (dont 1800 à Montréal), mis à pied lors de la fermeture d'Aveos en 2012. Le maintien des activités d'entretien dans la région de Montréal, à Mississauga et à Winnipeg était l'une des conditions imposées à Air Canada lors de sa privatisation en 1989.

Le député libéral de Québec et ministre de la Famille, Jean-Yves Duclos, se défend de rester les bras croisés dans le dossier, même s'il semble faire une croix sur ces emplois.

«Les emplois sont perdus depuis déjà quelques années. Alors ce qu'on est en train de faire, c'est de travailler très fort pour que de nouveaux emplois soient créés dans l'industrie aéronautique. Le passé est le passé. Nous, on travaille pour le futur», a-t-il déclaré.

Le gouvernement libéral a l'air de vouloir agir rapidement dans le dossier. Il a imposé en deuxième lecture une motion d'attribution de temps - sa première depuis son arrivée au pouvoir - pour accélérer les choses. L'affaire a d'ailleurs inquiété Québec, qui a demandé à Ottawa de ralentir la cadence. La ministre québécoise de l'Économie, Dominique Anglade, a demandé de retarder l'entrée en vigueur de C-10, craignant que cela compromette la commande d'Air Canada de 45 avions de la CSeries de Bombardier et son entretien pendant au moins 20 ans, une entente qui n'est pas encore bouclée.

Selon le député néo-démocrate Alexandre Boulerice, les libéraux veulent se débarrasser du dossier, qui les fait mal paraître.

«Pourquoi les libéraux sont si pressés? Moi, je pense qu'ils sont pressés parce qu'ils ont l'air fous (...). Ils ont critiqué le gouvernement conservateur pendant dix ans, en leur disant de faire appliquer la loi sur Air Canada, et puis aujourd'hui, vite, vite, vite, ils vont ratifier la perte de 2600 jobs au pays», a-t-il déploré.

Il aimerait notamment que le comité des transports se déplace à Montréal, Mississauga et Winnipeg pour en entendre davantage sur les communautés touchées par la fermeture d'Aveos.

En comité, le ministre des Transports, Marc Garneau, a insisté sur le fait qu'Air Canada faisait face à une concurrence féroce et avait ainsi besoin de flexibilité pour lui permettre «d'organiser ses activités d'une façon adaptée à l'évolution du secteur du transport aérien».

«C'est important, parce que cela permet à la compagnie de compétitionner dans un marché global agressif», a-t-il ajouté.

Il a répété que le projet de loi est lié à la suspension des hostilités entre Québec et Air Canada devant la Cour suprême du Canada.

Comme le NPD, le Bloc québécois a lui aussi déploré la vitesse à laquelle le gouvernement pousse le dossier, d'autant qu'il n'a pas eu droit de parole en Chambre sur la question en raison de la motion d'allocation de temps.

«On dirait que le Parti (libéral) veut mettre ça derrière lui le plus vite possible et le régler. C'est un désaveu immense pour le Québec et son économie», a soutenu le député bloquiste Gabriel Ste-Marie en entrevue.

La cadence pose également problème dans les rangs conservateurs. En comité, la députée conservatrice Kelly Block a demandé à M. Garneau pourquoi les mesures incluses dans C-10 ne figuraient pas dans la plateforme électorale libérale, si le PLC avait l'intention d'agir aussi rapidement dans le dossier.

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