Le sexisme alimente les débats à Ottawa

Michelle Rempel... (Photo Adrian Wyld, archives La Presse Canadienne)

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Michelle Rempel

Photo Adrian Wyld, archives La Presse Canadienne

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Le débat sur le sexisme en politique fait rage sur la colline parlementaire à Ottawa, propulsé par une lettre ouverte signée par la députée conservatrice albertaine Michelle Rempel.

Dans sa lettre parue dans le National Post, l'élue donne un aperçu de la façon dont elle a subi des insultes sexistes et du harcèlement en ligne depuis qu'elle a mis les pieds au parlement, en 2011.

À son arrivée au parlement, mardi matin, le premier ministre Justin Trudeau - qui s'autoproclame féministe sur toutes les tribunes - a assuré qu'il prenait la situation au sérieux.

« C'est un défi dans des lieux de travail à travers le pays. On a fait des améliorations ici, mais il y a encore énormément de travail à faire et on fait partie de la solution », a-t-il dit en mêlée de presse.

Lorsqu'on a mentionné que la députée Rempel avait fait référence, dans sa lettre d'opinion, à un commentaire qu'elle avait jugé sexiste formulé en Chambre par un ministre de son cabinet, M. Trudeau a répondu qu'il allait en discuter.

« On va certainement avoir des conversations là-dessus », a-t-il dit avant de se rendre à la réunion du conseil des ministres.

Le collègue à qui Mme Rempel reproche - sans le nommer - une remarque est vraisemblablement le ministre de l'Immigration, John McCallum, qui lui avait suggéré en Chambre, en décembre dernier, d'adopter une attitude plus joyeuse (« look a little more cheerful »).

Le principal intéressé n'a pas voulu s'étendre sur le sujet, mardi. « Elle n'a pas utilisé mon nom, mais en tout cas, c'est fini. J'ai fait mon excuse dans la Chambre », s'est contenté de dire M. McCallum en point de presse.

Dans cette lettre ouverte parue lundi dans le National Post, la députée conservatrice demande par ailleurs aux responsables de ces actes de faire face à leurs préjugés envers les femmes.

La ministre est d'accord

Ce message a été chaudement applaudi par la ministre de la Condition féminine, Patty Hajdu.

« Il est temps d'avoir une conversation sur les auteurs de sexisme et le fait qu'ils doivent comprendre que leur comportement n'est pas le bienvenu, n'est pas acceptable, et que cela ne sera pas toléré dans nos milieux de travail », a-t-elle fait valoir en point de presse.

Car les femmes qui oeuvrent en politique doivent encore composer avec le sexisme, ont convenu la plupart des députés à qui la question a été posée dans les couloirs du parlement, mardi.

La ministre du Commerce international, Chrystia Freeland, a même affirmé qu'elle était « très prudente », « en tant que femme », de ne pas se laisser emporter par la passion lorsqu'elle défend énergiquement une position.

« Comme vous le constatez, je ne suis pas très grande. Dans le passé, des gens ont passé des commentaires sur ma voix, qu'ils trouvaient trop stridente », a-t-elle exposé, plaidant que la nomination d'un cabinet libéral paritaire représente un premier pas dans la bonne direction.

Ce débat sur le sexisme fait surface environ un an et demi après que le parlement eut été ébranlé par des allégations, plus graves, d'inconduite dont auraient été victimes deux députées du Nouveau Parti démocratique.

Ces allégations avaient mené à l'expulsion des deux députés qui avaient été pointés du doigt, les libéraux Massimo Pacetti et Scott Andrews, promptement mis à la porte du caucus par leur chef Justin Trudeau.

Les deux hommes, qui ne siègent plus aux Communes, ont toujours nié avoir quoi que ce soit à se reprocher dans cette histoire.

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