Ottawa n'a pas les moyens de multiplier les déficits, dit l'Institut économique de Montréal

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et... (Photo Chris Wattie, archives Reuters)

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Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et son ministre des Finances, Bill Morneau, lors du dépôt du budget le 22 mars 2016.

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(Ottawa) Le gouvernement fédéral n'a pas les moyens de sombrer dans l'ornière des déficits pour les cinq prochaines années comme le propose le gouvernement Trudeau si l'on tient compte de la dette brute du Canada, estime l'Institut économique de Montréal (IEDM) dans une analyse publiée jeudi matin.

L'IEDM soutient d'ailleurs que l'utilisation de la dette nette, comme le fait le gouvernement fédéral, pour mesurer la capacité d'emprunt du Canada « est une fiction comptable » que l'on doit mettre au rancart. Car cet instrument de mesure fiscal fausse la réalité en ce qu'il comprend à la fois les passifs et les actifs.

Le gouvernement de Justin Trudeau a invoqué le faible taux d'endettement du Canada par rapport à la taille de son économie, qui est d'environ 30 %, pour justifier sa décision d'enregistrer des déficits de 30 milliards en 2016-2017 et durant l'exercice financier suivant afin d'investir massivement dans les infrastructures et les communautés autochtones. Le gouvernement libéral, qui avait promis des déficits modestes de 10 milliards de dollars durant les deux premières années de son mandat et le retour à l'équilibre budgétaire en 2019-2020, prévoit des déficits pour les cinq prochaines années qui ajouteront quelque 113 milliards de dollars à la dette accumulée.

Selon l'économiste Marhieu Bédard de l'IEDM, l'État canadien ne peut utiliser ses actifs comme les régimes de retraite de la fonction publique ou encore les liquidités que détient le gouvernement sous forme de dépôts ou tout autre actif monnayable pour rembourser ses créanciers.

L'État, même en période de crise, ne pourrait pas se défaire de ses actifs financiers pour rembourser sa dette puisqu'il a toujours besoin de liquidités pour ses opérations normales et pour provisionner les retraites futures de ses fonctionnaires, selon M. Bédard.

« On imagine mal un gouvernement rembourser sa dette avec les réserves des régimes de pension et autres actifs financiers qui servent au fonctionnement au jour le jour », a soutenu M. Bédard dans son analyse.

Résultat : au lieu d'utiliser la dette nette (30 % du PIB), le gouvernement doit plutôt s'en tenir à la dette brute du Canada qui, elle, frise les 90 % du PIB.

« Lorsqu'on prend en compte la dette brute, la marge de manoeuvre importante dont prétend disposer le gouvernement fédéral n'existe donc pas et ne permet pas de justifier les importants déficits à venir », a affirmé M. Bédard.

Si plusieurs des mesures contenues dans le premier budget du ministre des Finances Bill Morneau ont été accueillies favorablement, la principale critique du budget porte sur l'absence d'un plan permettant le retour à l'équilibre budgétaire. Le Parti conservateur a soutenu que ce budget est un « scénario cauchemardesque » pour les contribuables qui verront leur fardeau fiscal bondir éventuellement afin de payer pour ces dépenses.

Les gens d'affaires ont aussi exprimé leurs préoccupations de voir les libéraux écarter le retour à l'équilibre budgétaire durant leur mandat.

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