L'opposition dénonce en bloc le premier budget Morneau

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La chef de l'opposition officielle et dirigeante par intérim du Parti conservateur, Rona Ambrose.

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La Presse Canadienne
OTTAWA

Le premier budget du gouvernement Trudeau a été décrié par tous les partis d'opposition, qui refusent en bloc d'appuyer le document, mais pour des raisons bien différentes.

Aux yeux de la chef de l'opposition Rona Ambrose, le déficit de 29,4 milliards $ prévu pour l'an prochain est carrément « imprudent ». Elle a qualifié le document de « cauchemar pour les contribuables », répétant que le premier ministre avait promis de se limiter à un déficit « modeste » en campagne électorale.

« Nous avons les libéraux qui empruntent bien plus que leur promesse de déficit de 10 milliards, nous n'avons aucun plan pour créer les emplois dont nous avons besoin maintenant, et nous avons des taxes qui montent », a-t-elle critiqué, quelques minutes après le dépôt officiel du document en Chambre.

Devant le chapelet de nouveaux investissements annoncés mardi par les libéraux, la chef conservatrice intérimaire refuse toutefois d'indiquer quelle mesure elle aurait aimé voir abandonnée dans le budget. « C'est à eux (les libéraux) à expliquer leurs choix », a insisté son chef adjoint, Denis Lebel.

Selon Mme Ambrose, Justin Trudeau avait pris trois engagements envers les Canadiens : maintenir le déficit sous la barre du 10 milliards $, rééquilibrer le budget en quatre ans et être fiscalement responsable. « Aujourd'hui, il a brisé toutes ces promesses, et ma préoccupation, c'est que les taxes vont maintenant monter », a-t-elle signalé.

Le porte-parole conservateur Marc-André Leclerc a confirmé que les troupes conservatrices allaient s'opposer au budget au moment du vote en Chambre.

Moins choqué par l'ampleur du déficit que son homologue conservatrice, le chef néo-démocrate Thomas Mulcair a surtout reproché aux libéraux d'avoir rompu des « promesses-clés » formulées pendant la campagne électorale.

La liste des laissés-pour-compte comprend les enfants des Premières Nations, les aînés en situation de pauvreté et les travailleurs qui ont besoin de recevoir de l'assurance-emploi, a-t-il dénoncé en point de presse dans le foyer de la Chambre des communes.

En raison de ces lacunes, il est difficilement concevable que les députés du Nouveau Parti démocratique (NPD) puissent donner leur aval à l'exercice financier signé par Bill Morneau, a indiqué M. Mulcair.

« Allons-nous appuyer un budget qui abandonne 800 000 Canadiens sans emploi sans accès à une assurance-emploi pour laquelle ils ont payé? Je vais en discuter avec mon caucus et recommander fortement de ne pas appuyer ce budget », a-t-il soutenu.

« Néfaste » pour le Québec

Pour le Bloc québécois, le budget n'a pas suffisamment de mesures spécifiques pour le Québec et met encore trop l'accent sur l'industrie pétrolière. Son chef intérimaire Rhéal Fortin va jusqu'à qualifier le document de « néfaste » pour le Québec.

Il en a notamment contre une disposition qui permettra aux chômeurs issus de régions frappées par un ralentissement économique de toucher des prestations cinq semaines de plus qu'ailleurs. Aucune région au Québec ne pourra bénéficier de cette mesure.

« On améliore les conditions de perception d'assurance emploi pour les régions qui ont eu des problèmes avec l'économie du pétrole (...). On le dit depuis longtemps, c'est fini le pétrole. C'est l'énergie du passé », a-t-il lancé.

Il signale l'absence d'une aide au secteur aéronautique ou de compensation pour le secteur agricole, qui pourrait être pénalisé par des dispositions du Partenariat transpacifique (PTP).

On augmente l'endettement du Canada, donc par le fait même du Québec, mais plutôt que de réinvestir au Québec, on investit ailleurs », a-t-il déploré.

De son côté, la leader du Parti vert, Elizabeth May, a constaté « plusieurs bonnes choses dans de budget ». Elle a notamment salué les promesses d'investissements dans le logement abordable et pour les Premières Nations.

Mais le gouvernement a malgré tout accouché d'un budget qui n'en fait pas assez pour s'attaquer aux changements climatiques. Et surtout, il a échoué à saisir l'occasion pour témoigner clairement de sa volonté de sonner le glas des subventions aux combustibles fossiles.

« On nous avait promis que les subventions aux combustibles fossiles seraient éliminées sous ce gouvernement, a-t-elle regretté. On n'en fait aucune mention. »

Mme May a dit espérer davantage du prochain budget fédéral et signalé qu'elle ne pouvait appuyer le présent.

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