Le Canada assouplit ses sanctions économiques contre l'Iran

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Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion

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La Presse Canadienne
OTTAWA

Le Canada a officiellement assoupli, vendredi, les sanctions économiques imposées à l'Iran pour freiner ses ambitions nucléaires, et souhaite maintenant reprendre le dialogue avec Téhéran.

Ottawa met notamment fin à l'interdiction générale imposée aux services financiers, aux importations et aux exportations.

Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, souhaite ainsi rétablir le dialogue avec Téhéran, rompu en 2012 lorsque le gouvernement de Stephen Harper a fermé l'ambassade canadienne et expulsé des diplomates iraniens. M. Dion explique que les sanctions sont assouplies puisque l'Iran s'est conformé à l'accord international visant ses programmes de recherche nucléaire.

Le Canada maintient des restrictions strictes contre les exportations de marchandises, de services et de technologies considérés comme « sensibles du point de vue de la sécurité ». On pense notamment aux marchandises et technologies nucléaires, ainsi que celles qui pourraient aider au développement du programme de missiles balistiques, indique le ministère.

On précise par ailleurs que les demandes de permis d'exportation vers ce pays seront toujours examinées au cas par cas. Le Canada tiendra aussi à jour une liste révisée de personnes et d'entités liées aux activités de missiles balistiques de l'Iran, et avec lesquelles il restera interdit de commercer. Le Canada a d'ailleurs ajouté à cette liste six personnes et une entité.

Le Canada « continue d'avoir des préoccupations sérieuses à propos des ambitions nucléaires de l'Iran », a toutefois précisé M. Dion. Mais la stratégie conservatrice de rompre les liens avec Téhéran était mal avisée, selon lui, et son gouvernement « préfère le dialogue au désengagement et l'isolement ».

« Le Canada est disposé à s'entretenir avec des représentants iraniens, y compris à discuter de la possibilité de rétablir des contacts diplomatiques, a indiqué le ministre. Il maintiendra [par contre] son engagement envers les droits des Iraniens [...] et continuera de s'opposer au soutien de l'Iran à l'égard d'organisations terroristes, à son hostilité envers Israël et à son programme de missiles balistiques. »

L'opposition conservatrice s'est toujours objectée à tout assouplissement des sanctions imposées à Téhéran, en plaidant justement que l'Iran soutient financièrement le terrorisme, que ce pays est fortement impliqué dans la guerre civile en Syrie et qu'il demeure une menace à la sécurité d'Israël.

« Les conservateurs demeurent sceptiques quant aux véritables intentions de l'Iran, a estimé vendredi le porte-parole conservateur en matière d'affaires étrangères, Tony Clement. L'État iranien finance toujours le terrorisme, soutient toujours des groupes terroristes comme le Hamas et le Hezbollah, qui tuent des personnes innocentes dans la région et ailleurs dans le monde. »

M. Clement croit que le rétablissement des relations diplomatiques avec Téhéran envoie un bien mauvais message. « Nous voulons juger l'Iran sur ses actes et non sur ses paroles. Bien qu'il faille réduire la menace nucléaire, l'Iran est lié à d'autres menaces, contraires aux intérêts du peuple canadien, qui souhaite la paix dans le monde et la non-violence. »

La porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière d'affaires étrangères, Hélène Laverdière, s'est réjouie de l'assouplissement annoncé, tout en précisant que le Canada doit demeurer vigilant face à Téhéran.

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