Fusillade au parlement: 20 agents de sécurité honorés

Samearn Son (au centre) fait partie des 20... (PHOTO PC)

Agrandir

Samearn Son (au centre) fait partie des 20 agents qui ont été honorés, lundi.

PHOTO PC

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jim Bronskill
La Presse Canadienne
OTTAWA

Un agent de sécurité de la Chambre des communes qui a été blessé à la jambe lorsqu'un tireur a fait irruption sur la colline parlementaire l'an dernier a raconté, lundi, avoir cru que sa dernière heure était arrivée.

Samearn Son fait partie des 20 agents qui ont été honorés, lundi, au quartier général de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour le courage dont ils ont fait preuve le 22 octobre 2014.

Dans le cadre de son premier témoignage public au sujet de l'incident, M. Son a affirmé avoir aperçu Michael Zehaf Bibeau, qui venait d'abattre une sentinelle devant le Monument commémoratif de guerre, et sa carabine à travers les portes vitrées de l'édifice principal.

Il a aussitôt voulu saisir son pistolet, qui est dissimulé sous ses vêtements lorsqu'il exerce ses fonctions en civil. Mais ce jour-là, Samearn Son était en uniforme et n'avait pas son arme.

L'agent a décidé de faire face à la musique et d'essayer d'empêcher Zehaf Bibeau d'ouvrir le feu sur ses collègues présents dans le bâtiment.

«J'aurais pu mourir alors que j'étais en train de courir ou de tenter de gagner du temps pour mes coéquipiers», a-t-il confié, lundi, après une cérémonie chargée d'émotion.

M. Son croit qu'il doit peut-être la vie à la lourde porte située du côté ouest de la tour de la Paix que le tireur a dû ouvrir pour pénétrer à l'intérieur, opération durant laquelle sa carabine pointait vers le bas.

Samearn Son a dit avoir hurlé «Fusil! Fusil! Fusil!» avant de s'écarter du chemin et d'entendre le «bang» de la Winchester de Michael Zehaf Bibeau.

«J'ai cru que c'était la fin», a reconnu l'homme de 38 ans, qui est né dans un camp de réfugiés en Thaïlande et a immigré au Canada lorsqu'il était enfant. «J'ai été infiniment reconnaissant de réaliser que j'étais toujours debout.»

L'assaillant a poursuivi sa route en gravissant les marches menant au hall d'honneur. C'est seulement plus tard que M. Son a relevé son pantalon et constaté qu'il y avait un trou dans son bas.

«J'ai vu du sang dans mes bottes», a précisé l'agent, qui a dû faire deux mois de réadaptation pour se remettre de cette blessure.

Son collègue, Charles Thom, se trouvait au sommet de l'escalier. Habillé en civil, il devait assurer la protection de l'ancien premier ministre Stephen Harper, qui participait au caucus de son parti.

M. Thom a déclaré avoir entendu les cris de Samearn Son, s'être tourné vers la gauche et avoir fait feu une fois en direction de Zehaf Bibeau, l'atteignant à la poitrine. À son grand étonnement, le tireur a toutefois continué à courir vers le hall.

À la suite de l'attaque, l'agent âgé de 49 ans a reçu un diagnostic de stress post-traumatique et n'est pas retourné au travail. Il n'a d'ailleurs pas l'intention de le faire.

«Je n'ai aucune envie de retrouver mon boulot, a-t-il tranché. Ce n'est pas très agréable. Je vis des épisodes de confusion, je ressens beaucoup de rage.»

Même si l'incident n'aura duré que 90 secondes pour Charles Thom, à ses yeux, il a semblé une éternité.

«Le 22 octobre a été une journée infernale», a-t-il conclu.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer