Le Sénat n'a plus la cote au Québec

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L'abolition de la Chambre haute rallie une majorité d'électeurs québécois, peu importe leur allégeance politique.

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(Ottawa) Alors que le débat sur l'avenir du Sénat fait rage à Ottawa, une majorité importante de Québécois appuie l'idée d'abolir la Chambre haute comme le préconise le NPD de Thomas Mulcair.

Un sondage CROP réalisé pour le compte de La Presse révèle que 66% des Québécois croient qu'il est temps d'abolir le Sénat, éclaboussé par une série de scandales depuis deux ans.Seulement 14% des répondants se portent à la défense de cette institution en disant qu'elle a toujours un rôle, tandis que 20% des gens affirment ne pas avoir d'opinion à ce sujet.

L'abolition de la Chambre haute rallie d'ailleurs une majorité des électeurs, peu importe qu'ils aient l'intention de voter pour le NPD (72% en faveur), le Parti libéral (64%), du Parti conservateur (68%) ou du Bloc québécois (74%), toujours selon ce sondage réalisé en ligne auprès de 1000 répondants du 11 au 16 juin.

«Le jugement des Québécois est très sévère, a affirmé le vice-président de CROP, Youri Rivest. Dans le fond, la seule fois que les gens entendent parler des sénateurs, c'est quand il y a un scandale. Les gens ne savent pas vraiment à quoi sert le Sénat.»

Le NPD préconise l'abolition du Sénat depuis plusieurs décennies, mais le chef néo-démocrate Thomas Mulcair a intensifié sa croisade pour sa disparition dans la foulée du scandale des dépenses touchant plusieurs sénateurs.

Couillard est contre

Toutefois, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, s'oppose à l'abolition de la Chambre haute, arguant que cela permet de protéger le poids politique du Québec, même si son poids démographique diminue comparativement au reste du pays.

«Qu'il soit dysfonctionnel ces jours-ci, je pense que tout le monde va en convenir. Mais je répète qu'il serait contraire à l'intérêt politique du Québec de l'abolir. On va s'opposer à cette proposition», a dit M. Couillard la semaine dernière.

L'Ontario s'oppose aussi à un tel changement, qui nécessiterait un amendement constitutionnel appuyé par toutes les provinces et le gouvernement fédéral.

M. Mulcair a tout de même un allié provincial dans sa croisade en faveur de l'abolition de la Chambre haute: le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall. M. Wall compte d'ailleurs profiter de la prochaine réunion du Conseil de la fédération, en juillet, à Saint-Jean de Terre-Neuve, pour convaincre ses homologues provinciaux que le Sénat n'a plus sa place dans la gestion des affaires de l'État.

À l'échelle du pays, le plus récent sondage sur la question de l'avenir du Sénat, publié en avril, démontrait que 41% des Canadiens favorisaient son abolition et 45% réclamaient une réforme. Le sondage de l'Institut Angus Reid démontrait que seulement 14% des répondants appuyaient le statu quo.

Rapport dévastateur

Le Sénat est sur la sellette depuis plusieurs mois dans la foulée du scandale des dépenses de plusieurs sénateurs. La semaine dernière, le vérificateur général, Michael Ferguson, a déposé un rapport dévastateur après avoir examiné les dépenses de tous les sénateurs entre 2011 et 2013.

Au terme de son enquête, M. Ferguson a conclu que 30 sénateurs avaient réclamé en tout près de 976 000$ en dépenses inadmissibles. Les dossiers de neuf sénateurs à la retraite ou toujours en poste étaient suffisamment graves pour être remis aux policiers de la GRC afin de lancer une enquête criminelle.

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