Harper en Ukraine: rencontre avec Porochenko

Stephen Harper et le président ukrainien, Petro Porochenko.... (Photo Valentyn Ogirenko, Reuters)

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Stephen Harper et le président ukrainien, Petro Porochenko.

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Mike Blanchfield
La Presse Canadienne
KIEV

Le premier ministre et le président ukrainiens ont tous deux demandé à Stephen Harper, en visite dans leur pays samedi, d'accepter plus de réfugiés du conflit dans l'est de l'Ukraine au Canada et d'encourager l'Occident à fournir des armes à leur armée pour combattre ce qu'ils considèrent comme les agresseurs russes.

M. Harper a quitté Kiev en promettant de faire de ces demandes une priorité au sommet du G7, qui se tiendra dimanche et lundi en Allemagne, et où il se dirigeait en fin de journée samedi.

Le premier ministre canadien a d'abord rencontré le premier ministre Arseni Iatseniouk, en après-midi.

Le président, Petro Porochenko, a de nouveau formulé ces demandes durant une conférence de presse conjointe avec M. Harper, accueilli comme «un des plus grands alliés de l'Ukraine», alors qu'à Donetsk, à 600 kilomètres vers l'est, les combats redoublaient d'intensité.

M. Porochenko a déclaré qu'il aimerait que le Canada accorde plus de visas aux Ukrainiens, y compris des visas de dix ans, et qu'il facilite le processus de demande, peut-être en le rendant possible par voie électronique, comme aux États-Unis.

Il a affirmé avoir abordé le sujet durant sa rencontre avec M. Harper samedi.

«Nous avons mis sur la table la question du dialogue sur les visas», a-t-il répondu à un journaliste local.

M. Harper a confirmé que des responsables des deux pays discutaient de cela.

«Lorsque des visas sont refusés par les autorités canadiennes, ils le sont pour une bonne raison. Nous serions certainement heureux de dialoguer avec le gouvernement de l'Ukraine sur ces raisons.»

M. Harper n'a pas précisé sa pensée.

Selon une source canadienne qui a requis l'anonymat, l'ambassade canadienne à Kiev a refusé 30 % des demandes de visa d'Ukrainiens.

La source a affirmé avoir été étonnée du refus d'une demande récente, car la décision n'a pris que deux jours à être rendue et le candidat avait un bon emploi de classe moyenne et un bon salaire. Elle a laissé entendre que le Canada plaçait la barre haute pour les demandeurs ukrainiens.

Cette troisième visite de M. Harper à Kiev en un peu plus d'un an a coïncidé avec une flambée de la violence, ce qui soulève des questions sur la possibilité d'armer l'Ukraine pour l'aider à mieux se défendre contre les rebelles soutenus par la Russie.

À ce sujet, Stephen Harper a répété ce qu'il avait déjà répondu cette semaine, c'est-à-dire que cette décision ne pouvait être prise qu'avec ses alliés occidentaux. Il s'attend à ce que cette question soit également soulevée durant la rencontre du G7.

Plus tôt samedi, durant une visite à l'académie de police locale, le premier ministre Iatseniouk a dit qu'il appréciait tout ce que fait le Canada pour son pays, mais qu'il aimerait voir M. Harper pousser ses demandes auprès des leaders du G7 ce week-end.

«Ça ne concerne pas que le Canada. Nous demandons à nos partenaires de prendre une décision forte et courageuse, a-t-il déclaré. Celle de soutenir l'Ukraine avec des armes défensives - et je tiens à le souligner de nouveau: des armes défensives.»

Quelque 80 explosions ont été entendues à l'aéroport et la gare de Donetsk et aux alentours samedi. La veille, une centaine d'explosions avaient retenti dans la ville, et encore 500 jeudi soir. Les forces ukrainiennes et séparatistes prorusses se faisaient face, dans ce qui apparait comme une violation du cessez-le-feu conclu en février dernier.

Selon le porte-parole de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, Michael Bociurkiw, ce niveau d'intensité des combats est du jamais vu. Les rebelles prorusses et le gouvernement ukrainien se blâment mutuellement pour cette reprise des affrontements.

Les séries de bombardements à Donetsk qui ont suivi l'atterrissage de l'avion de M. Harper à Kiev à midi vingt, heure locale, étaient particulièrement troublantes, a exprimé M. Bociurkiw, car l'artillerie lourde a été ramenée près de la ligne de front. Elle avait été retirée cet hiver, tel qu'exigé par le cessez-le-feu.

La violence renouvelée de cette semaine, dans ce conflit qui dure depuis 15 mois, prend une signification particulière alors que l'Ukraine a fait son entrée sur la liste des 10 pays avec le plus de résidents déplacés. Deux millions d'Ukrainiens ont fui leur maison depuis le début des hostilités, un «horrible impact» sur les civils, a dit M. Bociurkiw.

«Ils ont beaucoup trop souffert. Bien plus de 6000 sont morts et 15 000 ont été blessés. Et le gros, gros chiffre, ce sont les deux millions qui ont été déplacés. Il y a un an, il n'y avait aucun déplacé.»

Durant sa visite à l'académie de police, M. Harper a annoncé que le Canada enverrait 10 policiers en Ukraine pour aider à réformer le secteur de la sécurité du pays, en partenariat avec les États-Unis. Ce projet représente une enveloppe de 5 millions de dollars. Le Canada offre aussi une aide financière à l'Ukraine pour l'aider à bâtir son économie chancelante, minée par la corruption. L'aide canadienne inclut 202 millions pour l'aide au développement et 400 millions de prêts à intérêts réduits.

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