La menace extrémiste serait réelle, mais peut-être exagérée

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Stephen Harper observe les positions de l'EI, à environ 40 km à l'ouest de la ville d'Erbil, lors de sa visite en Irak la semaine dernière.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Murray Brewster
La Presse Canadienne
Ottawa

La menace que fait peser l'extrémisme est réelle, mais peut-être exagérée, et le gouvernement Harper devrait se pencher aussi sur d'autres facteurs politiques importants, conclut un rapport indépendant sur la lutte que mène le Canada contre le groupe armé État islamique (ÉI).

Dans son analyse, l'Institut canadien de la défense et des affaires étrangères rappelle que les violences horribles commises - et largement diffusées - par l'ÉI ne constituent finalement que la plus récente illustration du sentiment d'aliénation vécu par les sunnites en Irak, un phénomène auquel s'identifient bien peu de Canadiens.

Thomas Juneau, professeur adjoint à l'École supérieure d'affaires publiques et internationales de l'Université d'Ottawa, estime que la participation du Canada aux frappes aériennes au Moyen-Orient et à la formation des forces de sécurité ne suffiront pas à vaincre le groupe armé État islamique.

L'universitaire estime également que la menace que pose l'ÉI à la sécurité intérieure canadienne «est vraie, mais ne devrait pas être exagérée», car il n'y a en définitive que peu de Canadiens qui pourraient être tentés d'orchestrer une attaque locale au nom de groupes extrémistes islamiques.

Selon M. Juneau, le gouvernement Harper n'a pas su clarifier sa position dans le dossier de la réconciliation entre chiites et sunnites, et il ne jouit pas d'une grande influence à Bagdad, où le Canada ne dispose même plus d'une ambassade.

«Cependant, des représentants officiels ont fait plusieurs déclarations laissant croire que le Canada adhère largement à la stratégie des États-Unis», souligne le document, faisant entre autres référence au fait que le Canada a cautionné la prémisse voulant que des frappes aériennes contre l'ÉI soient une première étape cruciale destiné à arrêter son expansion et à l'affaiblir.

Le rapport de l'Institut canadien de la défense et des affaires étrangères est publié une semaine après la visite éclair du premier ministre Stephen Harper en Irak, au cours de laquelle il avait rencontré son homologue Haider al-Abadi, et livré 167 millions $ en aide humanitaire et militaire dans ce pays.

Une porte-parole du ministre des Affaires étrangères Johanna Quinney, a déclaré que le rapport note que cette mission de combat est dans l'intérêt national du Canada et que ses opposants «ratent souvent la cible».

«À la suite de menaces contre le Canada et les Canadiens, nous avons travaillé en étroite collaboration avec nos alliés pour aider à perturber et à briser le potentiel d'ÉI à faire des dommages, a-t-elle souligné. Bien que nous ayons déjà connu un certain succès, comme le note le rapport, la menace demeure. C'est pourquoi nous avons élargi et prolongé notre mission, parce que c'est la bonne chose à faire», a conclu Mme Quinney.

Cependant, en l'absence d'un véritable mécanisme politique en Irak,, la chute du groupe État islamique pourrait donner naissance à une réaction différente - potentiellement plus menaçante - des sunnites privés de leurs droits en Irak, estime le professeur Juneau.

Il admet que la stratégie de combat dans la région est principalement déterminée par Washington, mais note que l'appui total de la coalition internationale dirigée par les États-Unis aux Kurdes pourrait se retourner contre elle à long terme, car un Kurdistan mieux armé «pourrait rendre plus difficile l'atteinte d'une unité irakienne».

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