Le Canada enverra environ 200 soldats en Ukraine

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«Évidemment, il y a des risques inhérents à chaque déploiement, des accidents peuvent arriver, mais il ne s'agit pas d'une mission de combat», a assuré Jason Kenney.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Les soldats canadiens qui seront bientôt déployés en Ukraine se trouveront à des centaines de kilomètres de la zone de combat et se concentreront sur la formation, assure le gouvernement.

Le premier ministre Stephen Harper a annoncé mardi l'envoi de quelque 200 membres des Forces armées canadiennes dans l'ouest de l'Ukraine afin contribuer aux efforts déployés par l'OTAN pour résister à l'agression russe.

Les risques associés à cette mission sont faibles, car le centre de formation où seront stationnés la majorité des soldats canadiens - environ 150 - est localisé à 1300 kilomètres de la zone où les forces russes et ukrainiennes se livrent bataille, selon le ministre de la Défense, Jason Kenney.

«On ne pourrait pas être plus loin que ça», a-t-il soutenu en conférence de presse au quartier général de son ministère, à Ottawa.

«Évidemment, il y a des risques inhérents à chaque déploiement, des accidents peuvent arriver, mais il ne s'agit pas d'une mission de combat», a poursuivi M. Kenney.

Et dans l'éventualité où la situation dégénérerait, la stratégie de sortie des troupes canadiennes est bien établie, a-t-il insisté.

«Nous serons très proches de la frontière entre l'Ukraine et la Pologne, donc si les choses changent dramatiquement, il ne serait pas difficile de faire sortir nos troupes», a plaidé le ministre Kenney.

En déployant des troupes dans la région, le Canada agit pour éviter que le conflit ne s'envenime et non à des fins de provocation, selon lui.

«Nous croyons que la meilleure façon de prévenir une escalade de la situation en Ukraine est d'envoyer un message dissuasif à M. (Vladimir) Poutine pour qu'il sache que l'Ukraine est mieux préparée à faire face à une menace russe», a-t-il soutenu.

La mission de formation, dont le coût a été évalué à 16 millions $ pour la première année (incluant une réserve de 3 millions $), devrait s'amorcer cet été et se poursuivre jusqu'au 31 mars 2017.

Elle se tiendra principalement dans un centre d'entraînement existant de l'OTAN à Yavoriv, une petite localité située à environ 400 kilomètres à l'ouest de la capitale ukrainienne, Kiev.

Les soldats canadiens seront notamment appelés à offrir de la formation sur la neutralisation d'explosifs et de munitions, à assurer la formation de policiers militaires, à fournir de la formation médicale et à offrir de la formation sur la sécurité des vols, a spécifié le gouvernement.

Ils se joindront à d'autres militaires qui font partie d'une coalition d'entraînement et de soutien dirigée par l'armée des États-Unis, à laquelle participent aussi des soldats britanniques.

Le premier ministre Harper a réitéré mardi que le Canada demeurait solidaire de la population ukrainienne «face à l'agression constante du régime Poutine».

Au cours des derniers mois, son gouvernement a multiplié les sanctions contre la Russie afin de protester contre l'annexion de la Crimée, officialisée il y a maintenant un peu plus d'un an.

Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, se dit en accord avec l'idée d'envoyer des soldats canadiens en Ukraine à des fins de formation.

«C'est sûr que le Canada se doit de continuer d'être un ami de l'Ukraine, qu'il doit aider l'Ukraine contre cette incursion illégitime de la Russie», a-t-il affirmé en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne, mardi matin.

«Et pour moi, faire de la formation, c'est justement quelque chose que le Canada fait très bien», a ajouté M. Trudeau.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) s'est montré moins enthousiaste, son chef Thomas Mulcair faisant remarquer que cette mission ne se déroulait pas sous l'égide de l'OTAN.

Le dirigeant déplore également que le gouvernement Harper ait décidé d'envoyer des soldats à l'étranger sans consulter le Parlement au préalable.

En entrevue à Radio-Canada lors d'un passage à Rimouski, le chef néo-démocrate a déclaré qu'il s'agissait là d'un «dangereux précédent».

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