Gérard Deltell confirme son passage chez les conservateurs

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Gérard Deltell

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne

Un an jour pour jour après avoir été réélu député à l'Assemblée nationale, Gérard Deltell annonce qu'il abandonne le navire caquiste pour se présenter comme candidat à l'investiture pour le Parti conservateur.

«Je suis un bleu, un vrai bleu, un vieux bleu. Je retourne à la maison et j'en suis fort heureux», a-t-il lâché mardi en conférence de presse à Loretteville, une ville de la circonscription qu'il représentait à l'Assemblée nationale, celle de Chauveau.

M. Deltell renonce à sa prime de départ de 114 000 $ et à la rente de 388 000 $ à laquelle il aurait droit à partir de maintenant et jusqu'au moment où il atteindra l'âge de 65 ans - et ce, peu importe s'il remporte ou pas son pari d'être désigné candidat conservateur ou s'il échouait ensuite à se faire élire comme député fédéral.

«Pour moi, il est sur la table, je ne le touche jamais, c'est fini, peu importe ce qui se passe. C'est sûr et certain», a-t-il insisté en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne quelques heures après son annonce.

Cette somme avoisinant le demi-million de dollars qu'il dit «mettre sur la glace» correspond environ au montant de la facture associée à l'organisation de l'élection complémentaire qui devra être déclenchée afin de combler le siège qu'il laisse vacant au Salon bleu.

Le politicien a défendu sa décision de faire le saut au fédéral après avoir complété seulement quelques mois du mandat qui lui a été confié.

Car cette décision n'était «pas du tout» dans son «plan de match initial» et témoigne en fait de l'écoute dont il a fait preuve auprès de ses électeurs, qui lui disaient en grand nombre «vas-y Gérard, on a besoin de toi», a-t-il plaidé.

L'argument mis de l'avant par M. Deltell ne convainc pas l'un de ceux qui pourraient lui faire la lutte dans la circonscription de Louis-Saint-Laurent.

«Tout le monde savait qu'en 2015, il y aurait des élections au fédéral, alors c'est un peu cynique de se présenter au provincial et d'abandonner ses électeurs comme ça», a exposé G. Daniel Caron, qui se présente sous la bannière du Nouveau Parti démocratique (NPD).

«Choisir la date d'anniversaire de son élection dans Chauveau pour le faire, c'est un peu surprenant», a ajouté celui qui a été ambassadeur du Canada en Ukraine, soulignant au passage que cette nouvelle tombait aussi le jour de l'ouverture du procès du sénateur déchu Mike Duffy.

Mais qu'importe: pour Gérard Deltell, il est clair que le Québec doit compter davantage de représentants au sein du gouvernement.

Et il est aussi clair, selon lui, que la conjoncture est favorable au parti de Stephen Harper, qui fait bonne figure dans les sondages d'opinion depuis quelques mois dans la région de la capitale nationale.

«Le Québec doit avoir une voix portée avec plus de députés conservateurs à la Chambre des communes, a martelé M. Deltell en point de presse. L'élan est bon à Québec, il faut le maintenir.»

Il jure que le Parti conservateur ne lui a promis aucun ministère en cas de victoire - des cinq députés québécois qui siègent sur les banquettes du gouvernement, quatre ont hérité d'un portefeuille ministériel.

«Absolument pas. Moi, je ne demande rien et je ne reçois aucune promesse», a-t-il lâché à l'autre bout du fil.

Il assure en outre embrasser les valeurs défendues par les conservateurs fédéraux, y compris celles sur le registre des armes d'épaule, auquel il a dit s'opposer.

«Je ne suis pas en faveur du registre des armes à feu», a-t-il tranché, soulignant que le Québec a une «sensibilité particulière» face à cet enjeu après avoir été «tétanisé» par des drames comme la fusillade meurtrière survenue en décembre 1989 à Polytechnique.

L'entrée en scène de Gérard Deltell a été accueillie favorablement par Stephen Harper.

«Évidemment, je suis très encouragé par l'intérêt de M. Deltell. Je pense que cette candidature et d'autres indiquent que de plus en plus de Québécois reconnaissent en notre parti leurs priorités», a-t-il fait valoir en marge d'une annonce en Colombie-Britannique.

Le chef caquiste François Legault a lui aussi eu de bons mots pour son député démissionnaire, qu'il avait dépouillé de son titre de leader parlementaire en Chambre à la suite des élections provinciales d'avril dernier.

«C'est plus qu'un collègue que je perds, c'est un compagnon de route», a déclaré le dirigeant par voie de communiqué.

«Tout le caucus de la Coalition avenir Québec se joint à moi pour le remercier de sa contribution et lui souhaiter la meilleure des chances pour la suite des choses», a complété M. Legault, qui a refusé d'accorder des entrevues afin de commenter la nouvelle, mardi.

Gérard Deltell se présentera comme candidat à l'investiture dans une circonscription où l'actuelle députée, la néo-démocrate Alexandrine Latendresse, avait défait la députée sortante du Parti conservateur, Josée Verner, aux dernières élections de mai 2011.

Mme Latendresse - qui a récemment annoncé qu'elle ne se solliciterait pas un second mandat - l'avait emporté avec une majorité d'environ 1200 voix, soit quelque deux points de pourcentage seulement.

L'aspirant candidat conservateur espère bien reconquérir la circonscription, jugeant que les députés québécois du NPD n'ont «vraiment pas» rempli leur mandat de défense des intérêts du Québec aux Communes.

La course promet d'être serrée. Et Gérard Deltell n'est pas le seul à vouloir y participer en revêtant un maillot conservateur: Nathalie D'Amours, ex-présidente d'une association d'éducateurs en garderie, a annoncé il y a quelques jours sur sa page Facebook qu'elle se lançait dans l'aventure.

La semaine dernière, en entrevue avec la station radiophonique FM93, Mme D'Amours a soutenu qu'elle bénéficiait «assurément» de l'appui du député caquiste Éric Caire, son «ami».

M. Deltell a refusé de commenter cette information. Il s'est contenté de dire qu'il avait «bien entendu» lui aussi des appuis, et qu'il les révélerait en temps et lieu.

À la CAQ, on a aussi fait preuve de réserve sur la question des potentiels appuis de la députation caquiste.

«Les députés de la CAQ n'ont pas l'intention de s'impliquer dans la campagne fédérale. Ce sera aux Québécois de décider qui ils envoient à Ottawa et nous travaillerons avec les représentants qu'ils auront choisis», a écrit dans un courriel l'attachée de presse de la formation politique, Émilie Toussaint.

Les élections fédérales sont prévues le 19 octobre 2015.

L'autre candidat déclaré dans Louis-Saint-Laurent, le libéral Youri Rousseau, a souhaité la bienvenue à Gérard Deltell, mais a décoché une flèche à l'intention des conservateurs.

«Au cours de la dernière décennie, le parti de Stephen Harper a fait preuve d'une nature opaque, négative et même antidémocratique», a-t-il soutenu dans une déclaration écrite.

Le Parti libéral du Canada était arrivé en quatrième place dans cette circonscription en mai 2011, derrière le Bloc québécois, avec moins de sept pour cent des suffrages.

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