Jean Chrétien espère la fin de l'ère Harper

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M. Chrétien convient que le terrorisme est un défi important, au XXIe siècle, mais il pense que sa répression ne doit pas se faire au détriment des libertés individuelles des Canadiens.

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L'ancien premier ministre Jean Chrétien croit que le gouvernement de Stephen Harper fait erreur en misant sur la peur des Canadiens pour faire passer des politiques antiterroristes. Il espère voir «un meilleur premier ministre», Justin Trudeau, prendre le pouvoir lors de l'élection fédérale prévue à l'automne 2015.

M. Chrétien convient que le terrorisme est un défi important, au XXIe siècle, mais il pense que sa répression ne doit pas se faire au détriment des libertés individuelles des Canadiens. «Vous avez 10 fois moins de chances d'être tué par un terroriste que par un éclair», a-t-il déclaré lors d'une allocution prononcée devant quelques centaines de personnes à l'Université Concordia. «J'ai moi-même failli être assassiné, et je n'ai pas passé de loi pour ça», dit-il.

Dans une lettre publiée dans La Presse et The Globe and Mail en février, quatre anciens premiers ministres, dont Jean Chrétien, avaient fait part de leur inquiétude face à la portée du projet de loi C-51 de Stephen Harper, qui vise à combattre le terrorisme. «On tient la démocratie pour acquise, mais lorsqu'on commence à la réduire, on est dans une tendance qui n'est pas recommandable», a-t-il ajouté hier à ce sujet.

Lors d'une séance de questions après son allocution, Jean Chrétien, 81 ans, a été interpellé sur d'autres enjeux politiques. Il dit avoir été consulté par le gouvernement britannique lors du référendum en Écosse. «Je leur ai dit: "Demandez à ce qu'il y ait une question claire." Mais ils n'ont pas demandé une majorité claire», indique-t-il.

Il est également revenu sur le scandale des commandites, entre 1997 et 2003. Jean Chrétien était alors premier ministre du pays. Le Parti libéral avait tenté de promouvoir à grands frais les avantages d'une appartenance au Canada auprès des Québécois. L'affaire avait déclenché la commission Gomery. «Des réputations ont été détruites avec ça», a-t-il affirmé, tout en rappelant «qu'aucun membre de son caucus» n'avait été blâmé dans cette affaire. «Les gens veulent des commissions, les médias adorent ça», a-t-il ajouté.

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