Hidjab et niqab: le gouvernement mène une «campagne de peur», dit l'opposition

L'opposition accuse le gouvernement Harper de mener une campagne de peur en... (Photo Dave Thompson, archives AP)

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

L'opposition accuse le gouvernement Harper de mener une campagne de peur en refusant de dire clairement s'il considère que le port du hidjab devrait être autorisé lors de la prestation de serment de citoyenneté canadienne.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti libéral du Canada (PLC) reprochent au ministre de le Citoyenneté et de l'Immigration, Chris Alexander, de laisser planer délibérément un doute à ce chapitre.

L'ancien diplomate, qui a notamment servi en Afghanistan et au Pakistan, a semé la confusion en écrivant cette semaine sur Twitter que «niqab, hidjab, burqa, voile de mariage - ce qui recouvre le visage n'a aucune place» lors des cérémonies de citoyenneté.

Or le hidjab ne dissimule pas le visage, contrairement au niqab ou à la burqa.

La porte-parole néo-démocrate en matière de citoyenneté et d'immigration, Lysane Blanchette-Lamothe, a profité d'une déclaration en Chambre vendredi matin pour critiquer le ministre Alexander.

Que celui-ci «parte en guerre contre les femmes musulmanes qui se couvrent le visage, c'est déjà inacceptable, mais qu'il confonde hidjab, niqab et burka dans le seul but de tromper les gens et d'instaurer la peur, cela dépasse l'entendement», a-t-elle martelé.

«Bien entendu, il aurait simplement pu dire qu'il s'était trompé de termes, mais non, il préfère (...) en fait attiser la division et la peur à des fins politiques», a poursuivi Mme Blanchette-Lamothe.

L'élu conservateur a tenu ses propos contestés après que le premier ministre Stephen Harper eut déclaré qu'Ottawa allait porter en appel la décision de la Cour fédérale qui permettrait le port du niqab lors des cérémonies de citoyenneté.

«La plupart des Canadiens trouveraient offensant qu'une personne cache son identité au moment même où elle souhaite se joindre à la famille canadienne», avait-il affirmé en point de presse, la semaine dernière, lors d'un passage à Victoriaville.

Le Parti libéral, qui s'oppose à la décision du gouvernement de porter la cause en appel, avait aussi demandé à M. Alexander de préciser sa pensée, mercredi.

«Il me semble qu'une personne occupant le poste de ministre de l'Immigration devrait connaître la différence entre un niqab et un hidjab», a plaidé aux Communes la députée ontarienne Chrystia Freeland.

M. Alexander lui a répondu que son expérience dans des pays à majorité musulmane lui avait permis de constater que «sous l'influence terrible des talibans, le hidjab a été utilisé, tout comme le niqab et la burka, pour couvrir le visage des femmes».

Faut-il en conclure que le gouvernement estime qu'il serait «offensant» qu'une femme porte un hidjab en prêtant serment?

Le bureau du ministre Alexander n'a pas répondu aux demandes de précisions de La Presse Canadienne.

De son côté, le porte-parole de M. Harper plaide que la position du gouvernement est on ne peut plus claire: «Nous croyons qu'il est offensant qu'une personne couvre son visage au moment même où elle se joint à la famille canadienne», a écrit Carl Vallée.

«Je pense que la véritable question ici est de savoir comment le NPD et le Parti libéral peuvent justifier qu'une telle pratique soit acceptable à leurs yeux. Nous croyons que la vaste majorité des Québécois et des Canadiens sont d'accord avec notre position», a-t-il poursuivi.

Le chef libéral Justin Trudeau ne partage pas du tout la même analyse.

En entrevue avec La Presse Canadienne, il a comparé la stratégie déployée par Stephen Harper à celle de l'ancienne première ministre Pauline Marois.

«Lorsqu'elle a tenté de faire ce que M. Harper est en train de faire, j'avais fait remarquer que les Québécois étaient mieux que ça, et c'est exactement ce qui s'est produit», a-t-il dit, identifiant la charte de la laïcité comme l'une des causes de la débâcle électorale du Parti québécois.

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