La députée «fantôme» Sana Hassainia quittera la politique

Sana Hassainia a été élue en 2011 dans... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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Sana Hassainia a été élue en 2011 dans la circonscription de Verchères-Les Patriotes, dans la foulée de la vague orange.

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

La députée Sana Hassainia, qui avait claqué la porte du NPD en invoquant une divergence d'opinions dans le dossier israélo-palestinien, annonce qu'elle ne se présentera pas aux prochaines élections.

La représentante de la circonscription québécoise de Verchères-Les Patriotes met ainsi à exécution une décision qu'elle murissait avant même de faire sa sortie fracassante contre le Nouveau Parti démocratique (NPD), en août dernier.

Le parti n'avait pas exactement pleuré le départ de sa députée, reprochant à cette dernière de mettre bien peu de coeur à l'ouvrage.

Dans une lettre publiée sur son site Internet, jeudi, la principale intéressée a reconnu qu'elle avait été «très peu présente lors des votes en 2014» (elle a manqué 94 pour cent des votes au cours de cette année), mais que «le fait de voter ne représente qu'une petite partie du travail d'un député».

Par conséquent, «la facilité avec laquelle il a été conclu que ne pas aller aux votes (équivaut à) ne pas travailler est un raccourci trompeur», a écrit Mme Hassainia, qui a refusé la demande d'entrevue de La Presse Canadienne, jeudi.

Elle soutient par ailleurs que son manque de visibilité aux Communes est attribuable au fait qu'elle n'était «simplement pas dans les députés-vedettes qui se méritaient de pouvoir poser des questions».

Au moment de sa défection du parti, l'été dernier, elle avait en outre affirmé que le chef néo-démocrate Thomas Mulcair lui faisait la vie dure parce qu'elle avait accordé son appui à Brian Topp lors de la course à la direction du parti, en 2012.

L'élue était apparue sur le radar médiatique à peu près à cette époque, alors qu'elle avait défrayé la chronique en raison de son combat pour obtenir le droit d'allaiter son nourrisson à la Chambre des communes.

Mme Hassainia avait alors fait de la conciliation travail-famille son cheval de bataille - elle fait d'ailleurs référence, dans sa lettre de démission, à la difficulté qu'elle a éprouvée à conjuguer son boulot de députée et son rôle de mère.

La députée néo-démocrate Rosane Doré Lefebvre se désole de voir son ancienne collègue mettre de l'avant cet argument comme «prétexte» pour justifier sa douteuse performance à titre de parlementaire.

«Dans conciliation travail-famille, il y a le mot travail», a illustré en entrevue téléphonique l'élue, qui a elle aussi donné naissance à un enfant pendant son mandat - et dont la fiche de présences au moment des votes en Chambre est nettement plus reluisante.

«Ce n'est pas juste de dire: «Je vais manquer tous les votes parce que c'est trop difficile, ça ne se fait pas'. Ce n'est pas vrai», a poursuivi celle selon qui ce discours est nuisible pour l'ensemble des femmes de la classe politique.

«Ça envoie le message que tu n'es pas capable de bien faire ton travail de parlementaire parce que tu es une mère, ce qui est complètement faux», a laissé tomber Mme Doré Lefebvre.

Au manque d'assiduité de la députée sur la colline du Parlement s'ajoutait sa faible présence dans sa circonscription, comme l'a rapporté Radio-Canada la semaine dernière.

Ces révélations avaient fait bondir le député provincial de Verchères, le péquiste Stéphane Bergeron, qui avait dénoncé cette situation dans les médias.

Sana Hassainia n'a pas apprécié.

Sur son site Web, jeudi, elle a accusé M. Bergeron d'avoir opté pour une «démarche politique de bas étage, visant avant tout à gagner des points».

Aucun parti fédéral n'a encore de candidat confirmé dans la circonscription située sur la rive sud du Saint-Laurent, qui s'appellera dorénavant Pierre-Boucher-Les Patriotes-Verchères en vertu de la refonte de la carte électorale.

Sana Hassainia faisait partie des députés élus à la faveur de la «vague orange» qui a déferlé sur le Québec au scrutin de mai 2011 et permit au NPD d'accéder pour la première fois de son histoire au statut d'opposition officielle.

Elle avait obtenu la faveur de 43,9% des électeurs, défaisant le candidat sortant, le bloquiste Luc Malo, qui avait obtenu 35,9% des suffrages.

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