Le Canada s'oppose à la volonté des Palestiniens de poursuivre Israël

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John Baird en compagnie du président israélien Reuven Rivlin, dimanche, à Jérusalem.

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Mike Blanchfield
La Presse Canadienne

Le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a rappelé lundi l'opposition du Canada à la volonté des Palestiniens de poursuivre Israël pour crimes de guerre devant la Cour pénale internationale (CPI).

De passage à Jérusalem, M. Baird a estimé que les Palestiniens avaient «commis une erreur monumentale» en se tournant vers la CPI, une instance judiciaire des Nations unies dont la création, dans les années 1990, avait bénéficié du soutien indéfectible du Canada.

Le ministre Baird a eu des entretiens lundi avec des responsables israéliens dans le cadre de sa tournée de cinq jours au Proche-Orient. Juste avant de rencontrer le ministre israélien de la Défense, Moshe Yaalon, il a soutenu que les Palestiniens avaient franchi une «ligne rouge» en menaçant de poursuivre Israël pour crimes de guerre, et qu'il en avait fait part aux leaders palestiniens «en termes non équivoques», la veille.

Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, s'est d'ailleurs réjoui lundi du soutien du Canada face à ce «simulacre de justice», qui menacerait selon lui l'intégrité même de tout le droit international. Il a assuré le ministre Baird qu'«Israël n'aurait jamais les mains liés par une CPI politisée».

Le ministre canadien a rappelé de son côté que «le grand combat de notre génération, c'est le terrorisme», et qu'Israël était aux premières lignes en cette matière. Le Canada, a-t-il dit, n'est pas derrière Israël, mais à ses côtés.

Un représentant du gouvernement canadien, qui a parlé sous le couvert de l'anonymat, a indiqué que le ministre Baird et M. Nethanyahou s'étaient rencontrés pendant près d'une heure.

Le porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière d'affaires étrangères Paul Dewar a déploré que le Canada tente de bloquer l'adhésion de l'Autorité palestinienne à la CPI.

«Nous faisons partie de la CPI. Elle devrait être indépendante (...) S'il s'agit d'une »ligne rouge« lorsque des gens tentent d'y adhérer, nous sommes bien loin d'où nous étions, il y a plusieurs années, lorsque nous appuyions l'institution, lorsque nous avions contribué à sa création», a-t-il regretté.

L'ambassadeur palestinien au Canada a déclaré dans un communiqué qu'il invitait le ministre canadien à une discussion «honnête et ouverte» sur la situation au Proche-Orient.

«Il y a des sujets où nous avons des désaccords importants, mais nous avons toujours essayé d'aborder nos différences dans des discussions constructives», a affirmé Saïd Hamad.

Le 31 décembre dernier, le président Mahmoud Abbas a officiellement signé la demande d'adhésion de la Palestine à la CPI, alors que la veille, le Conseil de sécurité des Nations unies avait rejeté la résolution des Palestiniens qui aurait fixé un échéancier de trois ans pour la création d'un État palestinien dans les territoires occupés par Israël.

Vendredi dernier, au moment où M. Baird arrivait en Israël, la procureure de la CPI annonçait qu'elle ouvrait une enquête préliminaire, qui pourrait mener à une enquête plus large, sur de présumés crimes de guerre commis par les Israéliens en territoires palestiniens, notamment lors des violents affrontements de l'été dernier à Gaza, mais aussi par le Hamas.

Le Canada a été l'un des seuls États occidentaux à conserver son soutien indéfectible à Israël, qui est critiqué par plusieurs pays pour le blocage dans les négociations avec les Palestiniens, pour l'offensive de l'été dernier à Gaza et pour la poursuite de ses colonies de peuplement dans les territoires occupés.

Le Canada s'est aussi opposé à toute tentative des Palestiniens d'accéder unilatéralement au statut d'État.

Dimanche, alors qu'il visitait des responsables palestiniens à Ramallah, M. Baird a été chahuté par des manifestants, qui ont lancé des oeufs et des chaussures sur son convoi.

Le négociateur en chef des Palestiniens, Saëb Erekat, a estimé dans un communiqué que le Canada «avait choisi le mauvais côté de l'histoire en apportant son soutien aveugle à l'occupation israélienne et à ses politiques d'apartheid».

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