Harper veut affaiblir le syndicalisme, estime la FTQ

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Le premier ministre du Canada, Stephen Harper

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(OTTAWA) La FTQ s'élève contre un autre projet de loi actuellement à l'étude au Sénat et soutenu par le gouvernement Harper qui, estime son président Daniel Boyer, aurait pour effet d'affaiblir les syndicats au pays.

Le projet de loi C-525, parrainé par le député conservateur albertain Blaine Calkins, rendrait plus difficile le processus d'accréditation syndicale chez les entreprises d'un secteur relevant du gouvernement fédéral.

Ce projet de loi a été adopté par la Chambre des communes en avril après seulement trois heures d'étude par un comité parlementaire. Certains syndicats ont pu faire valoir leur vive opposition à cette mesure jugée antisyndicale, mais la FTQ n'a pas pu se faire entendre. Et elle ne pourra non plus exprimer ses inquiétudes devant le comité du Sénat qui étudie le projet de loi, car il a l'intention de mettre fin aux audiences cette semaine.

Selon M. Boyer, ce projet de loi changera considérablement les règles du jeu en matière d'accréditation syndicale.

Des dispositions qui inquiètent la FTQ

À l'heure actuelle, le droit fédéral du travail permet l'accréditation syndicale automatique par simple vérification des cartes des travailleurs. En vertu du Code canadien du travail, le Conseil canadien des relations industrielles est tenu d'accréditer le syndicat sans tenir de scrutin s'il est convaincu que la majorité des travailleurs de l'unité de négociation proposée appuient la syndicalisation.

Mais le projet de loi C-525 forcerait la tenue d'un vote secret des travailleurs, et pour qu'une demande d'accréditation soit acceptée, il faudrait l'appui de la majorité des travailleurs et non seulement la majorité des participants au vote.

Autre élément qui irrite la FTQ et d'autres syndicats, c'est qu'il serait plus facile de dissoudre un syndicat. Tout employé qui voudrait révoquer son syndicat n'aurait qu'à démontrer à la Commission du travail qu'au moins 45 % des travailleurs sont d'accord avec lui. La commission demanderait alors la tenue d'un scrutin. Mais pour se maintenir à flot, le syndicat devrait recevoir l'appui de plus de 50 % de ses membres.

« Au nom d'une sacro-sainte démocratie qui n'en est pas une, on veut instaurer un vote obligatoire pour les requêtes en accréditation pour les employés qui sont sous juridiction fédérale et qui veulent se syndiquer. En sachant la date, l'heure et l'endroit d'un vote, il y a donc une période de temps où l'employeur peut intimider, harceler et imposer des mesures disciplinaires aux gens qui sont favorables au syndicat. Le droit de se syndiquer doit appartenir aux travailleuses et aux travailleurs. C'est un droit fondamental. Et il n'appartient pas à l'employeur », a affirmé M. Boyer à La Presse.

Le président de la FTQ a ajouté que l'on a assisté à une baisse du taux de syndicalisation dans les territoires qui ont adopté des mesures comparables, notamment en Ontario.

Transparence financière

M. Boyer a affirmé que ce projet de loi s'inscrit dans la volonté du gouvernement Harper d'affaiblir le syndicalisme au pays, rappelant que les conservateurs ont aussi proposé un projet de loi sur la transparence financière des syndicats qui est aussi à l'étude au Sénat.

« Je n'ai pas de problème à être transparent. Nos états financiers traînent sur les tables aux congrès et à peu près tout le monde peut les voir. Que veut faire ce gouvernement-là avec ces états financiers ? Ils veulent en partie nous contrôler », a-t-il dit.

Aux prochaines élections fédérales, prévues en octobre 2015, M. Boyer a affirmé que la FTQ compte tout mettre en oeuvre pour défaire les candidats conservateurs au Québec.

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