Harcèlement sur la colline: au président des Communes de jouer

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
OTTAWA

La balle est de nouveau dans le camp du président de la Chambre dans la foulée des allégations d'une députée néo-démocrate qui soutient avoir eu une relation sexuelle «sans consentement explicite» avec le député libéral montréalais Massimo Pacetti.

L'élue du Nouveau Parti démocratique (NPD), qui a accordé une série d'entrevues sous le couvert de l'anonymat au cours des dernières heures, s'est dite ouverte à l'idée de prendre part à une enquête de la Chambre des communes, à condition qu'elle soit confidentielle et indépendante.

La whip de son parti, Nycole Turmel, a envoyé lundi soir une lettre au président des Communes, Andrew Scheer, pour l'inviter à clarifier les balises d'un éventuel processus qui se pencherait sur le cas de la députée en question.

L'autre députée du NPD qui a formulé des allégations de harcèlement - celles-ci, contre le député libéral terre-neuvien Scott Andrews - n'est toujours pas intéressée, «à ce point-ci», à porter plainte ou à participer à une éventuelle enquête indépendante, a signalé Mme Turmel, mercredi.

«Si jamais elle change d'idée, il n'y a aucun problème. Mais elle a été très catégorique jusqu'ici: elle ne veut pas déposer de plainte», a ajouté la députée de Hull-Aylmer en entrevue avec La Presse Canadienne.

À la sortie du caucus néo-démocrate, mercredi, le chef Thomas Mulcair a déclaré qu'il n'avait pas l'intention d'encourager ses députées à prendre part à une enquête tant que les paramètres de celle-ci ne seront pas définis.

Il a tenu à saluer le «courage» de celle qui a pris la «difficile décision» de raconter son histoire.

«Ce qu'on a lu dans les journaux (...) est extrêmement troublant», et c'est la raison pour laquelle le processus de résolution devra être «encadré d'une manière raisonnée, dans l'intérêt de tout le monde», a déclaré M. Mulcair.

Le chef libéral Justin Trudeau a quant à lui réitéré que le bureau du président de la Chambre était «le meilleur endroit pour déclencher un processus indépendant et confidentiel avec une tierce partie».

Il a refusé de spéculer sur le sort qui attend les deux députés libéraux éjectés du caucus libéral le 5 novembre dernier.

La députée néo-démocrate qui est sortie de son mutisme au cours des dernières heures a affirmé qu'elle avait eu une «relation sexuelle sans consentement explicite» avec M. Pacetti.

Celui-ci a aussitôt déploré que l'élue du NPD ait décidé de s'exprimer dans les médias.

«Cela me trouble que la plaignante ait choisi de rendre publiques ces allégations. C'est incohérent avec les déclarations de son entourage demandant que l'intimité et l'équité de tous soient respectées par toutes les parties», a-t-il écrit.

M. Trudeau n'a pas voulu se prononcer sur la démarche de la députée, qui l'avait approchée personnellement pour lui faire part de ses doléances le 28 octobre dernier lors des funérailles du caporal Nathan Cirillo, à Hamilton.

Il a également refusé de dire si, à son avis, sa collègue devrait suivre son exemple et prendre part à un processus de résolution.

«Je ne vais pas mettre de pression sur quiconque dans cette situation et je ne veux pas porter un jugement sur aucun comportement que ce soit», a dit le chef libéral en point de presse, mercredi midi.

MM. Pacetti et Andrews ont nié avoir quoi que ce soit à se reprocher depuis que cette affaire a éclaté au grand jour sur la colline.

Le bureau du président de la Chambre compte répondre prochainement à la lettre de Mme Turmel, a indiqué la porte-parole Heather Bradley.

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