Allégations de harcèlement contre deux libéraux: la députée du NPD rompt le silence

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(Ottawa) La députée du NPD qui a informé Justin Trudeau des allégations de harcèlement qui ont mené à la suspension des députés libéraux Massimo Pacetti et Scott Andrews a décidé de rompre son silence en racontant les détails de l'agression dont elle aurait été victime au Huffington Post.

Dans une entrevue d'une heure qu'elle a accordée à la journaliste Althia Raj, la députée qui n'a pas été identifiée affirme avoir voulu alerter le chef libéral du comportement de certains de ses députés envers les femmes. Son intention n'était pas de « détruire » des réputations, a-t-elle affirmé.

Elle soutient que l'agression dont elle a été victime serait survenue en mars, après un match d'une équipe dont elle et le député libéral Massimo Pacetti faisaient partie.

Après les rencontres, les membres de l'équipe sortaient parfois prendre un verre. La députée discutait plus souvent avec M. Pacetti parce qu'il parle français alors que les autres membres de l'équipe sont majoritairement anglophones.

Un soir de mars, M. Pacetti l'a invitée à prendre un verre à sa chambre d'hôtel, l'endroit où il séjourne à Ottawa lorsque la Chambre des communes siège. Elle a accepté l'invitation.

« Cela faisait plus d'un an et demi qu'on jouait ensemble sur la même équipe. Il était un ami qui jouait sur mon équipe. Il n'était pas membre de mon parti politique, mais nous allions aux mêmes activités sociales », a-t-elle dit.

Une fois dans sa chambre, elle affirme qu'il était évident que M. Pacetti voulait pousser les choses plus loin. Elle affirme avoir été saisie par le comportement du député. « C'était une relation sexuelle sans mon consentement explicite », a affirmé la députée au Huffington Post.

Elle a ajouté qu'elle a déjà été victime d'une agression lorsqu'elle était adolescente. Elle s'est sentie paralysée lorsqu'elle a été confrontée à la même situation en mars.

La relation sexuelle lui a fait mal, a-t-elle dit. « Trois jours après l'incident, j'avais de la difficulté à m'asseoir sans éprouver de la douleur ». Elle a dit n'avoir jamais confronté Massimo Pacetti par la suite. « C'était dans une boîte et nous faisions semblant que cela ne s'était jamais produit ». Elle n'a jamais informé son chef Thomas Muclair ou la whip Nycole Turmel.

Elle a dit qu'elle ne souhaitait pas non plus déposer une plainte formelle, craignant que les avocats de la défense ne tentent de la détruire.

Elle ne voulait pas que l'affaire soit rendue publique. Elle souhaitait simplement avoir des excuses du député en question et s'assurer qu'il obtienne de l'aide pour corriger son comportement.

Elle a affirmé que chaque fois qu'elle doit parler de cet incident, elle revit les émotions de cette fameuse soirée de mars. Le député Massimo Pacetti a déclaré au Huffington Post qu'il nie les allégations et qu'une enquête permettra de l'exonérer.

La députée néo-démocrate  a aussi confirmé avoir discuté des allégations touchant une autre députée du NPD alors qu'elle était assise aux côtés de M. Trudeau dans un autobus qui les conduisait aux funérailles du caporal Nathan Cirillo à Hamilton au début de novembre.

Sa collègue néo-démocrate aurait été victime d'une agression aux mains du député libéral de Terre-Neuve, Scott Andrews. Ce dernier a toujours nié avec véhémence ces allégations.

«J'estimais que cela était inacceptable et je lui ai demandé s'il était au courant », a-t-elle raconté. Quand M. Trudeau a répondu par la négative, elle a ajouté : « Personnellement, je n'aimerais pas qu'une personne de ce genre soit près moi ».

Durant l'échange qu'elle a eu avec M. Trudeau, elle n'a jamais discuté de son cas. Elle l'a fait après que M. Trudeau eut demandé à la whip du  Parti libéral, la députée Judy Foote, de rencontrer son homologue du NPD, Nycole Turmel, en compagnie des deux députées.

C'est à l'occasion de cette rencontre privée qu'elle a raconté son histoire. Et c'est à la suite de cette rencontre que Justin Trudeau a décidé de suspendre les députés Massimo Pacetti et Scott Andrews pour « des fautes personnelles graves ».

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