Le NPD aurait dit au PLC qu'il pouvait s'agir d'une agression sexuelle

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Scott Andrews et Massimo Pacetti.

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Jennifer Ditchburn, Mélanie Marquis, Lina Dib
La Presse Canadienne
Ottawa

Craig Scott, un député néo-démocrate et ancien professeur de droit, a affirmé aux libéraux fédéraux que ce qui lui avait été dit sur les gestes posés à l'endroit de l'une de ses femmes collègues pourrait être défini comme une agression sexuelle alléguée, ont affirmé diverses sources à La Presse Canadienne.

M. Scott aurait ainsi fait référence à un geste de nature possiblement criminelle lors d'une rencontre à laquelle assistait la whip libérale Judy Foote, le 30 octobre dernier. C'est ce qui aurait incité le chef libéral Justin Trudeau à suspendre deux membres de son caucus, ont indiqué ces sources, qui n'étaient pas autorisées à dévoiler plus de détails.

L'une des députées du Nouveau Parti démocratique (NPD) qui a fait des allégations d'inconduite prenait part à cette rencontre. S'y trouvaient également la whip néo-démocrate Nycole Turmel ainsi qu'un employé du bureau de M. Trudeau, qui a noté ce qui s'est dit pendant la rencontre, ont affirmé des sources anonymes à La Presse Canadienne.

La whip du NPD a affirmé mardi ne pas se souvenir que son collègue Craig Scott ait fait mention d'un possible acte criminel. Quant à M. Scott, il n'était pas disponible pour commenter, mardi en début de soirée.

Mais une source a soutenu que le député avait analysé les détails allégués de l'un des cas - selon le compte-rendu qu'on lui en avait fait - et conclu que «l'incident constituait un acte criminel, plus spécifiquement une agression sexuelle».

Une semaine après la tenue de cette rencontre - la troisième à se tenir après la conversation qu'a eue une députée néo-démocrate avec le chef libéral Justin Trudeau, le 28 octobre -, les députés Massimo Pacetti et Scott Andrews étaient éjectés du caucus libéral. Il n'y a pas eu de plainte formelle à l'endroit des députés.

Depuis que l'histoire de harcèlement présumé a éclaté sur la colline, le 5 novembre dernier, le NPD accuse M. Trudeau d'avoir agi à l'encontre de la volonté de ses deux députées, lesquelles souhaitaient que le tout demeure confidentiel.

Les deux femmes ne voudraient pas porter plainte contre Massimo Pacetti et Scott Andrews.

M. Trudeau a rappelé que les deux députées néo-démocrates se sont plaintes à lui. «J'ai reçu directement et personnellement une plainte extrêmement sérieuse», a-t-il dit.

Mais en l'absence de plainte formelle à l'endroit de ses députés, le chef libéral aurait simplement dû demander à ceux-ci de corriger leur comportement, a laissé tomber mardi la députée néo-démocrate Françoise Boivin.

«Il me semble que n'importe quel juriste (...) aurait dit: «S'il n'y a pas de plainte, il n'y a pas grand-chose que tu peux y faire'. Alors tu peux peut-être aller parler à tes gens et dire: «Peux-tu faire attention à ton comportement, parce que si ça c'est vrai, etc., and that's it»», a lancé l'élue mardi.

«Quand on agit politiquement au lieu d'agir logiquement et comme n'importe quel être normal devrait agir, c'est ça que ça donne: des situations bizarres», a poursuivi Mme Boivin en mêlée de presse dans les couloirs du parlement.

En après-midi, Thomas Mulcair n'a pas voulu commenter la sortie de sa porte-parole en matière de justice.

Le chef néo-démocrate a dû expliquer, encore une fois, ce qu'il savait de ces deux affaires et ce qu'il a fait pour y remédier.

«De l'information partielle, d'une des deux personnes, s'est rendue jusqu'à moi», a-t-il souligné, à sa sortie des Communes.

«Ce que nous avons fait, c'est nous assurer qu'elles aient l'aide qu'elles ont demandée», a-t-il ajouté.

Sa députée Nycole Turmel s'est attardée sur un des deux cas, une situation que le NPD connaît depuis un an. «Elle suivait une thérapie en même temps. Alors on a aidé la personne, dans son cheminement», a assuré Mme Turmel.

Pour ce qui est de la suite des choses, le chef libéral s'en remet au président de la Chambre des communes à qui il a demandé, il y a deux semaines, de s'occuper de cette affaire.

«Je ne vais pas spéculer sur les prochaines étapes», a-t-il répété alors qu'on lui demandait s'il est prêt à réintégrer ses deux députés si les choses en restaient là.

C'est qu'un premier comité parlementaire qui s'est penché sur la question, le Bureau de régie interne (BRI), a conclu qu'il n'avait pas le mandat de s'occuper de pareilles affaires.

Il a renvoyé la balle à un autre comité parlementaire: le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre (PROC).

Le président de la Chambre, Andrew Scheer, siège à ces deux comités.

En sortant de la réunion de son comité mardi, le porte-parole du BRI, le député conservateur John Duncan, n'avait rien à proposer aux deux députés expulsés du caucus libéral.

«Les (deux) députés sont dans les limbes jusqu'à ce qu'on trouve une sortie de cette impasse, mais le BRI n'a pas le pouvoir de trouver cette sortie», a concédé M. Duncan.

Il a toutefois insisté pour dire qu'il n'en tient qu'aux quatre députés, les deux femmes et les deux hommes, de s'entendre pour résoudre cette affaire.

MM. Pacetti et Andrews soutiennent n'avoir rien à se reprocher.

Le député Pacetti, qui a effectué son retour en Chambre mardi, a transmis une déclaration par courriel à La Presse Canadienne, la première depuis près de deux semaines.

«Par respect pour les individus qui pourraient être concernés par cette situation et tous mes collègues de la Chambre des communes, je m'abstiendrai de tout commentaire sur des allégations et soupçons qui sont présentement rapportés», est-il écrit.

«Je vous remercie d'accepter cette position qui est motivée par le fait que je ne veux pas porter préjudice à qui que ce soit ou à quelque organisation que ce soit», a-t-il poursuivi.

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