Deux députés du PLC suspendus pour des allégations de harcèlement sexuel

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(Ottawa) Le Parti libéral du Canada suspend deux députés de son caucus en raison d'une enquête sur des allégations de harcèlement sexuel sur deux députées du NPD.

Les deux députés écartés en attendant l'issue de cette enquête sont Massimo Pacetti, de la circonscription de St-Léonard de Montréal, et Scott Andrews de Terre-Neuve. Leur candidature en vue des prochaines élections, qui avait été confirmée dans leur circonscription respective, a aussi été mise sur la glace.

L'une des allégations a été formulée directement auprès de Justin Trudeau la semaine dernière. « M. Pacetti et M. Andrews ont nié ces allégations », a précisé le chef libéral en point de presse mercredi midi.

« Compte tenu du sérieux de ces allégations, j'ai suspendu ces députés de notre caucus et j'ai demandé au président de la Chambre des communes d'enquêter davantage afin de résoudre cette affaire », a-t-il toutefois ajouté.

Au cours de son point de presse, M. Trudeau n'a pas voulu confirmer le caractère sexuel des allégations et s'est limité à parler de « faute personnelle ».

« Nous sommes en 2014, a-t-il cependant ajouté. Je suis conscient qu'il est difficile pour les gens de partager ce type d'information. Mais je crois sincèrement que ceux d'entre nous qui sont en position d'autorité ont le devoir d'agir quand des allégations de cette nature sont formulées. »

Pas de procédure en place

Dans une lettre envoyée au président de la Chambre des communes, la whip du caucus libéral, Judy Foote, a demandé de mettre sur pied un processus d'enquête formel « afin de traiter ces plaintes individuellement ». Elle a aussi réclamé que le bureau de régie interne soit saisi de la question.

« À ma connaissance, il n'y a pas de précédent en la matière ni de procédure établie pour une telle situation », a précisé Mme Foote dans sa lettre.

« La Chambre des communes a une procédure qui permet aux employés de l'administration de traiter les allégations de faute en milieu de travail, mais il n'existe aucune procédure des plaintes des membres et des députés », a-t-elle poursuivi.

Le chef libéral a dénoncé cette situation : « Déjà, juste de dire que le Sénat a en place des mécanismes que la Chambre des communes n'a pas encore adoptés... On a beaucoup de travail à faire pour s'assurer que nous encourageons et que nous protégeons des gens qui font des allégations semblables »

Les députés concernés n'avaient pas rappelé La Presse au moment d'écrire ces lignes.

Le chef  du NPD, Thomas Mulcair, a réagi avec tristesse aux allégations. Il n'a toutefois pas confirmé que les députées qui se sont plaintes font partie de sa formation politique. Plusieurs sources ont cependant indiqué à La Presse qu'elles sont membres du caucus néo-démocrates.

« Nous sommes profondément attristées par ces allégations des sérieuses. Nous considérons que c'est le devoir de tous les députés de toutes les formations politiques d'agir pour faire en sorte que la colline parlementaire ou tout autre lieu de travail soit sécuritaire et libre de ces accros à la capacité de fonctionner. On a le droit de vivre dans un environnement de travail libre de harcèlement », a-t-il déclaré, entouré de députées de son parti.

Le président de la Chambre des communes a dit prendre la question très au sérieux et demandé à l'administration de la Chambre de mettre toutes les ressources de l'institution à la disposition des personnes concernées.

« Le président a aussi demandé que le Bureau de régie interne examine la question dès que cela sera possible », a déclaré le bureau d'Andrew Scheer dans un communiqué.

Autres allégations

Ces allégations surviennent au moment où une autre histoire refait surface : celle d'une ancienne adjointe et stagiaire, qui a décrit anonymement sur un blogue le harcèlement subi alors qu'elle travaillait sur la Colline parlementaire pour un député libéral il y a huit ans.

Le NPD fustige le Parti libéral

Le Parti libéral a victimisé une seconde fois les deux députées qui auraient été harcelées en dévoilant leur histoire au grand jour sans les en informer, a accusé mercredi soir le Nouveau Parti démocratique (NPD).

La whip néo-démocrate Nycole Turmel a reproché aux libéraux d'avoir agi de façon unilatérale en rendant publique une lettre confirmant que deux députées avaient formulé des allégations à l'endroit de deux députés libéraux.

Cette façon de faire a «choqué» Mme Turmel, car les deux élues en question n'avaient pas été mises au courant que leurs démarches allaient se retrouver ainsi sur la place publique, selon sa version des faits.

«On a pris une décision politique (au Parti libéral) d'annoncer la suspension de deux députés, mais on n'a jamais pensé qu'il aurait fallu préparer les victimes», a-t-elle déploré en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne.

«Les femmes qui ont été victimes de ces incidents-là sont victimes une deuxième fois», a ensuite laissé tomber Mme Turmel.

Selon la députée de Hull-Aylmer, les dénonciations auraient dû venir des élues qui disent avoir été harcelées, et non du Parti libéral.

La directrice des communications du chef libéral, Mylène Dupéré, a invoqué mercredi soir le «devoir d'agir» de Justin Trudeau pour justifier sa décision de rendre l'information publique.

Elle a précisé que la whip libérale Judy Foote avait contacté le whip du parti auquel appartiennent les deux députées après que M. Trudeau eut informé son caucus de l'expulsion de Massimo Pacetti et Scott Andrews, mercredi matin.

Les principaux intéressés ont assuré, dans des déclarations écrites distinctes, qu'ils n'avaient rien à se reprocher.

Le NPD n'a pas confirmé publiquement que les plaignantes sont issues de ses rangs, mais La Presse Canadienne a appris de source sûre que c'était le cas.

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