Alberta: la descente aux enfers des conservateurs

Son nom circule, mais le maire de Calgary,... (Photo archives Reuters)

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Son nom circule, mais le maire de Calgary, Naheed Nenshi, n'a pas confirmé sa candidature à la direction du PC albertain.

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(Calgary) Le Parti progressiste-conservateur de l'Alberta est à un moment charnière de son histoire et les prochaines élections pourraient marquer la fin de la plus longue dynastie politique de l'histoire canadienne, croient d'anciens proches collaborateurs de l'ex-premier ministre Ralph Klein.

M. Klein est mort le 29 mars 2013, il y a un an et quelques jours. Assis à une table du Buon Giorno sur la 17e avenue à Calgary, l'un des restaurants favoris de son ancien patron, le stratège politique Rod Love ne cache pas son scepticisme quant aux chances de l'«Alberta PC» d'arracher sa 12e victoire consécutive aux élections de 2016.

«Vous ne pouvez jamais les déclarer morts, a mis en garde l'ancien chef de cabinet de M. Klein. Mais jamais dans leur histoire de 43 ans, leur situation n'a été aussi critique.»

«Ce serait la remontée la plus spectaculaire de l'histoire de la démocratie parlementaire britannique - et je n'exagère pas !»

Le PC albertain est en pleine crise après avoir créé la surprise en 2012 en arrachant la victoire au nouveau parti Wildrose.

La première ministre Alison Redford a démissionné de son poste il y a deux semaines, dans la foulée d'une controverse sur ses dépenses personnelles. La grogne croissante dans ses propres rangs et la publication d'un sondage qui a placé son parti à 19 % des intentions de vote, contre 46 % pour la formation de Danielle Smith, ont précipité son départ.

Le fardeau de la dette

Dix jours auparavant, le budget de 2014 avait révélé que la dette albertaine augmenterait à 15 milliards de dollars cette année, et possiblement à 21 milliards d'ici trois ans. Une nouvelle difficile à digérer dans la province du pétrole : Ralph Klein s'était fait une fierté d'éliminer la dette, il y a une dizaine d'années.

Steve West est particulièrement échaudé par la situation. En tant que ministre des Finances, de l'Énergie et des Municipalités dans les années 90, le vétérinaire de formation avait piloté la vague de privatisations et de compressions qui avaient, du moins en partie, ouvert la voie au remboursement de la dette.

«Nous serons presque aussi endettés aux prochaines élections que nous l'étions quand j'ai commencé ce programme», a-t-il dénoncé au cours d'un entretien téléphonique avec La Presse.

«Dans les années où nous avons fait toutes ces compressions et ces privatisations, notre parti est remonté dans les sondages», a ajouté M. West, qui appuie maintenant le Wildrose. «Vous verrez le résultat de ne pas le faire en Alberta dans les deux ou trois prochaines années.»

À la recherche d'un sauveur

Le départ d'Alison Redford a lancé une troisième course à la direction du PC depuis 2006. Plusieurs noms circulent, mais personne n'a encore fait le saut. Les deux plus connus sont l'ancien ministre fédéral Jim Prentice et le maire de Calgary, Naheed Nenshi. Jusqu'ici, ils sont restés muets sur leurs intentions.

Dans l'ancien cabinet Redford, une demi-douzaine de ministres ont laissé planer la possibilité d'être candidats, dont le ministre des Municipalités Ken Hugues. Ce dernier a lancé une consultation publique pour sonder l'intérêt des militants pour son leadership. Il devrait annoncer sa décision prochainement.

«Le PC est très résilient, il a beaucoup de profondeur et il y a beaucoup de gens prêts à l'appuyer. Je pense que tout cela se cristallisera autour du style et de la personnalité du prochain chef», a dit le ministre Hughes, rencontré à son bureau.

Mais le stratège Rod Love doute qu'un nouveau leader soit la solution. Comme Stephen Harper après sa défaite électorale de 2004, Danielle Smith aura purgé sa plateforme et son parti de leurs éléments les plus radicaux d'ici 2016, fait-il remarquer. Le Wildrose pourrait alors offrir une option de droite beaucoup plus pragmatique et convaincante qu'en 2012.

Il ajoute que le PC est désormais dans le rouge, tandis que l'argent continue à affluer dans les coffres du Wildrose. «Vous ne voulez peut-être pas enseigner cela à un étudiant en sciences politiques, mais l'argent, c'est le nerf de la guerre», a noté l'ancien comparse de Ralph Klein en buvant une gorgée de vin.

«Le Wildrose sera une machine formidable.»

45

Nombre d'années que le Parti progressiste-conservateur aura été au pouvoir en Alberta en 2016.




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