Les sénateurs s'accrochent à l'étiquette libérale

«Indépendants libéraux», «libéraux indépendants» ou simplement «libéraux», disaient... (Photo Sean Kilpatrick, PC)

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«Indépendants libéraux», «libéraux indépendants» ou simplement «libéraux», disaient les sénateurs expulsés lorsqu'il leur était demandé de se qualifier. Au centre, le leader du Parti libéral au Sénat, James Cowan.

Photo Sean Kilpatrick, PC

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
OTTAWA

Même si Justin Trudeau les appelle désormais des sénateurs indépendants, ceux-ci s'accrochent à l'étiquette libérale et la plupart nient que la réforme du chef a semé la confusion.

Un sénateur libéral, le Québécois Dennis Dawson, a toutefois critiqué la manière dont avait été annoncée l'exclusion des 32 sénateurs du caucus libéral, sans avoir avisé à l'avance les principaux intéressés.

Selon lui, cette façon de faire a nui à l'annonce et a créé un flou qui aurait pu être évité.

Au lendemain de l'annonce-choc du chef, les sénateurs libéraux se qualifient toujours comme tels.

«Indépendants libéraux», «libéraux indépendants» ou simplement «libéraux», disaient-ils lorsqu'il leur était demandé de se qualifier. Certains ne s'entendaient pas non plus sur les conséquences de leur exclusion du caucus national, comme l'accès aux budgets et à leur droit de participer aux activités partisanes et de financement.

Pour eux, la notion d'indépendance a plutôt trait à la façon dont ils travailleront désormais, soit à l'écart du bureau du chef et des caucus politiques, et n'est pas liée à leur affiliation politique.

«Il n'y aura pas de directives de la Chambre des communes sur comment on doit voter», a notamment fait valoir le leader du Parti libéral au Sénat, le sénateur James Cowan.

Celui-ci refuse toute allusion à une possible confusion dans l'esprit des Canadiens. Tous ses collègues, interrogés à la sortie d'une réunion spéciale, la deuxième en deux jours, étaient du même avis.

M. Cowan affirme de plus que leur décision de se regrouper sous le vocable de «caucus libéral au Sénat» ne contrecarre pas ni ne contredit le plan de M. Trudeau.

Il explique que leur groupe devait choisir un nom pour respecter les règles du Sénat. Il a avisé personnellement Justin Trudeau de leur décision, a-t-il dit pour dissiper toute allusion à un conflit interne.

En l'absence du chef, c'est le député Dominic LeBlanc qui a répondu aux questions des journalistes, jeudi.

Il a nié que le choix de l'appellation «caucus libéral au Sénat» compromette le plan du chef.

«Ils sont indépendants. Alors s'ils décident de s'identifier comme libéraux, de garder une carte de membre, d'adhérer à une formation politique, ils font ça indépendamment», a dit M. LeBlanc.

Il a admis toutefois qu'il pourrait y avoir eu une certaine confusion après l'annonce. Mais si confusion il y a, elle ne durera pas, assure-t-il.

Pour le sénateur Dawson, le flou qui a suivi l'annonce est bien réel et a permis au premier ministre Stephen Harper d'attaquer le projet libéral et de prétendre que rien n'avait changé.

«Mais cette façon de faire maladroite a eu des conséquences: il y a une confusion de notre statut. (...) Et ça a nui à l'annonce», a-t-il dit.

Si on leur avait demandé de devenir indépendants, les sénateurs l'auraient fait par eux-mêmes, soutient-il.

«Ils n'auraient pas dû nous l'imposer. C'est une sage décision. On sait que c'est dans l'intérêt du Sénat d'assumer notre indépendance. Et c'est dans l'intérêt du Parti libéral», a-t-il affirmé.

Mais il tient mordicus à son affiliation libérale. «S'ils pensent qu'après 40 et quelques années que je cesserais d'être un libéral», a-t-il lancé à l'intention des conseillers de M. Trudeau.

M. Dawson, qui supporte pleinement les changements apportés par le chef libéral, maintient que ceux-ci sont loin d'être mineurs.

«Elle est vraie cette rupture-là», insiste-t-il.

Mais jeudi, le leader des conservateurs au Sénat, Claude Carignan, a continué sur la lancée de Stephen Harper.

«J'ai commencé la semaine avec 32 sénateurs libéraux et j'ai fini la semaine avec 32 sénateurs libéraux», a-t-il déclaré.

«Rien n'a changé: ils vont continuer à voter contre mes projets de loi, de façon partisane», a-t-il ajouté.

Tous les sénateurs libéraux interrogés appuient les propositions du chef Trudeau, George Baker disant même qu'il s'agissait de la chose «la plus courageuse qu'il ait vue» dans toutes ses années en politique.

Il admet toutefois qu'il y aura certains ajustements à apporter en cours de route, pour que les sénateurs puissent fonctionner efficacement au sein de la Chambre haute.




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