D'autres Canadiens pourraient se battre outre-mer, craint Baird

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Selon un porte-parole du SCRS, l'auto-radicalisation demeure une importante source d'inquiétude pour le service de renseignement.

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Murray Brewster, Ben Makuch
Agence France-Presse
Ottawa

Des informations faisant état de la mort d'un Canadien, converti à la religion musulmane et qui combattait avec al-Qaïda en Syrie, ont incité le service de renseignements du pays à avertir, mercredi, que d'autres extrémistes d'origine canadienne préparaient à s'engager dans des guerres saintes outre-mer.

Le ministère des Affaires étrangères se penche sur des informations de sources médiatiques selon lesquelles Mustafa al-Gharib, un homme âgé de 22 ans né Damian Clairmont en Nouvelle-Écosse, a été tué par des forces lors de violents combats dans la ville assiégée d'Alep.

Il aurait été tué par des forces de l'Armée syrienne libre (ASL) lorsque des combattants opposés au régime du président Bachar el-Assad lors de luttes intestines sanglantes.

Des informations circulent à l'effet que M. al-Gharib a quitté Calgary en 2012 pour se joindre à la myriade de groupes qui tentent, depuis bientôt trois ans, de déloger M. el-Assad du pouvoir.

De passage à Washington, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a fait savoir que ses responsables étaient au courant de la nouvelle faisant état du décès de M. al-Gharib.

Il a cependant ajouté qu'il ne pourrait être qu'un parmi plusieurs Canadiens à prendre part à des combats outre-mer.

«Je n'ai pas de faits précis, (mais) nous ne serions pas surpris d'apprendre qu'il y a probablement plus d'un Canadien se battant avec l'opposition, a confié M. Baird. Nous sommes à l'écoute des informations qui ont circulé aujourd'hui, et nous continuerons de les suivre d'aussi près que possible.»

Selon Tahera Mufti, porte-parole du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), l'auto-radicalisation - particulièrement celle parmi les gens prenant la route de la guerre civile en Syrie - demeure une importante source d'inquiétude pour le service de renseignement.

«Je peux dire que le phénomène des Canadiens prenant part à des activités extrémistes outre-mer est sérieux, et la Syrie est devenue une destination d'importance pour de telles personnes, a-t-elle déclaré. Des dizaines de Canadiens auraient voyagé, ou envisagent de voyager, dans des régions du monde où ils peuvent s'engager dans des activités terroristes.»

Les premières nouvelles selon lesquelles M. al-Gharib, connu dans les cercles militants sous le nom de Abu Talha al-Canadi, ont d'abord apparu sur Twitter mardi matin, par l'entremise d'un combattant djihadiste d'origine américaine qui, semble-t-il, le connaissait personnellement. Dans son gazouillis, il a écrit que «Abu Talha al-Canada avait été exécuté par l'ASL».

Un autre message liait M. al-Gharib aux groupe rebelle État islamique en Irak et au Levant (EIIL), une organisation militante qualifiée de pure et dure qui livre des combats en Irak et en Syrie. Mais d'autres médias associaient plutôt M. al-Gharib au Front al-Nosra, un groupe distinct et nébuleux.

Les deux organisations sont classées comme groupes terroristes, et seraient liées à al-Qaïda.

Une source rebelle en Syrie, qui s'est confiée sous le sceau de l'anonymat par crainte pour sa sécurité, a confié que M. al-Gharib a été tué lors «d'une attaque surprise à sa base» et prétend que les combattants étrangers sont maintenant ciblés de façon aléatoire par d'autres forces rebelles, en plus de celles fidèles à Bachar el-Assad.




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