La marque libérale en voie de réhabilitation

Le ciel électoral est en train de s'éclaircir... (Photo Sean Kilpatrick, La Presse)

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Le ciel électoral est en train de s'éclaircir pour le parti de Justin Trudeau.

Photo Sean Kilpatrick, La Presse

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(Ottawa) Puni par les électeurs au scrutin de 2006 après le scandale des commandites, relégué au troisième rang à la Chambre des communes pour la première fois de son histoire aux élections de 2011, le Parti libéral semblait condamner à un long purgatoire sur les banquettes de l'opposition.

Mais l'arrivée, en avril, de Justin Trudeau aux commandes du «natural governing party» semble avoir changé la donne.

Au point où certains observateurs croient que la marque libérale est en voie d'être réhabilitée, même dans les provinces de l'Ouest, où le PLC doit immanquablement faire des gains s'il veut reprendre le pouvoir un jour.

Les résultats des élections partielles de cette semaine tendent à démontrer que la reconstruction du parti est bien engagée. Certes, de bons résultats dans quatre circonscriptions n'annoncent pas forcément une victoire durant des élections générales. Les stratèges libéraux sont d'ailleurs les premiers à l'admettre. Mais il n'en demeure pas moins que le ciel électoral est en train de s'éclaircir:

> Lundi soir, le Parti libéral a conservé ses châteaux forts de Bourassa et de Toronto-Centre sans difficulté. Mais il est aussi venu à un cheveu de damer le pion au Parti conservateur dans Brandon-Souris, au Manitoba. Dans cette circonscription, détenue par les conservateurs au cours des 60 dernières années, sauf entre 1993-1997, seulement 400 voix séparaient le libéral Rolf Dinsdale (42,8%) du vainqueur Larry Maguire (44,2%). En 2011, le candidat libéral avait obtenu à peine 5% des suffrages. Dans Provencher, le candidat libéral Terry Hayward (29,9%) était le principal adversaire du conservateur Ted Falk (58,2%).

> Le 13 mai, la candidate libérale Yvonne Jones a servi une raclée à l'ancien ministre conservateur Peter Penashue dans la circonscription de Labrador, à Terre-Neuve. Élu en 2011 dans ce bastion libéral, M. Penashue avait démissionné en mars après avoir reconnu qu'il avait enfreint la Loi électorale en dépassant la limite des dépenses permises. M. Jones a récolté 47,99% des voix contre 32,4% à M. Penashue.

> Le 26 novembre 2012, le Parti libéral est venu près d'arracher la circonscription de Calgary-Centre au Parti conservateur. La candidate conservatrice Joan Crockatt a remporté la victoire avec 36,87% des suffrages contre 32,68% au libéral Harvey Locke. À l'époque, Justin Trudeau était simple candidat dans la course au leadership du Parti libéral. Historiquement, le Parti conservateur a remporté cette circonscription avec plus de 50% des voix, laissant des grenailles aux autres partis.

> De nombreux sondages publiés depuis six mois placent les libéraux de Justin Trudeau en tête dans les intentions de vote au pays. Encore hier, le quotidien The Globe and Mail publiait un coup de sonde accordant 35% des voix au Parti libéral contre 29% au Parti conservateur et 26% au NPD, malgré la brillante performance de Thomas Mulcair aux Communes dans le scandale des dépenses au Sénat.

> Autre élément intéressant, le Parti libéral a mis au point une machine capable de recueillir davantage de fonds pour financer ses activités et une éventuelle campagne électorale. Cette machine n'est pas encore aussi efficace que celle des conservateurs, mais elle constitue une amélioration comparativement à ce qui existait auparavant.

Du pain sur la planche

En privé, les stratèges libéraux affirment que les vents favorables qui soufflent sur le parti sont entièrement attribuables au nouveau chef. Leur défi est de s'assurer que la popularité de leur leader imprègne durablement celle du parti. Mais ils reconnaissent que la partie est loin d'être gagnée. À environ deux ans des prochaines élections, ils doivent aussi élaborer un programme politique crédible et recruter des candidats solides en prévision de la campagne de 2015.

Aussi, ils savent que les Thomas Mulcair et Stephen Harper sont des politiciens redoutables et ils n'ont évidemment pas dit leur dernier mot. Au fur et à mesure que l'on s'approchera du prochain scrutin, ils ne feront aucun cadeau à un jeune chef qui compte encore peu d'expérience. D'autant plus que M. Trudeau a eu à corriger le tir à quelques reprises depuis son arrivée à la tête du parti, après avoir tenu des propos maladroits sur certains enjeux.




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