Lutte à l'itinérance: Québec dénonce les orientations du fédéral

Un nouveau programme, centré sur l'approche «Logement d'abord»,... (Photo Olivier Pontbriand, Archives La Presse)

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Un nouveau programme, centré sur l'approche «Logement d'abord», devrait prendre le relais dans le domaine de l'aide apportée aux itinérants.

Photo Olivier Pontbriand, Archives La Presse

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(MONTRÉAL) Des organismes communautaires accompagnés de la ministre déléguée aux services sociaux Véronique Hivon ont de nouveau dénoncé les modifications au programme de lutte à l'itinérance financé par Ottawa, hier.

Dans son budget du printemps dernier, le gouvernement fédéral a reconduit la Stratégie des partenariats de lutte contre l'itinérance (SPLI) mais a annoncé qu'il donnerait la priorité à une approche du «Logement d'abord», à partir de 2014.

Ottawa compte donc fournir en premier lieu un logement aux personnes sans-abri pour ensuite leur offrir de l'aide telle que l'accès à des services en santé mentale, indique le plan d'action gouvernemental.

Le réseau Solidarité itinérance du Québec (RSIQ) craint que les projets qui ne cadrent plus avec l'approche du fédéral ne soient plus financés ce qui nuirait à la diversité des solutions pour lutter contre l'itinérance. «On demande tout simplement au gouvernement de maintenir un programme qui fonctionne...il ne peut pas y avoir uniquement une seule réponse à apporter», a déclaré Pierre Gaudreau président du réseau.

Québec a aussi dénoncé la décision d'Ottawa avec des arguments plus politiques. «À mes yeux, c'est manque de considération pour l'organisation spécifique que l'on a ici [au Québec] en matière d'itinérance», a déclaré la ministre déléguée Hivon. La décision fédérale va à l'encontre des orientations et des manières de faire québécoises dans un domaine qui est de compétence du Québec».

La ministre a souligné qu'il y avait un consensus québécois sur la question et a rappelé qu'une motion a été adoptée à l'unanimité à l'Assemblée nationale le 30 avril dernier pour dénoncer l'intention d'Ottawa. 

La Ville de Montréal s'était aussi prononcée, à l'unanimité également, contre la modification de la SPLI au printemps. « On espère que le gouvernement changera d'avis ça ne nous apparaît pas comme étant un pas dans la bonne direction» a réitéré Émilie Thuillier Vice-présidente du comité exécutif de la Ville de Montréal jointe au téléphone hier soir.

Le cabinet du ministre de l'Emploi et du Développement social Jason Kenney a assuré à La Presse hier qu'il n'y aurait aucune coupure ou réduction de l'aide apporté aux organismes communautaires. 

Alexandra Fortier, porte-parole au cabinet du ministre Kenney, a indiqué que 35% de l'enveloppe de la SPLI sera accordée aux organismes pour financer les projets que ces derniers jugent prioritaires. Ainsi, 65% de l'enveloppe servira à financer les projets qui s'inscrivent dans l'approche du retour en logement des personnes sans-abri. « C'est une approche qui fonctionne et qui a fait ses preuves», a-t-elle expliqué.

Le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) organise un rassemblement le 12 septembre prochain devant le complexe Guy-Favreau pour interpeller le ministre Kenney.

En chiffres:

Les organismes communautaires soutenus par la SPLI viennent en aide à 50 000 personnes au Québec, chaque année selon le RSIQ.

La Stratégie des partenariats de lutte contre l'itinérance est un programme de financement fédéral qui existe depuis 12 ans.

Le Plan d'action économique de 2013 propose l'octroi de 119 millions de dollars par année sur cinq ans, de mars 2014 à mars 2019

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