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Financement des infrastructures: Ottawa rejette la demande de Québec

Dans son dernier budget, le ministre des Finances... (Photo d'archives La Presse Canadienne)

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Dans son dernier budget, le ministre des Finances Jim Flaherty (à gauche) a annoncé un investissement de 53 milliards sur 10 ans dans le programme Chantiers Canada. Hier, son homologue aux Transports, à l'Infrastructure et aux Collectivités, Denis Lebel (a droite), a rejeté la demande de Québec qui voulait recevoir en un seul versement la totalité de la somme qui lui reviendra.

Photo d'archives La Presse Canadienne

(Ottawa) Le gouvernement Harper écarte l'idée de transférer en bloc au Québec la part des investissements qui lui reviendra dans le cadre du nouveau programme fédéral d'infrastructures, qui commencera en avril 2014.

Le ministre fédéral des Transports, Denis Lebel, a confirmé cette décision du gouvernement conservateur dans une lettre envoyée hier au ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau.

M. Marceau avait formellement demandé à Ottawa, le 23 mai, le transfert des sommes qui doivent être versées au Québec dans le cadre du nouveau programme, annoncé dans le dernier budget du ministre des Finances Jim Flaherty.

La réponse est tombée hier. Dans une entrevue accordée à La Presse, M. Lebel a indiqué qu'Ottawa continue de privilégier les ententes administratives avec toutes les provinces, y compris le Québec.

Les provinces auront encore toute la latitude pour déterminer les projets qu'elles jugent prioritaires, a tenu à préciser M. Lebel, qui est également ministre des Affaires intergouvernementales.

La formule des ententes administratives a fait ses preuves dans le passé, a ajouté le ministre, peu importe le gouvernement au pouvoir à Québec ou à Ottawa.

«Nous avons à gérer un programme qui est pancanadien. Aussi, ce sont des taxes et des impôts qui sont prélevés par le gouvernement du Canada. Alors, nous croyons qu'il faut continuer à travailler avec la même formule, bien sûr tout en respectant les compétences et les priorités des provinces. Mais nous voulons continuer à avoir un droit de regard, comme nous le faisons pour l'ensemble des provinces», a affirmé le ministre Lebel.

Il a ajouté que des ministres du gouvernement péquiste de Lucien Bouchard n'avaient eu aucune hésitation à signer des ententes administratives avec le fédéral dans le passé pour le programme d'infrastructures.

«Nous voulons continuer à être un bon partenaire avec le Québec. Je ne vois pas pourquoi cela devrait être différent maintenant. Je ne veux surtout pas créer une chicane. Bernard Landry a déjà dit à l'époque: "Pourquoi réparer quelque chose qui fonctionne bien?" Nous pensons que la formule actuelle fonctionne bien», a-t-il dit.

M. Lebel a tenu à souligner que les révélations troublantes au sujet de l'industrie de la construction du Québec devant la commission Charbonneau n'ont pas été un facteur. «C'était notre position avant le début des travaux de la commission. C'est encore notre position aujourd'hui.»

Plusieurs milliards en jeu

Dans son dernier budget, le gouvernement Harper s'est engagé à investir 53 milliards dans le programme Chantiers Canada sur une période de 10 ans. De cette somme, 10 milliards serviront à financer les priorités des provinces en matière d'infrastructures. Ce volet comprendra un financement de base pour chaque province et territoire. En principe, le Québec devrait toucher environ le quart de cette somme.

Une autre tranche de 22 milliards, puisée à même le Fonds de la taxe sur l'essence, sera indexée et sera mise à la disposition des municipalités pour les infrastructures.

M. Lebel a indiqué qu'il compte sillonner le pays cet été dans l'espoir de faire avancer les pourparlers entre Ottawa et les provinces sur le prochain programme. «Je veux que les villes soient en mesure de recevoir l'argent rapidement. Elles nous ont toutes dit qu'elles ne veulent pas rater une saison de construction. C'est pour cette raison que nous avons annoncé le programme très tôt dans le budget», a dit l'ancien maire de Roberval.

«Nous avons un agenda de création d'emplois et de croissance économique. Je sais que le gouvernement Marois a un agenda de gouvernance souverainiste. Mais je pense qu'il faut faire passer les besoins de la population avant tout», a-t-il dit.




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