Sables bitumineux: pas de discussions sur l'impact écologique

Une vue aérienne de la mine de sables... (Photo Reuters)

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Une vue aérienne de la mine de sables bitumineux Syncrude près de Fort McMurray en Alberta.

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(Ottawa) L'impact environnemental de l'industrie des sables bitumineux ne sera pas abordé lors des audiences publiques sur l'inversion du flux du pipeline d'Enbridge vers Montréal, une situation que dénoncent les groupes écologistes.

La société albertaine souhaite que son oléoduc 9B, qui relie Montréal à Sarnia, en Ontario, soit inversé de manière à expédier pétrole de l'Ouest vers les raffineries du Québec. S'il obtient le feu vert des autorités fédérales, le pipeline transportera surtout du brut léger vers le Québec. Il pourra aussi acheminer du bitume dilué, un dérivé des sables bitumineux.

Les écologistes se mobilisent pour bloquer le projet, arguant qu'il contribuera à l'expansion de l'industrie des sables bitumineux, déjà à l'origine de 7% des émissions canadiennes de gaz à effet de serre.

Or, l'impact de cette industrie sera complètement évacué des audiences publiques, dénoncent-ils. L'organisme fédéral qui dirige cette consultation, l'Office national de l'énergie, le précise sans détour dans les documents qu'il a rendus publics cette semaine.

« L'Office ne se penchera ni sur les effets environnementaux et socioéconomiques associés aux activités en amont, ni sur l'exploitation des sables bitumineux ou l'utilisation en aval du pétrole transporté par le pipeline », écrit-il.

Le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin, s'explique mal cette omission, car l'inversion du flux du pipeline 9B va contribuer à alourdir le bilan canadien des GES en encourageant l'exploitation des sables bitumineux.

« En amont, toute la production des sables bitumineux, on fait comme si elle n'existait pas alors qu'on sait que c'est la principale problématique environnementale au Canada », dénonce M. Bonin.

La porte-parole de l'Office national de l'énergie, Whitney Punchak, indique que l'organisme a le mandat d'étudier les impacts environnementaux du pipeline lui-même, mais pas les impacts liés à la production pétrolière. Pour changer les choses, il faudrait que le gouvernement fédéral modifie la loi qui a constitué l'organisme.

« Ce n'est pas dans la loi et, donc, nous ne considérons pas les dossiers de production et de politique sur les émissions de gaz à effet de serre dans nos évaluations », a indiqué Mme Punchak.

Enbridge a tenu plusieurs rencontres d'information sur son projet au cours des derniers mois, et la question des émissions de GES de l'industrie pétrolière a été abordée à plusieurs reprises, explique son porte-parole, Éric Prud'homme. Cela dit, l'entreprise rappelle qu'elle n'est pas active dans les sables bitumineux. Elle ne fait que transporter la matière une fois extraite.

« Nous ne sommes pas un producteur de sables bitumineux, explique M. Prud'homme. Dans un forum où on parle de transport, on est ouvert à cela. Mais lorsqu'on parle d'extraction et de production, on pointe dans la mauvaise direction. »

L'Office national de l'énergie tient une rencontre à Montréal, jeudi soir, pour expliquer aux personnes intéressées comment prendre part aux audiences publiques. Le dépôt des mémoires et les présentations orales auront lieu cet été.

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