Demandes de résidence permanente: la confusion règne

Le ministre de la Citoyenneté, de l'Immigration et... (Photo Reuters)

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Le ministre de la Citoyenneté, de l'Immigration et du Multiculturalisme, Jason Kenney, devait procéder à des changements pour rendre le système plus efficace.

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Des demandeurs de résidence permanente au Canada sont sans nouvelles de leur dossier depuis bientôt deux ans, après la fermeture d'un centre de traitement du ministère de l'Immigration. Cette situation illustre l'état actuel du système, selon des experts.

Les personnes touchées avaient acheminé leur dossier au consulat de Buffalo, qui a fermé ses portes en août, dans la foulée des compressions budgétaires du gouvernement fédéral. Depuis, plusieurs de ces dossiers auraient été confiés à un centre de traitement d'Ottawa. D'autres seraient dans des consulats de New York et de Detroit. Mais les personnes concernées ignorent ce qui se passe réellement: elles sont incapables de parler à des fonctionnaires et leurs questions restent sans réponse.

«Je suis resté une fois quatre heures à attendre une ligne. Je n'ai jamais eu de ligne avec eux. Jamais. Et quand je leur écrivais, ils me renvoyaient toujours un message informatisé pour me dire que tout allait bien», explique Pierre (nom fictif), qui peine à retenir ses larmes.

Cet Européen est arrivé au pays avec un visa d'études en 2009. Il a fait une demande au programme de travailleurs qualifiés sélectionnés par le Québec en mai 2011. Depuis, plus rien. Pourtant, la portion québécoise du processus n'avait pris que quelques semaines.

Celui qui réside à Montréal avec sa conjointe est sans permis de travail depuis janvier. Un autre demandeur nous a indiqué que son permis de travail expirait dans quelques mois. «Si je n'ai rien reçu, je perdrai mon emploi», a-t-il dit.

Des forums de discussion sur l'internet regorgent de témoignages de gens au Québec et ailleurs au Canada qui, comme Pierre, sont dans l'ignorance quant à l'état de leur demande et leur avenir au pays. Un groupe autobaptisé Les oubliés de Buffalo rassemble plusieurs francophones qui habitent le Québec. Plus d'une dizaine d'entre eux, parfois aussi leurs avocats, ont pris contact avec nous dans les derniers jours pour dénoncer la situation.

Dans plusieurs de ces cas, les demandes ont été faites entre les mois d'avril et d'août 2011, parfois même avant. Les personnes visées s'inquiètent entre autres de voir d'autres demandeurs recevoir leur visa de résident temporaire même si leur dossier est plus récent.

Problème plus large

Le ministère de l'Immigration n'a pu nous dire combien de gens exactement étaient dans cette situation. Certains avocats spécialistes de l'immigration avec qui nous avons discuté parlent de milliers de cas.

Selon Isabelle Dongier, avocate spécialisée dans le domaine de l'immigration au bureau montréalais de Fasken Martineau, la situation illustre un problème plus large: la transition se fait difficilement au sein du Ministère depuis plusieurs mois. Dans la foulée des compressions budgétaires du dernier budget, entre autres, des bureaux comme le centre de traitement de Buffalo ont fermé leurs portes; des centres de services à la clientèle ont réduit leur personnel ou ont été fermés et des centres d'appels ont affiché des taux de réponse faméliques de 9%.

«Ma lecture globale, c'est que le gouvernement canadien veut faire de la rationalisation, réduire ses coûts, a noté Me Dongier. Et là, c'est en train de se faire au détriment de la clientèle, c'est clair. On construit des forteresses autour des bureaux qui traitent des dossiers.»

La porte-parole adjointe du Nouveau Parti démocratique en matière d'immigration, Sadia Groguhé, renchérit en soulignant la promesse du ministre Jason Kenney de faire tous ces changements pour rendre le système plus efficace: «On s'aperçoit, quelques mois, quelques semaines après, que c'est tout l'inverse qui se produit», dit-elle.

Au ministère de l'Immigration, on a expliqué que «la majorité» des demandes de résidence permanente du consulat de Buffalo «a été confiée au Centre de traitement des demandes pilote d'Ottawa (CTDP-Ottawa)».

Ces explications sont restées d'ordre général. «Le traitement de toutes les catégories de demandes de résidence permanente a continué de se faire depuis les quatre derniers mois au CTDP-Ottawa», a-t-on affirmé.

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