Maxime Bernier s'en prend à Trudeau

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«Ce n'est pas avec des slogans creux qu'on gouverne un pays», estime le ministre conservateur Maxime Bernier.

La Presse Canadienne

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(Ottawa) Justin Trudeau utilise des «slogans creux» pour séduire la classe moyenne, mais il ne propose rien de crédible, sur le plan économique, qui pourrait lui donner de l'oxygène, estime le ministre d'État aux petites entreprises, Maxime Bernier.

Si les conservateurs de Stephen Harper se sont montrés discrets jusqu'ici au sujet de la candidature du jeune député de Papineau à la direction du Parti libéral du Canada, M. Bernier a mis fin à ce silence en critiquant sans ménagement certains passages du discours qu'a prononcé M. Trudeau au lancement de sa campagne à Montréal, mardi dernier.

Dans ce discours, M. Trudeau a soutenu que la classe moyenne joue un rôle déterminant dans la croissance de l'économie. «Il ne faut jamais oublier que la croissance et le progrès passent d'abord et avant tout par une classe moyenne prospère, a-t-il notamment affirmé. Une classe moyenne prospère nous permet d'envisager l'avenir avec optimisme et de créer des opportunités pour ceux d'entre nous qui sont moins fortunés. Elle permet de créer un marché robuste pour nos entreprises.»

«Les grands succès économiques récents sont l'histoire du succès de la classe moyenne, a-t-il ajouté. La Chine, l'Inde, la Corée du Sud et le Brésil, pour ne nommer que ceux-là, ont connu du succès parce que des millions de gens se sont ajoutés à la classe moyenne.»

Le ministre Maxime Bernier croit que M. Trudeau fait fausse route. «C'est le monde à l'envers! Ce n'est pas parce que leur classe moyenne a crû que la Chine et l'Inde, notamment, sont devenues des succès économiques. C'est plutôt parce que ces pays ont d'abord connu une importante croissance économique que leur classe moyenne a pu se développer.»

«Et pourquoi ont-elles connu une importante croissance économique? Parce qu'au cours des dernières décennies leurs gouvernements ont abandonné les vieilles politiques socialistes et dirigistes et ont libéralisé leur économie. Ils ont davantage misé sur l'entreprise privée, l'ouverture des marchés et une fiscalité plus raisonnable au lieu de chercher à tout contrôler et à étouffer l'innovation par la réglementation, la planification bureaucratique et les interdits.»

Dans une entrevue avec La Presse, M. Bernier a dit qu'il ne s'attendait pas à ce que Justin Trudeau, au début de sa campagne, fasse des propositions précises. Mais les propos tenus par l'aspirant chef libéral au sujet de la classe moyenne l'ont convaincu de sortir de son mutisme.

«Justin Trudeau confond la cause avec l'effet en matière de développement économique. C'est la seule vision de nature économique qu'on trouve dans son discours de lancement de campagne. Voilà qui est de mauvais augure. Ce n'est pas avec des slogans creux qu'on gouverne un pays», a lancé M. Bernier.

L'entourage de Justin Trudeau a fait peu de cas de cette sortie du ministre conservateur. «M. Bernier est 10 jours en retard. Les gens ont soif pour autre chose que la politique de basse-cour des conservateurs. Ce n'est pas pour rien qu'il y a tant d'intérêt autour de la candidature de Justin. Et la campagne ne fait que commencer», a dit un proche collaborateur qui a requis l'anonymat.

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