Harper, objet d'une enquête du SCRS?

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(Ottawa) Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) a-t-il enquêté sur Stephen Harper lorsqu'il était conseiller de Preston Manning, alors chef du Parti réformiste, à la fin des années 80 et au début des années 90?

Le SCRS refuse de confirmer ou d'infirmer s'il détient des documents démontrant que M. Harper, premier ministre depuis 2006, a déjà fait l'objet d'une enquête secrète de la part de ses agents.

La Presse a demandé au SCRS en février de lui fournir, en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, tous les documents en sa possession pouvant démontrer que M. Harper a fait l'objet de surveillance par des enquêteurs entre le 1er janvier 1988 et le 31 décembre 1995.

M. Harper a agi à titre de conseiller de M. Manning à la fin des années 80 avant d'être élu député réformiste en 1993.

«Conformément au paragraphe 10 (2) de la Loi sur l'accès à l'information, nous ne pouvons ni confirmer ni infirmer l'existence des documents demandés concernant M. Harper. (...) Nous vous mentionnons cependant (...) que si ces documents existaient, ils pourraient vraisemblablement faire l'objet d'exceptions en vertu d'un ou plusieurs des articles de la Loi», affirme le SCRS dans une lettre datée du 5 avril.

L'un des articles cités est le 15 (1) qui traite des «efforts déployés par le Canada pour réprimer des activités hostiles ou subversives».

Infiltrer le Parti réformiste

Rappelons qu'en 1989-1990, le SCRS a tenu un dossier qui s'intitulait simplement «Preston Manning» pendant une période de trois mois. À l'époque, le SCRS cherchait à savoir si un gouvernement étranger avait versé jusqu'à 45 000$ à Preston Manning et au Parti réformiste afin de donner un coup de main à M. Manning pour défaire l'ancien ministre des Affaires étrangères Joe Clark dans sa propre circonscription de la région de Calgary, aux élections de 1988. Le SCRS n'a jamais pu confirmer ces allégations.

Mais le SCRS avait aussi recruté et payé un adepte de la suprématie blanche, Grant Bristow, pour infiltrer le Parti réformiste. M. Bristow, qui avait contribué à la fondation du groupe néo-nazi Heritage Front, avait participé à la planification des mesures de sécurité pour deux rassemblements majeurs du Parti réformiste en 1991 et 1992 et avait servi de garde du corps à Preston Manning à quelques occasions.

Dans un rapport sur cette affaire publié en décembre 1994, le comité de surveillance du SCRS avait affirmé que l'agence était justifiée de pratiquer l'espionnage de groupes qui préconisent la suprématie de la race blanche, mais que l'une des sources du SCRS était allée trop loin en infiltrant le Parti réformiste.

Toutefois, le rapport concluait que le SCRS n'avait pas espionné le Parti réformiste en tant que tel, une affirmation qu'ont toujours mise en doute Preston Manning et ses députés de l'époque. M. Manning avait déclaré que toute cette controverse avait les allures d'un «Watergate canadien».

Rappelons que la Gendarmerie royale du Canada (GRC), autrefois responsable du service de renseignement jusqu'en 1984, a espionné pendant trois décennies l'ancien premier ministre de la Saskatchewan et premier chef du NPD, Tommy Douglas. Des agents assistaient à ses discours, analysaient ses écrits, et ses conversations privées étaient interceptées.

Le SCRS refuse depuis des années de rendre publics les renseignements qui ont été colligés. L'organisme soutient que le dévoilement des documents pourrait menacer la vie d'informateurs et que ses activités pourraient être compromises. Le SCRS souligne que des informateurs qui ont participé à la surveillance du politicien, décédé en 1986, sont toujours en service et que des techniques d'enquête pourraient être minées.

- Avec William Leclerc




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