Les statistiques sur le crime sont inexactes selon Stockwell Day

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Stockwell Day s'est dit très préoccupé par l'augmentation du nombre de crimes que les citoyens ne rapportent pas à la police. Des omissions qu'il a qualifiées d'«alarmantes».

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Ottawa

Alors que les statistiques démontrent que la criminalité est en baisse au pays, le ministre fédéral Stockwell Day a justifié mardi l'investissement de milliards de dollars dans les prisons par le nombre d'actes criminels non rapportés à la police.

M. Day, qui préside aussi le Conseil du trésor, s'est dit très préoccupé par l'augmentation du nombre de crimes qui ne font pas l'objet de plaintes.

Des omissions qu'il a qualifiées d'«alarmantes». Et qui font en sorte que les statistiques sur la criminalité sont inexactes selon lui.

«Pour je ne sais trop quelles raisons, les gens ne rapportent tout simplement pas les crimes. Ces chiffres sont inquiétants et démontrent que nous ne pouvons adopter une approche libérale envers le crime», s'est ainsi justifié M. Day.

Devant des journalistes perplexes, il a expliqué qu'en répondant aux questions des sondages au sujet des crimes, de nombreux citoyens indiquent ne pas avoir rapporté à la police certains actes criminels dont ils ont été victimes.

Questionné à savoir si les statistiques qui font état de la baisse d'activités criminelles sont un mythe, le ministre a évité de répondre, soutenant que le nombre de crimes est toujours très élevé, plus élevé même que dans les années 1960.

Pourtant, la dernière compilation de Statistique Canada sur les crimes rapportés à la police établit que le volume et la gravité des crimes ont reculé au Canada en 2009. En fait, le taux de criminalité s'est replié de 3 pour cent cette année-là.

Une baisse qui se poursuit depuis le début des années 1990.

On compte ainsi moins de meurtres, d'agressions sexuelles et de vols.

Alors que M. Day n'a pas précisé lors du point de presse d'où il tenait ses chiffres sur les crimes non rapportés, son bureau a indiqué par la suite qu'ils provenaient d'un sondage particulier mené par Statistique Canada et intitulé l'«enquête sociale générale».

On peut y lire que seulement 34 pour cent des crimes - toutes catégories confondues - auraient été portés à l'attention de la police en 2004 alors que 37 pour cent d'entre eux auraient été rapportés en 1999. Le taux de plaintes à la police pour les crimes violents est demeuré stable durant cette même période.

C'est pourquoi le gouvernement va continuer de plaider en faveur de peines de prisons plus sévères et plus longues et aussi de nouveaux pénitenciers, a expliqué M. Day.

«Mais si vous ne rapportez pas un crime, personne n'ira en prison!», s'est exclamé le député néo-démocrate Don Davies. «Alors on n'a pas besoin de nouvelles prisons!», fait-il remarquer.

«Parce que le taux de crime diminue, cela cause des problèmes aux conservateurs parce que leur approche envers le crime est basée sur la perpétuation de la peur chez les Canadiens que le crime est en hausse. Mais ce n'est pas le cas», résume M. Davies. «Alors ils disent: »mais les crimes non rapportés eux, sont en hausse!«», constate-t-il.

Quant au libéral Mark Holland, il trouve que les propos de M. Day sont très dérangeants.

«Ils sont tellement désespérés de diriger l'attention sur les crimes qu'ils sont prêts à inventer des faits et espérer que les gens croient qu'il y a un fondement dans la réalité pour cette invention», a-t-il ironisé.

Le bureau du ministre de la Justice Rob Nicholson a prestement réagi par courriel aux propos de M. Holland.

«Contrairement aux libéraux, nous n'utilisons pas les statistiques comme excuse (en majuscule dans le texte) pour ne pas adopter une ligne dure envers les criminels. Pour le gouvernement, une seule victime de crime, c'est déjà trop», peut-on notamment y lire.

En répondant à l'enquête sociale générale, la principale raison citée pour ne pas avoir porté plainte à la police est que «le crime n'était pas assez important». Le crime le moins rapporté aux autorités est le vol.

Les chiffres sur les «crimes non rapportés» utilisés par M. Day pour justifier les milliards alloués aux prisons datent de 2004. Pourtant, il a affirmé lors du même point de presse - alors qu'il tentait de défendre la position de son gouvernement quant à l'abolition du caractère obligatoire du formulaire détaillé de recensement - que des chiffres qui datent d'il y a cinq ans ne sont pas fiables.

Notant que les pénitenciers actuels sont vétustes et mal adaptés, le président du Conseil du trésor a ajouté que de nouvelles prisons seraient plus efficaces et aptes à gérer les criminels dangereux qui se trouvent dans les rues.

M. Day a admis qu'il ne pouvait préciser le coût total de ces nouvelles prisons, mais qu'il est nécessaire de s'occuper de la criminalité.




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