Québécoise retenue en Arabie Saoudite: l'opposition réclame de l'action

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Cette photo de Nathalie Morin et de deux de ses trois enfants a été prise par sa mère Johanne Durocher, lors de sa dernière visite, en juillet.

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Marie Vastel
La Presse Canadienne
Ottawa

L'opposition unit sa voix à celle de la mère de Nathalie Morin pour demander au gouvernement conservateur d'agir immédiatement dans le dossier de cette Québécoise retenue contre son gré, avec ses trois enfants, par son conjoint en Arabie saoudite.

Accompagnée de députés des trois partis d'opposition, la mère de Nathalie Morin, Johanne Durocher, est venue réclamer une fois de plus, jeudi, l'intervention du gouvernement canadien afin de rapatrier dès que possible sa fille et ses trois petits-enfants.

Ne mâchant pas ses mots à l'égard du gouvernement de Stephen Harper, qui a «ignoré ou minimisé les mauvais traitements que vivent Nathalie et ses enfants» depuis cinq ans en Aarabie saoudite, Mme Durocher a qualifié de «honteuse» l'inaction du Canada.

«Chaque jour qui passe, je suis terriblement inquiète. La sécurité de ma fille est menacée et son état psychologique et physique, de même que celui des enfants, se détériorent. Et le ministre (des Affaires étrangères) Lawrence Cannon continue de considérer cette situation comme une "affaire privée", justifiant ainsi l'inaction honteuse du gouvernement canadien à la rapatrier sans délai. C'est non seulement inacceptable, c'est inhumain», a scandé Mme Durocher, en point de presse avant de comparaître en comité parlementaire.

Mme Durocher soutient que sa fille est victime, depuis 2005, de violence conjugale, de mauvais traitements, de viol et de séquestration de la part de son conjoint, qui est également violent avec ses enfants, dont l'aîné est né au Québec.

Arguant que les conservateurs se vantent à tout rompre qu'eux seuls défendent les droits des victimes, le néo-démocrate Thomas Mulcair a appelé le premier ministre et ses troupes à «joindre la parole aux actes».

Mais même si la famille de Mme Morin, l'opposition à Ottawa et l'Assemblée nationale à Québec ont réclamé son retour au pays, le gouvernement conservateur ne semble toujours pas enclin à intervenir.

En point de presse sur un autre sujet, le ministre Cannon a réitéré jeudi qu'il s'agissait d'un «cas familial» et que le gouvernement canadien se devait de respecter les «dispositions des lois qui sont en vigueur en Arabie saoudite».

«Le gouvernement du Canada suit le dossier de près, nous fournissons les services requis au moment approprié», a affirmé le ministre, qui n'a pas souhaité commenter davantage.

Son bureau a par la suite fait valoir que «lorsque les citoyens canadiens quittent le Canada, ils sont assujettis aux lois et coutumes qui régissent le pays où ils se rendent».

Mme Morin, qui est aujourd'hui âgée de 26 ans, refuse de laisser ses enfants derrière elle avec leur père, en Arabie saoudite, mais le consentement du père est nécessaire en vertu des lois saoudiennes.

«Il faut que le conflit familial soit réglé avant. On ne peut pas arracher les enfants du mari qui est dans ses droits là-bas», a pour sa part insisté la directrice des communications du ministre Cannon, Catherine Loubier.

Or, selon un professeur en droit international de l'Université de Montréal, Ottawa peut, et se doit, d'intervenir pour venir en aide à Mme Morin.

«D'invoquer le droit saoudien comme excuse pour ne pas faire tout ce qui est possible pour rapatrier Nathalie Morin relève de la mesure dilatoire. Parce que, en vertu du droit international, et ça tout pays y est soumis, le Canada a un droit d'intervenir dans des situations comme ici de violations graves des droits fondamentaux», a plaidé Stéphane Beaulac, qui accompagnait Mme Durocher lors de sa comparution devant le comité des droits de la personne.

De plus, Mme Morin n'a jamais légalement épousé son mari, Saeed Al Sharahni, au Québec avant de quitter pour l'Arabie saoudite, ont argué deux représentantes du Comité de soutien à Nathalie Morin, fondé en décembre dernier. Et le pays du Moyen-Orient n'a pas adopté la Convention de La Haye sur l'enlèvement international d'enfants, à laquelle se réfère le gouvernement canadien pour justifier sa position.

Plaidant que le «gouvernement fait tout en son pouvoir pour faciliter un dénouement heureux», le bureau du ministre Cannon a d'autre part fait savoir que ce dernier avait discuté de la situation de Mme Morin jeudi avec le vice-ministre de l'Intérieur de l'Arabie Saoudite, le Prince Mohammad Bin Naif Al-Saud, en visite au Canada.

L'entourage du ministre n'a cependant pas voulu préciser la teneur de la conversation.

Selon Mme Durocher, le mari de sa fille exige qu'elle l'aide à quitter l'Arabie saoudite, car ce dernier ne possède pas de passeport.

Et si le gouvernement canadien demandait formellement au gouvernement saoudien d'intervenir, celui-ci pourrait forcer M. Al Sharahni à laisser Mme Morin et ses enfants quitter le pays, estiment Mme Durocher et M. Beaulac.




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