Harper chercherait un successeur à Michaëlle Jean 

Michaëlle Jean a visité Haïti, suite au tremblement... (Photo: PC)

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Michaëlle Jean a visité Haïti, suite au tremblement de terre du 12 janvier, le 10 mars 2010.

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(Montréal) Malgré sa grande popularité auprès des Canadiens, le mandat de la gouverneure-générale, Michaëlle Jean, pourrait bientôt tirer à sa fin. Le premier ministre Steven Harper est activement à la recherche de son successeur a rapporté, ce matin, The Toronto Star.

Selon le quotidien anglophone, l'athlète en fauteuil roulant Rick Hansen a été approché, mais il aurait refusé pour se consacrer entièrement à sa fondation qui recueille des dons pour financer la recherche sur les lésions de la moelle épinière.

Interrogé à ce sujet, l'attachée de presse de Hansen, Erin McMillan, a déclaré que l'athlète n'avait pas reçu de demande «officielle» directement de la part de Harper. «M. Hansen a de très jeunes enfants et un agenda très chargé», a-t-elle toutefois précisé. Il y a 25 ans, ce dernier entreprenait sa célèbre tournée mondiale qui a duré deux ans. Pour souligner cet anniversaire, «il a pris beaucoup d'engagements dans les deux prochaines années avec la fondation», explique Erin McMillan.

La Constitution canadienne ne fixe pas de limites quant au mandat du gouverneur-général. Traditionnellement, les gouverneurs-généraux ont occupé cette fonction entre quatre et six ans. Michaëlle Jean a été nommée par l'ancien premier ministre libéral Paul Martin. Elle occupe ses fonctions depuis septembre 2005.

Comme le rapportait La Presse en janvier, Mme Jean aurait récemment fait savoir à l'entourage de Harper qu'elle aimerait demeurer en poste, mais cette option n'aurait pas suscité l'enthousiasme au sein des collaborateurs du premier ministre.

Différends

Sur la colline parlementaire, c'est un secret de polichinelle que les relations ont parfois été tendues entre la représentante de la reine et Harper depuis son arrivée au pouvoir en 2006. Dans les couloirs du Parlement, on chuchote que les conservateurs estiment qu'elle prend trop de place par rapport à son rôle symbolique de chef d'État.

Tout juste avant les élections fédérales de 2008, La Presse révélait que Michaëlle Jean était intervenue auprès du premier ministre pour que soit rapatrié le jeune Omar Khadr, emprisonné dans la prison de Guantánamo et accusé du meurtre d'un soldat américain en Afghanistan.

«Même si le premier ministre a nié la chose par la suite, l'affaire a largement été reprise dans les médias et ce fut sans doute perçu comme un affront», explique le professeur de droit constitutionnel à l'Université de Montréal, Stéphane Beaulac. «À l'instar de sa prédécesseure, Adrienne Clarkson, Michaëlle Jean a un style plus présent, moins effacé.»

En décembre 2008, Harper demande à Jean de proroger le Parlement pour éviter le renversement de son gouvernement minoritaire par une coalition formée des partis d'opposition. Elle accepte, mais après plus de deux heures de discussion à Rideau Hall.

«Plusieurs constitutionalistes réclamaient qu'elle n'acquiesce pas à sa demande», rappelle Stéphane Beaulac. «Il est difficile de savoir ce qui s'est réellement dit dans cette réunion, mais peut-être que cela n'a pas passé comme du beurre dans la poêle.»

Fait à noter, en janvier, Harper a de nouveau demandé la prorogation cette fois, au terme d'une brève conversation téléphonique.

Rappelons également qu'une polémique avait éclatée avant même son arrivée en poste lorsque son mari, Jean-Daniel Lafond, avait été décrit comme «un pur indépendantiste» dans une publication souverainiste.

Au bureau du premier ministre, on assure que la «relation de travail» entre le premier ministre et la gouverneure-générale est «excellente». «On ne commentera pas des spéculations», a déclaré l'attaché de presse de Steven Harper, Dimitri Soudas.

Lorsque questionné sur la durée du mandat de la gouverneure-général, M. Soudas a référé La Presse à Wikipédia, un site internet dont la fiabilité est souvent remise en doute au sein des communautés scientifiques, universitaires et médiatiques.

De son côté, l'attachée de presse de Michaëlle Jean, Marthe Blouin, a également refusé de commenter ces révélations. «Le choix du gouverneur-général est la prérogative du premier ministre», a-t-elle affirmé.

Candidats potentiels?

Selon un sondage Angus Reid mené en mars et cité dans le reportage du Toronto Star, 57% des Canadiens approuvent la performance de Michaëlle Jean à titre de représentante de la monarchie. Par ailleurs, 43% des répondants se sont dits en faveur de la prolongation de son mandat pour encore deux ans tandis que 40% s'y opposent.

Le quotidien rapporte également que l'ancien ambassadeur canadien aux États-Unis et ex-chef d'État-major de la défense du Canada, John de Chastelain et la chef autochtone Mary Simon, font partie des noms de candidats qui circulent à Ottawa. Selon le sondage mené par Angus Reid, Rick Hansen est toutefois le favori des Canadiens avec 50% des votes, suivi de de Chastelain, à 36%, et Simon, à 31%.

«Il me semble clair que le prochain choix de Harper partagera davantage ses idéaux conservateurs et je pense que sa laisse sera plus courte», a souligné Stéphane Beaulac. «Par ailleurs, je ne serais pas surpris qu'il soit Ontarien car c'est là que les conservateurs tentent d'obtenir des gains électoraux présentement.»




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