Brian Mulroney serait intervenu en faveur du projet Bear Head

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Jim Brown
La Presse Canadienne
Ottawa

Un ancien chef de cabinet de Brian Mulroney a affirmé qu'un premier ministre plutôt impatient l'avait personnellement assigné à surmonter la résistance bureaucratique à l'égard du projet de construction de véhicules blindés Bear Head, et à veiller à ce que l'entente aille de l'avant.

Jeudi, lors de son témoignage devant la commission d'enquête publique sur les relations entre Brian Mulroney et l'homme d'affaires germano-canadien Karlheinz Schreiber, Norman Spector a affirmé que M. Mulroney lui a donné ses ordres à cet effet dans le mois qui a suivi son arrivée au poste de chef de cabinet, durant l'automne de 1990.

Selon M. Spector, l'ex-premier ministre semblait alors très frustré. L'ancien chef de cabinet a en outre raconté être sorti de cette rencontre avec le sentiment que M. Mulroney voulait voir ce projet se concrétiser.

Le projet Bear Head, qui aurait mené à l'implantation d'une usine de la firme allemande Thyssen AG au Cap-Breton pour y faire construire et exporter des véhicules blindés, est au coeur de l'enquête présidée par le juge Jeffrey Oliphant.

M. Spector a également affirmé que son implication dans ce projet était exceptionnelle. Il a raconté qu'il s'agit de la seule occasion dont il se souvient où on lui a attribué ce type d'assignation au cours de l'année et demie qu'il a passée au poste de chef de cabinet.

Sa première démarche, a-t-il expliqué, a été de parler avec Robert Fowler, alors sous-ministre au ministère de la Défense, qui était sceptique à l'égard du projet Bear Head, et ce, depuis qu'il avait été présenté, en 1985.

«Je lui ai demandé directement s'ils (au ministère) nous faisaient perdre notre temps, a dit M. Spector. Sa réponse a été que leurs inquiétudes étaient très légitimes et qu'ils ne pensaient pas qu'il s'agissait d'un bon projet.»

M. Spector a également rencontré deux ministres qui étaient en désaccord à propos du projet, soit Bill McKnight, qui s'y opposait en tant que ministre de la Défense, et Elmer MacKay, alors à la tête de l'Agence de promotion économique du Canada atlantique, qui y était favorable.

Selon une note d'information sur la rencontre, rédigée par la suite par un représentant du ministère de la Défense, M. McKnight n'affichait pas un air amusé et l'intervention de M. Spector dans le dossier dépassait les limites.

Cette note a été une surprise pour M. Spector lorsqu'il en a pris connaissance, jeudi. Il a affirmé que son souvenir était que M. McKnight avait été passif et silencieux la plupart du temps lors de leur rencontre avec M. MacKay.

Après avoir consulté d'autres personnes, M. Spector est arrivé à la conclusion que  Bear Head coûterait aux contribuables 765 millions $ de plus que le prix déterminé par les partisans du projet, et que cela augmenterait le déficit budgétaire du gouvernement fédéral.

Norman Spector a ensuite fait part de ses découvertes à Brian Mulroney en décembre 1990. L'ancien premier ministre lui a répondu: «Alors, dans ce cas, le projet est mort.»




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