Le projet de Harper conspué

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(Ottawa) Les trois partis de l'opposition ont dénoncé unanimement hier l'intention du premier ministre Stephen Harper de combler les 18 postes vacants au Sénat avant Noël.

Le Parti libéral, le NPD et le Bloc québécois estiment que M. Harper s'apprête à violer sa promesse de nommer au Sénat des sénateurs qui auront été élus par la population.

En outre, ils soutiennent que M. Harper doit s'abstenir de faire de telles nominations, étant donné que son gouvernement minoritaire conservateur n'a techniquement plus la confiance de la Chambre des communes, même si les députés n'ont pas encore voté officiellement une motion de censure.

Les trois partis de l'opposition comptaient renverser le gouvernement conservateur lundi, mais le premier ministre Harper a réussi à contrer leur manoeuvre en demandant à la gouverneure générale Michaëlle Jean de proroger le Parlement jeudi dernier.

«C'est extrêmement cynique de la part de M. Harper de procéder à la nomination de sénateurs qui acceptent d'emblée tout le programme des conservateurs. Non seulement c'est extrêmement partisan comme type de nomination dans un Sénat qui est non élu, mais en plus, M. Harper pile sur ses propres principes. Pendant 30 mois, il nous a dit qu'il n'était pas question de nommer de sénateurs si le Sénat n'était pas réformé», a affirmé le député bloquiste Pierre Paquette.

Le Bloc québécois et le NPD réclament l'abolition pure et simple du Sénat.

Pour la sénatrice libérale Joyce Murray, porte-parole de son parti pour la réforme démocratique, M. Harper s'apprête à «faire passer ses intérêts politiques avant les inquiétudes et les besoins des Canadiens».

Déconnecté

«Les Canadiens sont inquiets pour leur épargne et leur gagne-pain, mais M. Harper semble absorbé par ses manoeuvres partisanes et obsédé par la sauvegarde de son propre emploi», a dit Mme Murray. «Cette décision ne restaurera pas la confiance des Canadiens ni du Parlement envers le premier ministre. Cela montre clairement à quel point M. Harper est déconnecté des difficultés réelles auxquelles notre pays est confronté en cette période d'incertitude économique.»

La députée néo-démocrate de Churchill, au Manitoba, Niki Ashton, a affirmé que cette décision de M. Harper de nommer de nouveaux sénateurs constitue une raison de plus pour les trois partis de l'opposition de tenter de le remplacer en janvier.

«Nous n'avons plus confiance en lui. Il promet quelque chose et fait le contraire. Il a promis de réformer le Sénat pour qu'il soit plus démocratique. Maintenant il veut aller à l'encontre de cette promesse», a dit Mme Ashton.

Selon le constitutionnaliste Stéphane Beaulac, le premier ministre Harper devrait attendre d'avoir soumis son gouvernement à un vote de confiance aux Communes avant de procéder à une vague de nominations au Sénat.

La gouverneure générale

«La confirmation des nominations de sénateurs relève de la gouverneure générale. Or, dans les présentes circonstances de crise, elle devrait attendre que les travaux de la Chambre reprennent le 26 janvier pour vérifier si le gouvernement Harper a toujours l'appui de la Chambre et parle au nom des Canadiens. Il veut faire des nominations alors qu'il est minoritaire et qu'il fait face à un vote de censure. Je plaiderais que c'est anticonstitutionnel et ce n'est pas loin d'être antidémocratique», a dit M. Beaulac.

Des proches collaborateurs de M. Harper ont soutenu hier qu'il incombe au gouvernement qui a été «légitimement élu» le 14 octobre de procéder à ces nominations. Ils ont confirmé que les futurs sénateurs seront des conservateurs qui appuient la réforme du Sénat. Ils ont rappelé que la coalition formée du Parti libéral et du NPD et soutenue par le Bloc québécois a promis de combler ces vacances si ces trois partis réussissent à déloger M. Harper du pouvoir et à former un gouvernement de coalition.

«Nous sommes toujours déterminés à réformer le Sénat, ce qui veut dire des sénateurs élus. Mais aussi longtemps que le Sénat ne pourra être réformé, les vacances au Sénat doivent être comblées par un gouvernement que les Canadiens ont élu, pas un gouvernement que les Canadiens ont rejeté», a affirmé un proche de collaborateur de M. Harper qui a requis l'anonymat.




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