À Ottawa, les députés se clament plus volontiers féministes qu'à Québec

Patty Hajdu a laissé entendre que Mme Thériault... (Photo archives La Presse Canadienne)

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Patty Hajdu a laissé entendre que Mme Thériault est en réalité une féministe qui s'ignore. Si vous vous battez pour l'égalité, dans les faits, vous êtes féministe, a-t-elle affirmé à son entrée aux Communes, à la reprise des travaux parlementaires.

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Fannie Olivier
La Presse Canadienne
Ottawa

Les députés fédéraux semblent beaucoup moins frileux à se qualifier de féministes que certains de leurs homologues provinciaux du Québec.

La semaine dernière, la ministre de la Condition féminine du Québec, Lise Thériault, en a étonné plus d'un en soutenant qu'elle était «beaucoup plus égalitaire que féministe».

Lundi, son homologue fédérale, Patty Hajdu, a laissé entendre que Mme Thériault est en réalité une féministe qui s'ignore.

«Si elle travaille pour l'équité entre les sexes, je dirais qu'en dépit de l'étiquette, elle est féministe», a lancé la ministre fédérale à son entrée aux Communes, à la reprise des travaux parlementaires.

À la veille de la Journée internationale des femmes, le premier ministre Justin Trudeau a répété lui aussi qu'il était féministe lors d'une table ronde avec le Huffington Post. «Je suis moi-même un féministe. Et je crois que nous avons besoin de nous assurer d'avoir l'équité salariale, l'égalité des sexes», a-t-il insisté. En janvier, à Davos, il avait d'ailleurs soutenu qu'il ne fallait pas «avoir peur» d'utiliser ce terme.

Les députés conservateurs et néo-démocrates interrogés à ce sujet dans le foyer de la Chambre de communes, lundi, se sont tous approprié le qualificatif. Pour le conservateur Gérard Deltell, dans la mesure où on parle d'égalité des sexes, il se dit «bien entendu» féministe.

Même son de cloche du côté du néo-démocrate Alexandre Boulerice, qui a blagué en affirmant que ce n'était vraiment pas si difficile que ça de prononcer ce mot. «Regardez, ça a sorti tout seul: »je suis féministe«», a-t-il ironisé. «Parce qu'on est en 2016, ça devrait être une évidence, et tout le monde devrait être capable de le dire», a ajouté le député montréalais.

La ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, a confié que de participer à des pré-consultations pour l'enquête sur les femmes et les filles autochtones assassinées et disparues l'a confortée dans ses convictions féministes. «Je le suis pour toutes les femmes qui sont vulnérables», a spécifié la ministre.

Même chose pour le chef néo-démocrate Thomas Mulcair. «Ça fait partie de ma définition du rôle principal d'un social-démocrate, et j'oserais dire, de toute personne qui est active en politique. C'est de réduire les inégalités dans notre société, a-t-il indiqué. Et une des inégalités qui perdure, c'est l'inégalité femme-homme.»

Mme Thériault n'est pas la seule au sein du gouvernement de Philippe Couillard à avoir été réticente à se qualifier de féministe. Sa prédécesseure à ce poste, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, s'est dite davantage «humaniste». M. Couillard lui-même a esquivé les questions des journalistes lui demandant s'il était féministe, précisant qu'il préférait ne pas s'embarquer dans «les étiquettes».

La ministre Thériault a rajusté le tir en publiant une lettre ouverte dans laquelle elle affirme être «féministe à (sa) manière».

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