La nomination de Rob Nicholson aux Affaires étrangères critiquée à Québec

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À Ottawa, le porte-parole du premier ministre Stephen Harper a défendu la nomination en faisant valoir sa grande expérience de M. Nicholson (notre photo). Avant d'occuper les Affaires étrangères, il a notamment été titulaire des portefeuilles de la Défense et de la Justice.

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(Québec) La nomination de Rob Nicholson comme ministre des Affaires étrangères a créé des remous à Québec, lundi, lorsque les partis de l'opposition ont sommé le gouvernement Couillard de condamner le choix d'un unilingue anglophone comme chef de la diplomatie canadienne.

Le gouvernement libéral s'est toutefois bien gardé de critiquer le choix de Stephen Harper. Par le biais de son attaché de presse, la ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, a indiqué qu'il est « souhaitable » que les ministres fédéraux maîtrisent les deux langues officielles.

« Cela dit, ça ne change rien aux priorités internationales du Québec, a indiqué le porte-parole de Mme St-Pierre, François Caouette. Ce que nous faisons à l'international, les dossiers qui nous préoccupent, ça ne change rien pour nous. »

M. Caouette a refusé de préciser pourquoi il est « souhaitable » que les ministres fédéraux soient bilingues. Il a dit que Québec souhaite établir une bonne relation de travail avec M. Nicholson.

Les partis de l'opposition se sont montrés beaucoup plus critiques à l'égard d'Ottawa. Le Parti québécois, la Coalition avenir Québec et Québec solidaire pressent tous le gouvernement Couillard de condamner cette nomination.

La députée péquiste Carole Poirier se dit « indignée » que le chef de la diplomatie canadienne ne parle pas l'une des deux langues officielles du pays. Elle reproche au gouvernement Harper d'occulter le fait français dans ses représentations à l'étranger.

« M. Couillard ou même la ministre des Relations internationales devraient communiquer au gouvernement canadien que la langue française doit être une priorité, a dit Mme Poirier. On ne peut pas se promener à l'international en ne parlant qu'une seule langue, bien qu'on a vu notre premier ministre faire un discours en Islande dans une seule langue. »

Du côté de la CAQ, le député Benoît Charette rappelle que le gouvernement Harper a exprimé le désir de jouer un rôle plus important au sein de la Francophonie. Le choix de M. Nicholson à la tête de la diplomatie canadienne lui apparaît donc « contradictoire » et « inconséquent ».

« Je ne m'attends pas à ce que le gouvernement du Québec déchire sa chemise sur cet enjeu puisque c'est une compétence qui revient au gouvernement fédéral, mais on peut certainement exposer notre inconfort et soulever la contradiction, a-t-il dit. Si le gouvernement Couillard pouvait en faire autant, ce serait souhaitable. »

La porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a qualifié de « scandaleux » le choix de M. Nicholson. À l'instar des autres députés de l'opposition, elle somme le gouvernement libéral à Québec de dénoncer la nomination.

« Ce serait une belle occasion [pour le gouvernement Couillard] de démontrer sa compréhension de l'identité, la culture et la langue du Québec, a-t-elle dit. Ce serait une excellente occasion de dire au gouvernement fédéral, de dire à M. Harper, franchement, est-ce que par hasard, ça vous aurait échappé qu'il y a deux langues officielles au Canada? »

À Ottawa, le porte-parole du premier ministre Stephen Harper a défendu la nomination en faisant valoir sa grande expérience de M. Nicholson. Avant d'occuper les Affaires étrangères, il a notamment été titulaire des portefeuilles de la Défense et de la Justice.

« Le ministre Nicholson est qualifié pour la position et a prouvé sa compétence dans les autres ministères qu'il a dirigés, a indiqué Carl Vallée. Je rappellerais également que le ministre responsable de la Francophonie est un Québécois francophone, Christian Paradis. »

- Avec la collaboration d'Hugo de Grandpré à Ottawa

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