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Un dernier milliard à sabrer par Québec

Le président du Conseil du trésor Martin Coiteux... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le président du Conseil du trésor Martin Coiteux a demandé au ministère des Finances et à d'autres de couper de 10% leurs budgets d'exploitation afin d'atteindre le déficit zéro.

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(Québec) On ressort la tronçonneuse, mais ce sera la dernière fois. Juste avant les Fêtes, le Conseil du trésor a transmis aux ministères ses attentes en matière de compressions budgétaires: une ultime ronde avant d'arriver à la cible du prochain budget, le déficit zéro. Mais il faudra que la machine gouvernementale livre 1 milliard supplémentaire en coupes.

Auprès de plusieurs ministères, La Presse a pu établir que le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, avait placé très haut la cible pour son dernier tour de chapeau. Bon nombre de ministres auront à sabrer 10% dans leurs budgets d'exploitation - les coûts administratifs, sans tenir compte des immobilisations ou des budgets de transferts.

Grosse commande aux Finances

Aux Finances, la commande est de 10% de compressions, et les gestionnaires se grattent la tête pour déterminer où le couteau pourrait bien passer de nouveau. Même scénario dans d'autres ministères relativement modestes en termes d'administration - le Travail, par exemple. Aux Transports, la commande est d'environ 8% de compressions, soit environ 40 millions, mais on ne touche pas au fonds autoroutier, la cagnotte qui finance les mégaprojets de construction. Des compressions costaudes sont aussi attendues des ministères du Développement économique, de la Justice et de la Sécurité publique.

Aux Affaires municipales, où on a déjà livré 300 millions de compressions dans les transferts aux municipalités, la commande est plus modeste: on parle de 3% pour cet ultime effort. Certains ministères s'en tirent avec les compressions déjà ciblées avant la dernière ronde - c'est le cas à l'Emploi et à la Sécurité sociale, par exemple. Le ministère de la Famille a déjà contribué avec une ponction importante de plus de 200 millions par année dans les subventions aux centres de la petite enfance (CPE).

Dans les réseaux de la santé et de l'éducation, deux contributeurs importants, on n'a pas encore fixé les objectifs - dans les «gros ministères», on ne peut penser à des compressions de 10%, explique-t-on. Mais même un objectif bien modeste en pourcentage donne un rendement important quand on l'applique au budget de la Santé, par exemple.

«L'objectif est de 1 milliard, les discussions sont en cours et les ministères annonceront leurs compressions en temps et lieu», s'est limitée à dire hier Marie-Éve Labranche, porte-parole du ministre Coiteux. Cette somme de 1 milliard représente 15% de l'effort nécessaire pour arriver à l'équilibre, un scénario détaillé dans le document déposé au début du mois de décembre par le ministre des Finances, Carlos Leitao.

Déjà, Philippe Couillard s'est engagé à ne plus agir du côté des revenus. Plus d'augmentation de taxes, de tarifs ou d'impôts à l'horizon; le résultat dépendra désormais uniquement des compressions de dépenses.

À mi-chemin

Au budget de juin, Québec avait annoncé un train de mesures qui l'amenait à 50% de son objectif de compressions. Dès le lendemain des élections, un gel de l'embauche avait été décrété, de même qu'une réduction de 10% des dépenses de publicité. Ainsi, le report du décaissement pour les honoraires des médecins, la réduction des crédits d'impôt aux entreprises, la hausse des droits sur le tabac et l'alcool et, surtout, une première série de compressions importantes de dépenses des ministères avaient fait faire la moitié du chemin au gouvernement.

Bien que le ministre Leitao n'ait pas voulu parler de minibudget, sa déclaration du début du mois de décembre n'en contenait pas moins une série de gestes importants. Le coût des services publics devait baisser de 1,1 milliard, la revue de programmes, celui des subventions aux CPE, notamment, devait livrer 736 millions pour un total de 2,4 milliards de compressions. M. Leitao ajouta alors 600 millions de réduction de dépenses fiscales - une autre série de coupes dans les crédits d'impôt aux entreprises et l'abolition d'abris fiscaux pour les contribuables qui feront en sorte, par exemple, que les cotisations syndicales ne seront plus déductibles.

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