Atribution de nouvelles places en garderie: Marois veut une enquête

Pauline Marois, chef du Parti québécois... (Photothèque Le Soleil Steve Deschênes)

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Pauline Marois, chef du Parti québécois

Photothèque Le Soleil Steve Deschênes

(Québec) Jean Charest doit «rappeler à l'ordre» le ministre de la Famille, Tony Tomassi, et mandater le Vérificateur général de faire enquête sur l'attribution des nouvelles places en garderie en 2008, estime la chef péquiste Pauline Marois.

À l'Assemblée nationale hier, le PQ est revenu à la charge avec ses allégations de favoritisme à l'égard de donateurs libéraux dans l'attribution des places subventionnées. Le député de Gouin, Nicolas Girard, est allé jusqu'à dire que le gouvernement Charest a «mis en place un système de financement» du PLQ «avec les garderies, avec nos enfants».

 

Pauline Marois a accusé Tony Tomassi d'avoir «induit la population en erreur» et «perdu toute crédibilité». La semaine dernière, il a affirmé que son ministère avait soumis les rapports d'évaluation de tous les projets déposés en 2008 aux associations de garderies et que celles-ci s'étaient dites satisfaites. Or, l'association des garderies privées et celle des CPE ont tout nié lors d'entrevues à La Presse. «Est-ce que le premier ministre va tolérer encore longtemps la conduite indigne de son ministre?» a dit Mme Marois. M. Charest ne s'est pas levé pour répondre aux questions.

Titulaire de la Famille en 2008, Michelle Courchesne a «politisé» le processus d'attribution des places, a dit Nicolas Girard. La ministre a reconnu dans un entretien avec La Presse que c'est elle qui, à partir des évaluations faites par son ministère, a sélectionné les projets. Elle a toutefois rejeté les allégations de favoritisme. Mais selon M. Girard, «le chat sort du sac». «Elle a récompensé des donateurs, organisateurs ou amis du régime, a fermé les yeux sur des mauvaises évaluations (faites par son ministère à l'égard de leurs projets, NDLR) pour satisfaire sa famille politique et non sa politique familiale».

Il a exposé le cas de la garderie privée Oasis Bout'Chou de Laval, qui a obtenu 37 places en 2007 et 43 autres l'année suivante. Deux de ses administrateurs ont donné plus de 22 000$ au PLQ depuis 2003, dont 3000$ chacun - le maximum légal - en 2008. «Combien de cas va-t-il falloir exposer avant que le premier ministre sorte de son silence éthique et exige de rendre publiques les évaluations de projets?» a demandé M. Girard. En décembre, il avait révélé que 1600 places avaient été accordées à 32 garderies privées dont les administrateurs ont versé 112 000$ au PLQ depuis 2003. «En aucun temps les places n'ont été accordées sur la base de contributions politiques», a répliqué Tony Tomassi.

 

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