Marie-Pascale Tremblay-Champagne, personnalité de la semaine

La chirurgienne plastique Marie-Pascale Tremblay-Champagne fait toutes sortes d'opérations,... (Photo Marco Campanozzi, La Presse)

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La chirurgienne plastique Marie-Pascale Tremblay-Champagne fait toutes sortes d'opérations, mais elle s'est surspécialisée en reconstruction de seins, après une chirurgie pour un cancer.

Photo Marco Campanozzi, La Presse

La chirurgienne plastique a procédé à une première au Québec en février dernier: transplanter des ganglions et reconstruire des réseaux lymphatiques chez une femme qui avait subi une intervention chirurgicale pour un cancer du sein. Une transplantation minutieuse qu'elle a répétée deux autres fois depuis avec succès. Marie-Pascale Tremblay-Champagne est notre personnalité de la semaine.

Parmi les nombreux dangers et désagréments du cancer du sein, il y a la nécessité fréquente de retirer, en plus de la tumeur et souvent du sein, des ganglions de l'aisselle voisine. Une telle ablation ne se fait pas sans heurts. Elle rend le bras vulnérable à une condition appelée le lymphoedème, une enflure extrêmement incommodante difficilement contrôlable.

Marie-Pascale Tremblay-Champagne, une chirurgienne plastique de 32 ans, connaît bien ce problème : elle reconstruit des seins et des âmes visées par ces difficultés. « C'est très gênant pour ceux qui développent ça, dit-elle. Le bras est lourd, enflé, il y a une perte de sensations », explique la jeune femme en entrevue.

C'est pourquoi, une fois sa résidence terminée, il y a près de cinq ans, elle est partie parfaire sa spécialité au Washington University Medical Center, à Seattle, avec le Dr Peter Neligan, où on a développé une expertise pour le traitement de cette condition. Là, elle a appris à transplanter des ganglions et à reconstruire des réseaux lymphatiques avec un des grands spécialistes mondiaux de cette complexe opération, dont la technique a été mise au point à Taiwan.

Pourquoi cette transplantation est-elle le travail de chirurgiens plastiques ? Parce qu'il faut rebrancher de minuscules vaisseaux. Parce qu'on parle vraiment de microchirurgie.

En février, pour la première fois au Québec, notre personnalité de la semaine a effectué cette transplantation ici, à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Depuis, elle l'a refaite. En tout, trois transplantations ont été accomplies. Chaque fois, la chirurgienne était accompagnée de résidents. Parce que la Dre Tremblay-Champagne travaille dans le cadre du programme de recherche clinique de l'Université de Montréal. Parce qu'elle veut que d'autres apprennent comme elle a appris. « Mon but, ce n'est surtout pas d'être la seule à être capable de faire ça. »

Hors norme

Née à Sainte-Justine, une autre des grandes institutions de recherche médicale au Québec, Marie-Pascale Tremblay-Champagne a grandi à Saint-Laurent, puis à Outremont, dans une famille où on croyait aux études, mais où personne n'était médecin. Un père économiste, une mère psychologue avec un MBA, un frère aîné qui a étudié en sciences politiques et travaille pour l'ONU au Mali depuis quatre ans.

Passionnée de ballet, la jeune fille passe plusieurs années dans un programme sport-études avant de laisser tomber, en troisième secondaire, après une blessure. Elle passe au pensionnat du Saint-Nom-de-Marie pour terminer son cours secondaire, puis au collège Jean-de-Brébeuf pour les études collégiales. La science la passionne. Elle travaille fort. Collectionne les bonnes notes. « Mettons que j'étais très déterminée », dit-elle, admettant qu'elle était une élève hors norme.

L'Université McGill l'accepte en médecine dès sa sortie du cégep. Sa carrière est lancée. « Mon modèle, c'était ma pédiatre, Élisabeth Rousseau. Je voulais vraiment faire comme elle », explique la jeune femme, qui attend son premier enfant dans quelques semaines.

Au départ, la chirurgie ne l'attire pas du tout. « À l'école, les dissections me faisaient peur », raconte-t-elle en riant.

Mais pendant ses études, alors qu'elle essaie toutes sortes de spécialités, elle découvre qu'elle adore « être dans le feu de l'action », ce qu'offre la chirurgie.

La passion pour la plastique naîtra après un stage auprès des grands brûlés et en suivant un médecin qui doit reconstruire un visage blessé par balles. « J'aimais l'idée de redonner une qualité de vie, de redonner une dignité aux patients. Et la créativité du travail. »

C'est là que tout a commencé.

Aujourd'hui, Marie-Pascale fait toutes sortes d'opérations, mais elle s'est surspécialisée en reconstruction de seins, après une opération pour un cancer.

Ce n'est pas un travail de type « neuf à cinq », mais elle sait qu'elle pourra s'organiser avec son nouveau bébé après son congé de maternité de six mois, notamment grâce à un conjoint « extraordinaire » qui travaille dans le monde de la finance et qui l'a connue quand elle était déjà en médecine. Donc, les longues heures de travail de sa blonde, il connaît.

« C'est vrai qu'on sait quand on commence, mais on ne sait jamais quand on finit », dit celle qui a parfois dû annuler des repas d'anniversaire parce qu'elle était prise en pleine opération plus longue que prévu.

C'était quand elle était à Seattle, dans un hôpital qui, non, n'était pas celui de Grey's Anatomy. « Il n'existe même pas », lance-t-elle, au cas où vous aussi vous posiez la question. « J'étais tellement déçue quand j'ai su ça », ajoute-t-elle, amusée.

Marie-Pascale Tremblay-Champagne en quelques choix

Un livre

La trilogie du siècle de Ken Follett

Un film

Le labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro

Un personnage historique

« C'est difficile d'en choisir juste un ! J'adore l'histoire des grands empires qui ont marqué le monde, donc je dirais ces grandes femmes monarques qui ont marqué leur époque et l'imaginaire des gens, comme Cléopâtre, la reine Élisabeth Ire d'Angleterre ou Catherine II de Russie. »

Un personnage contemporain

« Le Dr Peter Neligan, chirurgien plastique à Seattle, mon mentor, tant pour ses qualités humaines que chirurgicales et sa soif d'innovation, toujours inspirante. »

Une phrase

« Plus j'apprends, plus je me rends compte de l'étendue de ce que je ne sais pas. » (Albert Einstein)

Une cause pour laquelle elle irait manifester

« Le trafic humain, dont 80 % des victimes sont des femmes et 50 % ont moins de 16 ans. Sur ma pancarte, j'écrirais "Nous ne sommes pas à vendre''. La lutte contre la maltraitance des animaux est aussi une cause qui me tient à coeur. »




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